Pacte national pour la relance: CDG Capital livre son analyse

Pacte national pour la relance: CDG Capital livre son analyse

Inflation, instruments financiers, circulation du cash… CDG Capital Insight épluche le Pacte national pour la relance. Dans une note qui vient d’être publiée, CDG analyse les premiers impacts du dispositif mis en place pour la relance économique.

Dans le détail, le document avance que l’encours des avances de Bank Al-Maghrib (BAM) dans le cadre du Programme intégré d’appui et de financement des entreprises (PIAFE) reste limité à seulement 228 millions de dirhams (MDH) à fin novembre 2020. Selon les analystes de CDG Capital, ceci pourrait s’expliquer soit par la mauvaise conjoncture, qui tend probablement à réduire la demande des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et jeunes entrepreneurs pour le lancement de nouveaux projets, soit par l’utilisation par les banques de stratégies de refinancement alternatives ainsi que d’autres lignes de BAM en vue de refinancer les crédits accordés dans le cadre de cette initiative.
La même source fait aussi remarquer que l’évolution des crédits accordés par le secteur bancaire, en glissement annuel, selon la ventilation par objet, dévoile une forte croissance des « facilités de trésorerie et comptes débiteurs », avec une moyenne de 11% enregistré sur les 10 premiers mois de l’année 2020, contre une hausse limitée de ceux destinés à l’équipement de 5% et une stabilité pour la promotion immobilière.

Ainsi, poursuivent-ils, l’impact macro-économique de cette initiative sur la relance économique et l’amélioration du potentiel de production, en l’occurrence la Formation brute du capital fixe (FBCF), à ce stade, reste limité compte tenu d’une orientation plus importante des capitaux vers la couverture des besoins en fonds de roulement et la constitution des stocks, ce qui constitue naturellement le besoin immédiat des entreprises.

Les refinancements accordés par Bank Al-Maghrib, particulièrement ceux destinés aux financements des entreprises, sont généralement multipliés par le circuit bancaire selon l’effet multiplicateur de crédit dont l’importance dépend aussi bien du rythme d’accroissement des concours à l’économie que de celui du développement de l’économie informelle et la circulation fiduciaire.

A cet égard, sur les dix premiers mois de l’année 2020, la monnaie fiduciaire recensée par l’agrégat monétaire M1 a augmenté de 55 milliards de dirhams (MMDH) contre seulement 15 MMDH enregistré sur la même période en 2019.

Les analystes de CDG Capital Insight s’attendent à ce que le déploiement d’une enveloppe de 75 MMDH de crédits garantis par l’Etat aboutirait très probablement à un refinancement des banques par Bank Al-Maghrib et ce, à travers un rebalancement des instruments de la politique monétaire pour le financement du déficit de liquidité du système bancaire qui se situe actuellement au-delà de 100 MMDH. S’agissant de l’inflation, le document explique que « les risques inflationnistes restent contenus sur le court terme, et pourraient se limiter à la formation potentielle de bulles inflationnistes sur certaines catégories d’actifs sur le moyen et le long terme ».

Le comportement de l’inflation par rapport aux impulsions monétaires dépend de deux principaux facteurs, la composition du panier qui reflète le mode de consommation de la population cible, notamment la population urbaine pour le cas du Maroc et la confrontation offre/demande et son évolution à moyen terme. La même note révèle qu’une surchauffe des prix émanant de la confrontation offre/demande est exclut. Toutefois, la stimulation de la distribution des crédits, associée à des niveaux bas des taux débiteurs, pourrait générer une hausse des prix de certaines composantes de l’inflation non alimentaire, notamment l’habitat et les services (éducation et santé), induisant ainsi, une pression inflationniste à moyen et long terme, dont l’impact serait limité sur l’inflation globale compte tenu de la structure du panier de l’IPC.

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