Les activités non agricoles ont vu leur rythme de croissance ralentir, passant de 4% à 2,6%, tandis que la valeur ajoutée agricole a fortement progressé (+18,4% contre +8,1% un an auparavant), soutenant ainsi la croissance globale.
Conjoncture : Portée par une campagne agricole favorable, l’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,6% au premier trimestre 2026. Ce dynamisme a permis de compenser le ralentissement des activités secondaires.
L’économie marocaine confirme sa résilience. Au premier trimestre 2026, l’activité économique a maintenu un rythme de croissance soutenu de 4,6%, après 5% enregistré à la même période de l’année précédente. En volume, le Produit intérieur brut s’est établi à 347,396 milliards de dirhams contre 331,157 milliards de dirhams auparavant. Cette progression a été principalement portée par le fort rebond de la valeur ajoutée agricole, qui a compensé le ralentissement des activités secondaires. C’est ce qui ressort de la note d’information du Haut-Commissariat au Plan (HCP) sur la situation économique nationale au premier trimestre 2026. Selon l’institution, « cette performance reflète des évolutions sectorielles contrastées.
Les activités non agricoles ont vu leur rythme de croissance ralentir, passant de 4% à 2,6%, tandis que la valeur ajoutée agricole a fortement progressé (+18,4% contre +8,1% un an auparavant), soutenant ainsi la croissance globale ». Aux prix courants, le PIB a connu, au premier trimestre 2026, une hausse de 5,7%, au lieu de 6,6% une année auparavant se situant autour de 436,788 milliards de dirhams contre 431,049 milliards de dirhams. Il dégage ainsi un ralentissement du niveau général des prix à 1,1% au lieu de 1,6% le même trimestre de l’année précédente.
Une évolution sectorielle contrastée
En effet, la valeur ajoutée du secteur primaire ressort à 33,40 milliards dirhams grimpant de 17,3% au premier trimestre 2026 contre 7,7% durant le même trimestre de l’année 2025. «Cette évolution s’explique par la hausse de l’activité agricole de 18,4% au lieu de 8,1% une année auparavant et par la baisse de celle de la pêche de 1,9% au lieu d’une baisse de 1%», explique le HCP dans ce sens. Pour ce qui est du secteur secondaire, sa valeur ajoutée, en volume, a affiché une baisse de 1% au lieu d’une hausse de 2,9% au premier trimestre de l’année précédente, en raison de la baisse des valeurs ajoutées des activités de l’électricité et eau de 3,4% au lieu d’une hausse de 0,1%, des activités de l’industrie d’extraction de 3,2% au lieu d’une hausse de 9,3%, des industries de transformation de 1,3% au lieu d’une hausse de 1%, et du ralentissement des activités de construction à 1,5% au lieu de 7,1%. La valeur ajoutée du secteur tertiaire a, pour sa part, enregistré un ralentissement de son taux d’accroissement. Il est ainsi passé de 4,5% le même trimestre de l’année précédente à 4,3% au cours des trois premiers mois de l’année. Le HCP relève dans ce sens l’amélioration de 7,6% des activités des services financiers et assurances contre 5,8%. Même tendance a été observée au niveau de la branche du transport et entreposage dont l’activité a grimpé de 4,8% au lieu 4,1%. Celle de l’information et la communication s’est hissée à 2% contre une baisse de 1,7%. En parallèle, les activités de l’hébergement et de la restauration ont ralenti à 8,1% contre 8,7%. Celles des services de l’éducation, de la santé et des activités de l’action sociale sont revenues à 6,3% au lieu de 6,8%. Les activités du commerce et réparation de véhicules ont ralenti à 4,1% contre 4,7%, celles des services immobiliers, à 2,2% au lieu de 3% et celles de la recherche et du développement et des services rendus aux entreprises à 2% au lieu de 4%.
Une demande intérieure en hausse
Le HCP a observé une hausse de la demande intérieure. Elle a progressé de 6,5% au premier trimestre 2026 contre 6,4% à la même période de l’année précédente. Sa contribution à la croissance économique nationale est estimée à 6,9 points contre 5,3 points auparavant. «Les dépenses de consommation finale des ménages ont affiché une hausse de 4,6 % au lieu de 1,1% le même trimestre de l’année précédente, contribuant pour 2,6 points à la croissance contre 0,7 point», relève-t-on du HCP. Et de poursuivre : «La consommation finale des administrations publiques, de son côté, a enregistré une hausse de son taux d’accroissement passant de 3,5% au premier trimestre 2025 à 4,9%, contribuant pour 0,9 point à la croissance au lieu de 0,6 point». En outre, le taux d’accroissement de l’investissement brut (formation brute de capital fixe ; variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeur) est passé de 19,6% la même période de l’année précédente à 10,8%, contribuant à la croissance de 3,4 points au lieu de 4 points.
Une contribution négative des échanges extérieurs
Par ailleurs, les échanges extérieurs de biens et services ont dégagé, au premier trimestre 2026, une contribution négative à la croissance de 2,3 points au lieu d’une contribution négative de 0,3 point une année passée. Dans les détails, les importations de biens et services en volume ont affiché une hausse de 12,7% au lieu de 7,3% la même période de l’année 2025, avec une contribution négative à la croissance de 6,1 points au lieu d’une contribution négative de 3,5 points. Les exportations, de leur côté, ont marqué une hausse de leur taux d’accroissement passant de 7,9% le premier trimestre 2025 à 9,2 %, avec une contribution à la croissance de 3,8 points au lieu de 3,2 points le même trimestre de l’année dernière.
Un besoin de financement en légère hausse
En ce qui concerne le financement de l’économie nationale, le besoin dégagé représente 1,5% du PIB au lieu de 1,2% enregistré à la même période de l’année précédente. «Avec la hausse de 5,7% du PIB à prix courants au lieu de 6,6% au même trimestre de l’année passée et la hausse de 23,8% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu d’une baisse de 4,4%, le revenu national brut disponible a enregistré une croissance, au premier trimestre 2026 de 6,8% au lieu de 5,9%», peut-on lire de la publication du HCP. Et de poursuivre: «Compte tenu de l’accroissement de 4,6% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 4,3% enregistré une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 31,4% du PIB au lieu de 29,5%». Il est à noter que l’investissement brut (FBCF, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeur) a représenté 32,9% du PIB au lieu de 30,7% durant le même trimestre de l’année précédente.










