Pris au piège de la dette

Pris au piège de la dette

«Mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès». L’adage, s’il était appliqué à temps, aurait évité à la chaîne hôtelière Riad Salam d’arriver prématurément en fin de parcours après avoir en vain essayé d’éviter de se défaire d’une dette en croissance continue avec le temps. En 1997, les dettes de la chaîne hôtelière vis-à-vis du CIH étaient encore rattrapables, mais avec les pénalités de retard, le fardeau s’est alourdi. Rattrapé par une affaire jamais règlée, le Riad Salam dont les héritiers peuvent se targuer d’avoir remboursé le principal, n’a pas pu éviter de tomber dans la liquidation judiciaire. Le redressement judiciaire par continuation promis au départ n’aura pas lieu. Entre temps, le CIH qui a coeur de récupérer son dû, a demandé et obtenu la liquidation judiciaire.
Les avocats de Karim Belghimi (resté injoignable) et de ses collaborateurs n’auront fait que retarder l’échéance de deux mois tout au plus. Mais à la longue, le couperet de la justice a tranché net.
Des six établissements concernés, seul l’hôtel de Taroudant reste aux mains du propriètaire. En revanche, le Riad Salam à Casablanca, navire amiral de la chaîne, pourtant en bonne «santé» n’a pu échappé à la débâcle commencée par une procédure lancée par le tribunal de commerce de Casablanca à fin décembre 2004. Les hotels Tichka à Marrakech, le Médina Palace et le Club Salam à Agadir sont aussi dans le lot. Tout d’ailleurs comme l’établissement Salam à Erfoud ou l’hôtel Tichka à Ouarzazate, tombé lui aussi dans l’escarcelle alors que l’on pensait que la convention signée entre cet établissement et le CIH était une garantie contre la liquidation judiciaire.
En fait seul l’établissement de Taroudant est resté épargné. Miraculeusement, grâce à une clause arrêtée entre feu Mohamed Belghimi et le CIH. Renseignement pris dans les parages de la banque, cet établissement est aussi le seul à respecter l’échéancier fixé.
Ce dont on est pour le moins sûr aujourd’hui, c’est que cette alternative est intervenue après plusieurs recours. Un arrangement avait été trouvé par Mohamed Belghimi et le CIH dès septembre 2001. L’accord marquait l’entrée de la banque marocaine dans le capital de la chaîne hôtelière, à hauteur de 60%, moyennant la conversion des créances. Que s’est-il passé depuis ? Les gérants du Riad Salam avaient-ils oublié les plans de redressement mis en place ?
Karmi Belghimi nous avait pourtant assurés en janvier dernier que l’effort d’assainissement mené aurait permis à la banque d’honorer une très grande partie de ses engagements, tant auprès du CIH que des autres partenaires.
En tout cas, cette mise en liquidation ne s’est pas faite sans résistances, à commencer par Bank Al Maghrib et Banque Populaire, deux partenaires du CIH qui auraient tout fait pour donner un sursis à la chaîne Salam. Preuve s’il en est, d’après la même source, que «la nouvelle politique du CIH et de ses partenaires n’est plus de poursuivre les créanciers en justice, mais de trouver des arrangements profitables pour le pays et pour toutes les parties». Une philosophie qui a été appliquée récemment avec succès dans le cas d’une autre chaîne marocaine, quitte désormais de sa dette après avoir payé cash 70% du montant.
D’après les amateurs de pronostics, ce solde de tout compte de la part du CIH s’accompagnerait d’un désengagement dans l’hôtellerie. Hypothèse en contradiction avec la toute dernière opération menée par le CIH à Marrakech, à savoir le contrôle de l’hôtel Sémiramis (chaîne Kenzi) à 100%, grâce à l’achat de parts de deux particuliers, marocain et libanais. A moins que cette prise de contrôle ne soit suivie d’autre chose, une vente de l’établissement par exemple ?

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