La mise en œuvre efficace de certains de ces programmes du secteur de l’artisanat nécessite la mise à niveau et l’adaptation des textes juridiques régissant la Maison de l’artisan.
Dispositif : Face aux transformations que connait le secteur de l’artisanat et à la nécessité de renforcer son positionnement, la Maison de l’Artisan entend adapter et renforcer son action, notamment en matière d’accompagnement des professionnels. Elle compte se doter d’un nouveau cadre juridique et réglementaire.
La Maison de l’artisan devra bientôt disposer d’un nouveau cadre juridique et réglementaire. Actuellement, elle travaille sur la révision de ce dispositif et a récemment lancé une assistance technique dans ce sens. L’objectif étant de tenir compte des évolutions du secteur et de la nécessité d’adapter et de renforcer l’intervention de la Maison de l’artisan, notamment en matière d’accompagnement des acteurs.
Acteur stratégique dans le secteur de l’artisanat, la Maison de l’artisan a trois missions principales, à savoir la production d’une information stratégique à travers des rapports analytiques, des études sectorielles et des outils d’analyse de marché à destination des opérateurs, l’accompagnement des professionnels du secteur via des programmes de renforcement des capacités techniques, managériales, commerciales et digitales, et la promotion de l’artisanat marocain à travers des actions de marketing stratégique, des campagnes de communication ciblées et une présence active sur les marchés nationaux et internationaux.
Comme le précise la Maison de l’artisan (MDA), cet établissement public a été créé par Dahir n°1-57-177 du 29 dou AL kiida 1376 (27 juin 1957) en remplacement du Comptoir artisanal marocain créé en 1938 et mis en liquidation en date du 1er mars 1957. «D’après le termes du texte de création, la Maison de l’artisan revêt le caractère d’un établissement public doté de la personnalité civile et de l’autonomie financière et tient une comptabilité sous la forme commerciale. Cet établissement a pour principale mission la réalisation matérielle de la politique du gouvernement en matière d’artisanat. Ce texte de création de la MDA a été amendé en 1999 à travers le Dahir n°1-99-190 du 13 joumada I 1420 (25 août 1999) portant promulgation de la loi n°52-99 qui a érigé la MDA en établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. L’avènement de cette loi recentra l’activité de la Maison de l’artisan sur le renforcement de la promotion de l’artisanat marocain aussi bien sur le marché national qu’international et l’exécution de la politique gouvernementale dans ce domaine», indique la même source. Par ailleurs la Maison de l’artisan s’est dotée de la stratégie 2021-2025 qui visait à moderniser et renforcer son rôle en tant que bras armé du ministère pour le développement du secteur et l’accompagnement de ses opérateurs. «Dans le cadre de cette stratégie plusieurs programmes structurants ont été identifiés pour accompagner les différentes catégories d’artisans sur toute la chaîne de valeur à même de promouvoir la promotion et la commercialisation des produits de l’artisanat», rapporte la Maison de l’artisan, relevant que dans le cadre de la mise en œuvre des projets programmés pour le développement et la promotion du secteur de l’artisanat, notamment ceux relatifs à l’accompagnement et au soutien des secteurs professionnels, elle a été mobilisée pour lancer et déployer plusieurs nouveaux programmes.
«A cet égard la mise en œuvre efficace de certains de ces programmes nécessite la mise à niveau et l’adaptation des textes juridiques régissant la Maison de l’artisan», souligne la même source rappelant que le directeur général de la Maison de l’artisan a été mandaté pour prendre les mesures nécessaires pour lancer une étude sur l’actualisation et l’adaptation des textes régissant actuellement cet établissement, et ce en vue de les aligner avec les missions et les projets en cours de mise en œuvre. Pour la Maison de l’artisan, l’entrée en vigueur de la loi 50-17 et de ses textes d’application «a permis notamment de mettre à jour la liste des filières et activités de l’artisanat qui sont désormais au nombre de 72 activités nécessitant chacune un accompagnement et un développement spécifique. A noter que la révision du cadre juridique devra passer par l’élaboration d’un diagnostic précis du cadre actuel à travers entre autre la comparaison avec les cadres juridiques d’autres structures similaires à l’échelle nationale pour identifier les bonnes pratiques, de proposer des solutions juridiques innovantes pour moderniser ce dispositif en priorisant les propositions selon leur impact et leur faisabilité juridique et technique par exemple.
La Maison de l’artisan avait tenu en juillet son conseil d’administration au cours duquel il a été procédé à la validation du lancement de la deuxième édition des programmes nationaux d’accompagnement, reposant sur une ingénierie technique avancée et une approche personnalisée intégrant des modules de formation, de labellisation, de marketing et d’accompagnement digital. Trois cibles avaient été identifiées, à savoir les artisans à fort potentiel dans les filières du tapis et de la poterie (programme d’excellence), les unités exportatrices dans le cadre du Pacte du commerce extérieur 2025–2027, et les unités d’agrégation artisanale, à travers un programme d’accompagnement dédié. Par ailleurs, le secteur de l’artisanat s’organise avec le lancement récent par le Secrétariat d’Etat chargé de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire de la création de 288 corporations professionnelles (provinciales, régionales et nationales) couvrant 12 régions du Royaume. Il s’agit d’une première vague qui englobe les corporations des filières de l’artisanat et de production et l’artisanat de service et les activités correspondantes.









