Pratiquement un an après l’interdiction des jetons
Ces pratiques qui encourageaient les artisans à choisir une marque au détriment d’une autre contre des jetons sont interdites depuis bientôt une année au Maroc. L’heure est au bilan donc pour les responsables.
Les jetons interdits, les prix ont baissé. En effet, l’interdiction des jetons dans les pots de peinture a eu un effet mécanique sur les prix sur le marché national. Ces pratiques qui encourageaient les artisans à choisir une marque au détriment d’une autre contre des jetons sont interdites depuis bientôt une année au Maroc. L’heure est au bilan donc pour les responsables. La tutelle estime aujourd’hui la baisse généralisée des prix sur le marché à 20%, ce qui représente une coquette somme payée depuis plus de deux décennies par les clients indûment en faveur des artisans en sus des indemnités de ces derniers pour les prestations effectuées au domicile. Pour rappel, le ministère de l’industrie avait interdit de manière catégorique la pratique du jeton de peinture sous toutes ses formes ainsi que tout programme d’intéressement ou fidélité lié à la vente de la peinture. Cette interdiction est intervenue dans le cadre des mesures édictées par la loi n° 31-08 pour la protection du consommateur et de la liberté des prix et de la concurrence.
Annoncée en mars 2021, cette interdiction concerne concrètement la pratique du jeton sous toutes ses formes, à savoir : tickets, tickets à gratter, points de fidélité, cartes de fidélité, cartes à points, applications informatiques, QR code… Les professionnels et fabricants du secteur avaient été informés de cette décision pour se conformer à la nouvelle réglementation au plus tard fin avril 2021. Il est question ainsi du retrait du marché de tout type de jeton de façon définitive. Pour le strict respect de l’arrêt de cette pratique, un dispositif de contrôle avait été déployé au niveau des usines, des circuits de distribution et à l’import. Dans le passé et depuis pratiquement plus de deux décennies, cette pratique qui était monnaie courante consistait à échanger un jeton ou ticket introduit dans le pot de peinture contre une somme égale au nombre de points qu’il contient et dont la valeur peut dépasser 100 dirhams, au bénéfice de l’artisan peintre, sachant que le prix (du pot) est supporté en sa totalité par le consommateur-client final.
Pourtant, ce procédé était dès le départ hors la loi. En effet, le code pénal en vigueur stipule dans son article 339 que «la fabrication, l’émission, la distribution, la vente ou l’introduction sur le territoire du Royaume de signes monétaires ayant pour objet de suppléer ou de remplacer les monnaies ayant cours légal sont punies de l’emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 500 à 20.000 dirhams». Le temps était donc venu pour mettre un terme à des pratiques qui faisaient supporter aux ménages marocains des surcoûts importants pour la réalisation de travaux à domicile. Dans ce sens, la valeur du jeton de peinture se situait entre 20 et plus de 100 DH. Des sommes multipliées par le nombre des pots et donc jetons glané après chaque chantier. Pour les responsables, cette baisse de 20% constatée sur les prix des pots vendus sur le marché national a pu profiter directement aux ménages.
Association
Le secteur a été souvent représenté par l’Association marocaine des industries de peintures, encres, colles et adhésifs (AMIPEC).
Avant la crise de Covid, le marché local pesait selon les estimations des professionnels entre 3 et 3,5 milliards de DH. Alors que le secteur a connu des périodes euphoriques au début des années 2000, la situation a complètement changé au cours des cinq dernières années. Les professionnels et grandes marques nationales ont notamment fait le pari de l’innovation avec l’apparition de nouvelles générations de produits sur le marché national répondant au mieux aux exigences des clients et ménages.
Les producteurs nationaux se sont également tournés vers les exportations avec une présence plus importante au Moyen-Orient et en Europe. Par ailleurs, le secteur veut renforcer la normalisation avec les autorités.
Un travail a été effectué dans ce sens avec l’institut Imanor pour lutter contre les produits issus de l’informel qui peuvent se révéler de moindre qualité malgré leur prix bon marché mais également et surtout leur toxicité et donc l’impact sur la santé et l’environnement.
Normes

L’année 2021 a été marquée par un autre événement important pour l’industrie de la peinture. Les autorités avaient ainsi décidé de réglementer la présence du plomb dans la peinture commercialisée. Le plomb est considéré comme très toxique pour la santé humaine. Depuis avril 2021, les peintures et les vernis importés, fabriqués, commercialisés et utilisés dans le Royaume doivent respecter le seuil maximum de 90 PPM. Il faut dire que cette nouvelle norme est venue combler un vide puisque la teneur en plomb dans les peintures utilisées au Maroc ne faisant pas l’objet d’une réglementation spécifique auparavant. L’arrêté n°959-21 du 23 Chaabane 1442 (6 avril 2021), publié au Bulletin officiel le 20 mai, a donc fixé des normes marocaines rendues obligatoire conformément à cet arrêté. Il s’agit de la norme NM 03.2.232 concernant les peintures thermodurcissables en poudre et la norme NM 03.3.318 concernant les peintures et vernis (limite du plomb dans les peintures).
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