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Pénurie d’eau : Comment le Maroc riposte avec ses mégaprojets hydriques

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Désalinisation, barrages et autoroutes de l’eau

Capacité : L’analyse de 26 stations de dessalement et de 29 barrages en construction et en programmation fait ressortir que la capacité de traitement de l’eau de mer permettra d’accroître en deux temps l’offre en eau potable de 1.257 Mm3, et la construction de nouveaux barrages augmentera la capacité de stockage de 4.730 Mm3.

Policy Center for the New South (PCNS) vient de dévoiler une étude intitulée «Désalinisation, barrages et autoroutes de l’eau : Les incontournables de la lutte contre le stress hydrique au Maroc». Son auteur Henri Louis Vedie indique : «L’analyse de 26 stations de dessalement (SD) (existantes, en voie de réalisation ou en programmation) et de 29 barrages (en construction et en programmation), montre que la capacité de traitement de l’eau de mer permettra d’accroître en deux temps l’offre en eau potable de 1.257 Mm3, et la construction de nouveaux barrages augmentera la capacité de stockage de 4.730 Mm3. C’est considérable». Cette étude met également en lumière la grande diversité des stations de dessalement, dont les capacités de traitement varient considérablement, tout comme celles des barrages, allant des infrastructures les plus imposantes aux plus modestes. «Cette diversité, qui se retrouve aussi dans leur localisation, fait de l’ensemble des infrastructures des incontournables de la lutte anti-stress hydrique. Comme le sont également les autoroutes de l’eau qui, après un an d’existence, ont déjà permis de transporter 500 Mm3 d’eau», souligne l’expert.

Ces infrastructures, devenues essentielles, continueront de mobiliser des investissements de plusieurs milliards de dirhams. Dans son analyse, l’auteur de cette étude souligne que la désalinisation et la construction de barrages ont beaucoup de points en commun, mais aussi des différences. Parmi les points communs, l’auteur relève l’identification à un territoire, la diversité de la taille des stations de désalinisation et des barrages, de leur capacité de traitement et de stockage et de leur répartition interrégionale. «Ce qui les différencie: une hiérarchisation des priorités, au bénéfice de l’accès à l’eau potable aux dépens de l’irrigation, et une utilité plurielle, cette fois favorable aux barrages. Identification à un territoire tout d’abord : celui du périmètre côtier pour les SD, et des neuf régions du nord pour les barrages. Ce qui permet à ces régions de bénéficier aussi des SD présentes sur leur périmètre côtier. Diversité de leur capacité de traitement et de stockage, ensuite, comme rappelé dans l’étude, qui vont des plus grandes aux plus modestes, concernant toutes les SD et tous les barrages. Ce qui fait des SD et des barrages des incontournables efficaces de la lutte anti-stress hydrique», précise-t-il.

Une nouvelle hiérarchisation des priorités place désormais l’accès à l’eau potable au sommet des préoccupations, mettant l’irrigation au second plan. Une orientation qui n’est pas sans impact sur le secteur agricole. « Secteur particulièrement impacté par la sécheresse récente avec, en 2023, seulement 900 Mm3 alloués à l’irrigation. Ce qui est très en retrait des 3 MMm3 dont il bénéficie généralement en situation de pluviométrie normale. Ce qui explique l’importance stratégique des deux grands barrages de Ratba et de Kheng-Grou et l’incitation Royale à en accélérer la livraison. Une diversité d’utilisation, enfin, qui est favorable aux barrages. Si les SD doivent permettre d’accroître l’offre en eau potable et en eau agricole, c’est aussi le cas des barrages. Mais ces derniers produisent également de l’électricité et sont souvent aussi utilisés pour protéger contre les inondations. Ce qui en fait également des acteurs incontournables de la lutte anti-stress hydrique, mettant à mal beaucoup de critiques injustifiées les concernant», rapporte la même étude.

Dans ce sens, l’auteur rappelle que depuis septembre de l’année dernière, à la suite de conditions météorologiques favorables, le Maroc a enregistré une amélioration significative des réserves d’eau permettant ainsi d’assurer un approvisionnement en eau potable pour un an et trois mois. «Cette amélioration est cependant très variable selon les bassins. Ce qui confirme, si besoin était, l’utilité des autoroutes de l’eau permettant aux bassins qui en ont peu profité d’augmenter leurs réserves, faisant d’elles aussi un incontournable de la lutte anti-stress hydrique. Stations de dessalement, barrages et autoroutes de l’eau qui nécessitent des investissements considérables de plusieurs dizaines de milliards de dirhams», indique-t-il. Et d’ajouter : «C’est pourquoi SM Mohammed VI tenait aussi à insister lors de Son discours de juillet 2024 sur la nécessité d’agir, simultanément et parallèlement à leur mise en place, sur la demande. Ce qui permettrait d’atteindre les objectifs fixés de la feuille de route Royale à un moindre coût, faisant de cet autre combat un autre incontournable de la loi anti- stress hydrique».

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Transporter plus de 500 Mm3 d’eau par an

Innovations Depuis 2023, le projet innovant de transfert d’eau est en marche. Ainsi, la première autoroute de l’eau a pour objectif de capter les eaux excédentaires du bassin de Sebou, habituellement perdues en mer, pour les acheminer vers le barrage de Sidi Mohammed Ben Abdellah, situé dans le bassin du Bouregreg. Ce projet stratégique concerne directement ou indirectement entre 10 à 12 millions de personnes vivant dans la zone reliant Casablanca, Mohammedia et Rabat. «Deux tranches de travaux sont prévues dans le cadre de la réalisation de cette autoroute de l’eau. La première tranche, qualifiée d’urgente, va de Sebou au barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah. Elle s’étend sur 70 km. La seconde reliant le bassin de Bouregreg à l’Oum Er- Rbia la prolonge sur une longueur de 340 km », précise cette étude.

Un an après leur mise en service, les autoroutes de l’eau ont déjà permis le transfert d’environ 500 Mm3, d’eau, assurant ainsi un approvisionnement régulier en eau potable pour les villes de Rabat et Casablanca. Ce volume dépasse largement les prévisions les plus optimistes, initialement estimées entre 350 et 400 Mm³ par an. Avec une moyenne mensuelle de 39 Mm³, le volume annuel atteint actuellement 468 Mm³, correspondant à un débit de plus de 13 m³ par seconde. «L’objectif des prochains mois est d’atteindre 15 mètres cubes seconde. Tout laisse à penser qu’il sera atteint. Ce qui ferait progresser le volume transporté de 10 % au minimum, le portant à 514 Mm3», conclut la même source.