Pour substituer les 90% de dispositifs médicaux importés

Pour substituer les 90% de dispositifs  médicaux importés

Un protocole d’accord signé par Mezzour, Ait Taleb et les professionnels de santé

C’est fait ! Le Maroc se lance à fond dans la fabrication de dispositifs médicaux. Une démarche concrétisée, lundi après-midi à Rabat, par la signature d’un protocole d’accord entre deux ministères et des professionnels de santé. «90% des dispositifs médicaux sont importés au Maroc. A toute chose il y a un début. Nous avons appris ensemble et atteint une maturité qui a émergé en période de crise», précise le ministre de l’industrie et du commerce, Ryad Mezzour, en prélude à la signature.

Vers un nouvel élan

En paraphant ce partenariat, le responsable gouvernemental nourrit de fortes ambitions. «Nous voulons que cette convention soit un départ pour la création d’un gros secteur industriel marocain», révèle-t-il. M. Mezzour, qui ne manque pas de devoir une fière chandelle au corps médical par l’occasion, caresse également l’espoir de voir, dans ce secteur, «des industriels exportateurs». «Nous démarrons une nouvelle vague, j’espère qu’elle sera moins offensive», avance-t-il entre-temps.

Création de plus d’emplois

De son côté, Khalid Ait Taleb, ministre de la santé et de la protection sociale, estime que la crise a montré que «nos industries sont indispensables». Tel qu’il le détaille, son département, à son tour, a, dans ce contexte d’urgence, une vision pour «l’industrialisation marocaine dans le domaine des dispositifs médicaux». «C’est une souveraineté nationale», ajoute le ministre. Pour lui, le Maroc doit également «promouvoir sa capacité productive». «Cette réorientation industrielle est nécessaire pour le Maroc. L’objectif étant de créer des emplois et de consolider la part de fabrication locale», poursuit-il. A propos de la convention, il révèle qu’elle se veut également d’assurer un «accompagnement au secteur pharmaceutique, encourager les opérateurs privés, soutenir le «made in Morocco», consolider la collaboration avec l’institut de normalisation (Imanor) voire consolider le rôle des laboratoires». Le tout en se lançant dans un processus de «simplification, digitalisation et exportation».

Ce qu’en disent les professionnels

Egalement de la partie, le président du cluster médical, Said Benhajjou, indique : «Nous ne pouvions pas laisser filer un marché médical». «La Covid nous a permis de mesurer nos compétences et miser sur une industrie forte», enchaîne-t-il. De même, le président de l’Association marocaine des groupes de santé (AMGS), Mohamed Elmandjra, indique que le rôle de sa structure consiste également à «orienter et participer au développement tout en rendant le made in Morocco central».
Pour rappel, ce protocole d’accord fait suite à un premier accord signé en septembre 2021 entre le ministère de l’industrie et du commerce, le cluster médical et l’Université Mohammed VI des sciences de la santé (UM6SS) ayant permis la production locale de dispositifs médicaux, notamment des guéridons, des potences à sérum, des fauteuils ambulatoires et des écouvillons pour test PCR, acquis par l’Hôpital universitaire international Cheikh Khalifa à Casablanca. «Nous avons équipé des hôpitaux avec du made in Morocco, déclare, pour sa part, Chakib Nejjari, président de cette université, qui, tel qu’il le précise, veille également à développer la recherche biomédicale entre autres.

De l’apport du protocole

Concrètement, le ministère de l’industrie et du commerce mettra, en vertu de ce protocole d’accord, ses programmes d’appui à l’investissement au service de l’accompagnement aux porteurs de projets innovants en matière de protection de la propriété industrielle et intellectuelle, ainsi qu’aux entreprises industrielles capables d’adresser les marchés nationaux et internationaux pour les dispositifs médicaux et produits de santé non encore couverts par la production locale. Le ministère de la santé et de la protection sociale, lui, accompagnera la fabrication «made in Morocco» des dispositifs médicaux et des produits de santé dans le respect des exigences réglementaires et normatives en vigueur. Quant à l’AMGS, elle s’engage à mettre à la disposition du cluster médical et des porteurs de projets d’innovation les infrastructures relevant de ses membres pour la réalisation des analyses et des essais sur les dispositifs médicaux innovants. Aussi, le cluster médical accompagnera les porteurs de projets capables de répondre aux besoins du marché local dans le domaine des dispositifs médicaux et produits de santé.

Medi Global, Sterifil, Valtronic et les autres

La signature de cette convention a été marquée par la présence d’exposants. Outre MAScIR du Maroc, d’autres étaient de la partie. Il s’agit par exemple de Medi Global, une société sud-coréenne basée à Casablanca, qui a créé la première usine, en Afrique, spécialisée en fabrication d’aiguilles pour stylos à insuline. Elle vient de produire le kit qRT-PCR MediGENE au Maroc. A son tour, la société Sterifil était parmi les stands exposants. Elle est spécialisée en production et commercialisation de consommables médicaux. C’est le 1er et seul fabricant de fils chirurgicaux au Maroc, de bandes et gazes médicales et compresses…

Des produits que le producteur exposait également lors de l’événement. Aussi, Valtronic, spécialisée en conception et industrialisation de systèmes d’implants pour l’industrie médicale, était présente. Elle est notamment connue, entre autres, pour des prothèses de la vision.

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