Le rejet direct, sans aucun prétraitement, dans le réseau d’assainissement, provoque généralement des perturbations au niveau des stations d’épuration.
Eaux usées : La Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Marrakech se penche sur la dépollution industrielle. Et pour cause, les pollutions enregistrées à l’entrée de la station de traitement des eaux usées de la ville de Marrakech et des surcoûts dus aux traitements non prévus ou à la remise en état du système biologique qui peut prendre des jours, voire des semaines. Les détails.
Plusieurs projets environnementaux sont en cours de réalisation dans la ville ocre. Parmi ces projets ceux qui concernent le traitement des eaux usées. A ce titre, la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Marrakech (RADEEMA) planche sur la dépollution industrielle. «Compte tenu des pollutions enregistrées à l’entrée de la station de traitement des eaux usées de la ville de Marrakech (STEP) et des surcoûts dus aux traitements non prévus ou à la remise en état du système biologique qui peut prendre des jours, voire des semaines, il est impératif d’entamer la dépollution industrielle», affirme la RADEEMA.
Et d’ajouter : «Le système biologique de traitement d’eaux usées de la STEP est vulnérable principalement aux chromes, aux phénols et aux fuels en premier lieu et s’accommode difficilement aux à-coups importants de charge des autres pollutions». A travers ce projet, il s’agit d’actualiser le recensement et la classification des unités industrielles raccordées au réseau d’assainissement de la ville, de caractériser leurs effluents et de compléter ou mettre à niveau leurs systèmes de prétraitement, de préconiser des consignes à adopter à l’entrée de la STEP par type de dépollution, de proposer un mécanisme de financement de la dépollution industrielle. Dans ce sens, il sera procédé à des actions de dépollution pour protéger la STEP, protéger les ressources en eau et les utilisateurs de l’eau en aval des rejets, de protéger l’état des infrastructures et des équipements d’assistance existants et de préserver la qualité des boues déshydratées issues de la STEP en vue de leur valorisation ultérieure. Comme l’explique la RADEEMA, le rejet direct, sans aucun prétraitement, dans le réseau d’assainissement, provoque généralement des perturbations au niveau des stations d’épuration.
«Mettant en œuvre des procédés biologiques à boues activées, la STEP est sensible à la variabilité des rejets en qualité et en quantité. Des rejets de métaux lourds présentant une toxicité pour les bactéries au cœur du procédé biologique», rapporte la même source. Le rejet direct cause également des perturbations structurelles. «Cela concerne l’état des réseaux, des collecteurs dont le radier est attaqué par les rejets acides ou basiques à température élevée. En augmentant la température de l’effluent dans les collecteurs, on accélère les cinétiques de production du sulfure d’hydrogène (H2S) qui au contact avec l’air se transforme en acide sulfurique (H2SO4) très dommageable aux collecteurs en béton et au cadre de vie», souligne la RADEEMA. On notera également que les rejets engendrent des perturbations hydrauliques. «Les collecteurs sont obstrués temporairement ou même progressivement du fait des rejets.
C’est le cas des rejets solides ou le cas des rejets riches en graisses rejetées chaudes sous forme liquide. Les graisses refroidissent à l’intérieur du réseau et se solidifient pour former des blocs qui réduisent localement la capacité du réseau», relève la même source. A cela s’ajoutent aussi des perturbations des stations de refoulement. En effet, comme le souligne la RADEEMA, le dysfonctionnement des pompes est généralement provoqué par les règles solides qui bloquent le système de pompage. «Les surcoûts générés par réhabilitation du réseau d’assainissement et le renouvellement des équipements de la STEP rendent indispensable la création d’une approche participative entre la RADEEMA et les utilisateurs industriels. Ce débat ouvert permettra d’assurer la pérennité des ouvrages et la protection de l’environnement», précise la même régie. La réalisation des analyses et l’élaboration d’une stratégie de dépollution impliquent la mise en œuvre des enquêtes environnementales. Dans ce sens, l’enquête chez l’industriel permet, selon la RADEEMA, d’estimer l’origine de la pollution et les moyens d’atténuation de son impact sur le système d’assainissement et la STEP. Ainsi, l’ensemble des éléments recueillis sera présenté dans une fiche d’enquête des établissements industriels. Dans ce sens, ce document permettra de déterminer pour l’ensemble des unités industrielles au périmètre d’action de la Régie à Marrakech le type d’activité de l’entreprise, le rythme d’activité, le nombre d’employés, les volumes et le cas échéant, l’origine des eaux consommées, le procédé de fabrication, l’origine de la pollution, les différents points de rejets ou encore la qualité et la quantité des déversements actuels.










