Programme national de semis direct : 50.000 hectares ciblés au titre de l’actuelle campagne

Programme national  de semis direct : 50.000 hectares ciblés au titre de l’actuelle campagne

Vers une agriculture durable et éco-efficiente

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie agricole «Al Jayl Al Akhdar» en vue de renforcer la résilience climatique de l’agriculture marocaine et la durabilité du système agricole pour les céréales et l’amélioration de la santé des sols agricoles au Maroc.

La campagne agricole démarre sous le signe de l’«adaptation» et de la «durabilité». Le lancement de la nouvelle saison s’est fait de la Région de Rabat-Salé-Kénitra où Mohamed Sadiki, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a donné le coup d’envoi du programme national de semis direct. Il s’agit d’un système intelligent pour une agriculture adaptée aux changements climatiques. L’objectif étant de soutenir à grande échelle l’agriculture durable au niveau national sur la période 2020-2030 et ce en portant la superficie de semis direct à un million d’hectares (20% de la superficie des céréales).
Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la stratégie agricole «Al Jayl Al Akhdar» en vue de renforcer la résilience climatique de l’agriculture marocaine et la durabilité du système agricole pour les céréales et l’amélioration de la santé des sols agricoles au Maroc. «Le Maroc étant de plus en plus confronté au déficit hydrique causé par une sécheresse structurelle, l’adoption et le déploiement des approches d’adaptation combinant les techniques et pratiques culturales permettant de mieux valoriser la goutte d’eau, est une orientation essentielle de la stratégie Génération Green», relève-t-on de la tutelle. Et de poursuivre que «le semis direct des céréales est l’un des packages technologiques qui a montré son efficacité dans les zones arides et semi-arides». Notons que le programme national de semis direct cible pour l’actuelle campagne une superficie de 50.000 hectares répartis sur les régions de Rabat-Salé-Kénitra (20.000 hectares), Casablanca-Settat (10.000 hectares), Fès-Meknès (11.000 hectares), Marrakech-Safi (4.300 hectares) et Beni Mellal-Khenifra (4.000 hectares). Ce projet porte sur une enveloppe de 1,1 milliard DH pour une valeur ajoutée de 1,6 milliard de dirhams.

Les principales mesures d’accompagnement

Pour marquer le lancement de ce dispositif, la tutelle a identifié une série de mesures d’accompagnement. Citons en premier les incitations du Fonds de développement agricole couvrant jusqu’à 50% du prix de l’acquisition des semoirs de semis direct. Le département de l’agriculture mise également sur le renforcement des actions de conseil agricole à travers notamment les plateformes de démonstration, les écoles aux champs ainsi que la formation des conseillers et des agriculteurs. Le département de Mohamed Sadiki œuvre également à encourager et accompagner la création des sociétés de prestation de service opérant dans ce créneau. La tutelle poursuivra par ailleurs l’implémentation du programme de recherche et développement à travers la mise en place de plateformes d’innovation et la réalisation de cartes de viabilité du sol au semis direct. Parmi les actions instaurées on cite également la création d’une entité dédiée au niveau du Centre international du conseil agricole (CICA) pour accompagner la mise en œuvre du programme national. La mission étant d’accompagner les jeunes entreprises agricoles dans le domaine du semis direct, d’assurer le transfert de technologies et de savoir-faire aux agriculteurs et de former les agriculteurs et les conseillers.

Une expérience réussie au niveau de Rabat-Salé-Kénitra

Rabat-Salé-Kénitra fait partie des régions ayant adopté de façon progressive le système de semis direct. Ce dispositif couvre à ce jour 9.000 hectares dans la région dont 5.000 hectares à Sidi Kacem, 3.700 hectares à Khemisset et 300 hectares à Skhirate-Temara. L’objectif escompté au titre de l’actuelle campagne agricole est 20.000 hectares pour atteindre 200.000 hectares à l’horizon 2030. «Cette technique nous permet en effet de conserver la production dans un contexte climatique incertain. Etant adaptée au manque de précipitation, l’adoption du semis direct nous assurera une certaine productivité comparé aux techniques conventionnelles», assure à ALM Aziz El Bellouti, directeur de la Direction régionale de l’agriculture de Rabat-Salé-Kénitra. Le bilan dressé au niveau de la région Rabat-Salé-Kénitra ressort satisfaisant. La technique du semis direct a permis au titre de la campagne agricole 2020-2021 d’améliorer la productivité des céréales entre 25 et 48%. De même, le coût des opérations de labour a été réduit de 60% (de 800 à 1000 dirhams par hectares). Le coût des semences a, pour sa part, baissé de 30% et 35% (de 100 à 130 dirhams par hectare). Notons que 54 semoirs sont actuellement utilisés dans la région dont 40 à Sidi Kacem, 10 à Khemisset et 4 à Skhirate-Temara. Ce parc devrait couvrir 570 semoirs d’ici 2030.

