Pourquoi HP a remercié sa présidente

Pourquoi HP a remercié sa présidente

L’annonce a fait, en fin de semaine dernière, beaucoup parler d’elle dans le secteur informatique. Il s’agit de Carleton S. Fiorina, jusqu’alors P-dg de Hewlett-Packard, qui a été remerciée par son conseil d’administration. Et pour cause, celle que l’on prénomme Carly a récolté les fruits de ses orientations, jugées peu stratégiques par le comité de direction de l’entreprise et les actionnaires. Et notamment le rachat du concurrent Compaq, il y a quelques années.
Diplômée d’histoire médiévale et de philosophie, puis lauréate du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), cette quinquagénaire a notamment fait carrière chez un autre géant des télécoms «AT & T», avant d’arriver en juillet 1999 chez HP. Là-bas, Mme Fiorina a commencé par opérer une totale refonte de l’organisation de ce géant de l’informatique et de la Silicon Valley.
Des remaniements qui n’ont pas été sans faire grincer les dents de plusieurs responsables de l’entreprise. Mais si elle s’est fait quelques ennemis, Miss Carly (elle est quand même assez séduisante) aura quand même réussi à faire de HP un fabricant encore plus rentable. Pas pour longtemps. En juin 2001, le secteur des nouvelles technologies est en mauvaise passe et les résultats de Hewlett-Packard sont au plus bas, à tel point que des rumeurs faisaient déjà part d’un éventuel départ de Carly Fiorina. Celle-ci opte alors pour une solution «expansionniste» : le rachat du constructeur Compaq, en septembre de la même année.
Une fusion critiquée autant par les analystes financiers, que par les deux familles des fondateurs (Hewlett et Packard), puisqu’elle a engendré 17.000 licenciements et d’énormes réductions de coûts, avec à la clé, des résultats en deça des prévisions initiales. En effet, le résultat net enregistré en 2004 (3,5 milliards de dollars) fût le même qu’en 1999 et aucun des objectifs de rentabilité des différentes divisions ne fut atteint, à l’exception de celledes imprimantes, qui a, par ailleurs, été diluée dans le rachat de Compaq. Et c’est justement, ce segment qui tire la marge du groupe vers le haut (+16%) et où HP se positionne aujourd’hui en tant que leader incontesté. Faut-il rappeler qu’il a été le premier a créer des solutions à impression numérique de pointe pour usage particulier ou professionnel. Ces imprimantes laser couleurs, dotées de petits écrans et permettant de visualiser les photos d’une caméra numérique, avant de les imprimer sur papier.
De jolies friandises high-tech, sur lesquels HP a toujours une longueur d’avance sur des concurrents de taille comme Lexmark ou Canon. Parallèlement, le numéro deux mondial de l’informatique a noué un partenariat avec Apple afin de développer des produits assez attractifs en matière de lecteurs MP3 et parmi lesquels on a pu voir la création des fameux i-Pod. Malgré toutes ces réalisations, Carly Fiorina a gentiment été limogée de son fauteuil de présidente, moyennant une bonne indemnité de départ, puisque selon le Wall Street Journal, son entrepise devrait lui verser plus de 21 millions de dollars. Pour autant, le départ forcé de Carly Fiorina reste assez mitigé. Car il faut aussi savoir que l’action HP, qui reste l’une des trente valeurs-vedettes de l’indice Dow Jones, a enregistré une hausse de près de 6,90 %. Un sursaut positif pour le numéro deux mondial de l’informatique, pour qui les analystes voient avec ce départ les perspectives d’un nouveau souffle.
Pour l’instant, c’est l’actuel directeur financier Robert Wayman qui a été désigné pour assurer l’intérim, en attendant la nommination d’un nouveau patron. Quant à Carly Fiorina, sa carrière n’est certainement pas terminée. Assez proche de l’ancien candidat George Bush et réputée pour être pugnace, elle pourrait bien se reconvertir dans une carrière politique.

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