L’événement s’érige désormais en tant que carrefour stratégique, où se dessinent les contours d’un Maroc hub logistique.
Écosystème logistique intelligent : Logismed 2026 s’impose, pour sa 13ème édition, comme un carrefour majeur de la réflexion logistique au Maroc. Dans un contexte mondial incertain, le salon met en avant la transformation du secteur vers un modèle plus intelligent, digitalisé et connecté, au service de la compétitivité territoriale et économique du Royaume.
Dans une conjoncture internationale marquée par les turbulences des chaînes d’approvisionnement et la recomposition des équilibres géopolitiques, Logismed 2026 s’est imposé, dès son ouverture, comme bien plus qu’un salon professionnel. L’événement, qui souffle cette année sa 13ème bougie, s’érige désormais en tant que carrefour stratégique, où se dessinent les contours d’un Maroc hub logistique. Placée sous le thème « Un écosystème logistique intelligent : connecter les territoires et réinventer la supply chain », cette édition révèle une conviction par l’ensemble des acteurs du secteur : la compétitivité de demain se jouera autant sur les infrastructures physiques que sur la maîtrise de la donnée, de l’intelligence des réseaux et de la capacité à connecter efficacement les territoires. L’occasion étant de mettre en lumière les profondes mutations que connaît le secteur et de souligner le rôle de la logistique comme levier stratégique de compétitivité, d’attractivité territoriale et de résilience économique.
Souveraineté logistique : Une ambition pour renforcer la compétitivité
La souveraineté logistique a été au cœur des échanges de ce rendez-vous. Intervenant dans ce sens, Ali Berrada, président de Logismed, a indiqué que «la logistique contemporaine ne se résume plus à une simple juxtaposition d’acteurs et d’infrastructures, mais elle s’inscrit dans un écosystème intégré, dont la performance repose sur la capacité à interconnecter les territoires, les acteurs, les technologies et les données». Et de préciser : «Un tel écosystème est appelé à devenir intelligent, c’est-à-dire capable d’anticiper, de s’adapter, de décider et d’optimiser en temps réel, grâce à l’exploitation de la donnée, à l’intelligence et à l’innovation ». L’impératif de concevoir des chaînes logistiques plus agiles, plus résilientes et davantage digitalisées, ainsi que durables et souveraines. Ce discours a trouvé un écho immédiat dans les débats de la première journée du salon. De la table ronde sur le foncier logistique aux sessions dédiées à l’IA portuaire, en passant par les enjeux du e-commerce, une même ligne directrice traverse l’ensemble des échanges: Le Maroc a, certes, réussi sa montée en puissance logistique mais des défis restent à relever. « Si le Maroc a réussi le développement de son hardware portuaire, le défi consiste désormais à hisser le software national au même niveau. Cela passe par la mise en place d’un marché intérieur fluide, d’un transport routier compétitif et par la levée des contraintes pesant sur les opérateurs TIR (transport international routier), qui entravent leur développement», peut-on relever de Hakim Marrakchi, vice-président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Et de préciser que «le secteur privé est prêt à prendre sa part dans un environnement réglementaire clair, stable et équitable».
Innovation : L’IA et la data au cœur de la logistique de demain
L’innovation technologique a occupé une place centrale dans les «Logismed Innovation Days», où startups, opérateurs portuaires et experts du digital ont multiplié les démonstrations concrètes. Les échanges ont confirmé la place que revêtent aujourd’hui la data et l’IA pour améliorer la planification des opérations portuaires et renforcer la synchronisation entre les différents intervenants de la chaîne logistique. Les intervenants ont ainsi mis en avant l’émergence de nouvelles solutions basées sur l’Internet des objets, les plateformes numériques ou encore les technologies de vision assistée par ordinateur. Des solutions qui tendent à réduire les temps d’attente, fluidifier les accès aux sites logistiques et à renforcer la sécurité des opérations grâce à des alertes en temps réel et à une meilleure gestion des flux. Logismed s’érige également comme un tremplin pour les stratups opérant dans le secteur de la logistique afin de partager leurs dernières innovations, à l’instar des agents d’intelligence artificielle capables de s’intégrer aux systèmes existants des entreprises sans transformation lourde, répondant ainsi à l’un des principaux freins de la digitalisation logistique : l’hétérogénéité des outils et des processus encore largement manuels.
Zones logistiques : Le défi du maillage territorial équilibré
Parmi les problématiques abordées lors de cette édition, on cite le développement des zones logistiques. Les chiffres présentés par l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) sont éloquents : 92% du parc existant est déclassé, et 74% de l’offre reste concentrée sur le seul axe Casablanca-Settat. Face à cette géographie déséquilibrée, le programme national vise à mobiliser 750 hectares d’ici 2028, pour doter chaque région d’au moins une zone logistique aux normes internationales. Ce maillage territorial n’est pas qu’une question de mètres carrés. Il s’agit d’une réponse à une demande annuelle estimée à 140.000m² dans le Grand Casablanca, face à une offre nouvelle plafonnant à moins de 100.000 m².
E-commerce : Vers une logistique plus agile et digitalisée
« Quelle logistique pour soutenir la dynamique du e-commerce ? » est une question qui a été posée avec acuité dès le premier jour du Salon. A travers ce questionnement, les participants au Salon ont mis le doigt sur une réalité structurelle. Il est ainsi question d’optimiser les flux logistiques et l’innovation technologique pour accompagner l’essor fulgurant du commerce électronique au Maroc. Les échanges ont porté sur l’importance de répondre aux nouvelles exigences de rapidité, de confiance et de flexibilité des consommateurs marocains. Les intervenants ont ainsi mis l’accent sur la nécessité de transformer les défis structurels, tels que la prédominance du paiement à la livraison (Cash on Delivery) et les coûts liés aux échecs de livraison, en opportunités de croissance à travers la digitalisation et la mutualisation des infrastructures. Il ressort que plus de 80 % des transactions effectuées au niveau national restent payées en espèces à la livraison. Selon Mohamed Talal, PDG de CEOS Technology, Ce modèle, dit Cash on Delivery, génère entre 60% et 70% des coûts totaux de livraison. Face à ce nœud, les acteurs présents , Jumia, Glovo, Marjane, ORA Technologies, ont multiplié les pistes : consignes automatiques, points relais, fintech de collecte de cash digitalisée, modèles de livraison différenciés. La rapidité, avec un temps moyen de 28 minutes affiché par Glovo, s’impose comme la nouvelle proposition de valeur.