Un vaste chantier d’Al Jayl Al Akhdar ouvert à Casablanca-Settat

Au niveau de Casablanca-Settat, la superficie ciblée par ce lancement est de l’ordre de 10.000 hectares. Interrogé par ALM à ce propos, Abderrahmane Naili, directeur régional de l’agriculture de Casablanca-Settat, a confirmé l’importance des semis directs dans les conditions climatiques actuelles assurant que cette technique générerait des résultats significatifs en termes de production. Notons qu’un large chantier est ouvert au niveau de la Région de Casablanca-Settat pour mettre en œuvre la stratégie de «Al Jayl Al Akhdar» dans cet important bassin agricole du Maroc. M. Naili indique dans ce sens que la région s’installe aisément dans les grands chantiers de cette stratégie. Notons dans ce sens la généralisation de la protection sociale. La Direction régionale se penche actuellement sur l’identification des premiers bénéficiaires au même titre que la valorisation des terres collectives et la promotion de l’entrepreneuriat dans le monde agricole. Toutes les dispositions sont prises pour réussir l’implémentation de la stratégie agricole dans ce territoire et ce en attente des premières précipitations qui insuffleront un vent d’optimisme dans ce secteur.

Les dispositions de la nouvelle campagne agricole en bref

Pour mener à bien le déroulement de la campagne agricole, la tutelle a mis en place des dispositions nécessaires permettant d’assurer la disponibilité des intrants agricoles et l’accompagnement des agriculteurs. A cet effet, le ministère met à disposition environ 1,6 million de quintaux de semences certifiées de céréales qui seront commercialisées à des prix subventionnés. Concernant les engrais, le ministère indique que l’approvisionnement du marché est à hauteur de 490.000 tonnes d’engrais de fonds, en assurant la stabilité des prix des engrais phosphatés et la rationalisation de leur utilisation sur la base des cartes de fertilité des terres agricoles établies sur 7,8 millions d’hectares. En matière d’irrigation, 45.000 exploitations agricoles seront équipées en système d’irrigation localisée. Il sera procédé par ailleurs à l’achèvement de la modernisation des réseaux d’irrigation collectifs sur une superficie de 107.000 hectares et la poursuite sur une superficie de 48.000 hectares. Par ailleurs, le département de l’agriculture prévoit d’étendre l’assurance agricole multirisque climatique pour les céréales, les légumineuses et les cultures oléagineuses sur une superficie de 1,2 million d’hectares contre 1 million d’hectares lors de la campagne précédente ainsi que de poursuivre le programme d’assurance multirisques pour les arbres fruitiers pour assurer près de 50.000 hectares. Parmi les mesures engagées, on note également la poursuite de l’encouragement de l’investissement dans le secteur agricole à travers l’octroi des incitations dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA). Le montant de subventions prévisionnel pour 2022 est de près de 4,49 milliards de dirhams pour un investissement global de 9,2 milliards de dirhams. Concernant le financement, le Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM) mobilisera une enveloppe financière de 8 milliards de dirhams pour le financement de l’actuelle campagne contre 4 milliards lors des campagnes précédentes, avec le lancement de nouveaux produits «Tasbiq FDA» et «Tasbiq Tasdir».

Grandes cultures d’automne : Une superficie de 5,5 millions d’hectares programmée

Se référant au département de Mohamed Sadiki, le programme prévisionnel des grandes cultures d’automne a été établi et sera mis en place en tenant compte des disponibilités hydriques dans les zones pluviales. Il couvrira ainsi une superficie de 5,5 millions de hectares dont 4,6 millions de hectares de céréales, près de 510.000 hectares de cultures fourragères et près de 200.000 hectares de légumineuses alimentaires. Dans les périmètres irrigués, un programme d’assolement rigoureux d’établissement des cultures sera déployé sur une superficie de 114.000 hectares de maraîchage d’automne et plus de 47.000 hectares de betterave à sucre. «Ce programme est réparti dans les régions selon les réserves hydriques disponibles», précise le département de l’agriculture. De même, une superficie de 50.000 hectares est programmée pour la multiplication des semences de céréales. L’objectif étant de garantir un disponible en semences certifiées de 1,5 million de quintaux pour la prochaine campagne agricole.

Semis direct : Mode d’emploi

Le semis direct est un mode d’installation des céréales qui ne nécessite aucun travail de préparation de sol avant le semis.

Pratiquée par des semoirs spécifiques, la technique assure le maintien de la fertilité du sol et la conservation de son humidité. Elle suppose un raisonnement de rotation culturale. Se référant à la tutelle, la promotion de cette technologie est fondée sur les résultats probants des travaux de recherche réalisés.

Elle permet l’amélioration de la fertilité du sol et du taux de la matière organique, l’amélioration du rendement des céréales de 30% en moyenne et leur stabilisation, notamment en année sèche, la réduction des coûts d’installation des céréales de 60% et des doses de semis de 30% ainsi que la réduction de l’érosion du sol de plus de 50%.

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