Economie

Quelle stratégie énergétique pour demain ? La révolution verte arrive !

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Le Maroc la bien compris, l’énergie constitue pour lui le défi de base pour réussir ses différents plans stratégiques. En effet, agriculture, pêche, tourisme, industrie, tous les secteurs dépendent de la capacité du pays à améliorer son accès à l’énergie qui reste relativement faible. De plus, le Maroc est appelé à subvenir à l’augmentation de la demande additionnelle liée à l’urbanisation rapide du pays. En 2013, le pays importait plus de 90% de sa consommation d’énergie commerciale et l’énergie représentait 27% du total de ses importations. Une dépendance qui pèse lourdement sur les équilibres économiques et financiers du Royaume et sur ses opportunités de développement.

Une nouvelle orientation sous l’impulsion royale

Dans ce sillage, sous les directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a emprunté une nouvelle voie avec la mise en œuvre, depuis novembre 2009, d’une stratégie énergétique qui vise la diversification du bouquet énergétique vers les énergies renouvelables. Cette stratégie a pour ambition de faire face au triple défi de garantir l’approvisionnement énergétique tout en réduisant la dépendance en énergie vis-à-vis de l’extérieur, limiter les impacts environnementaux du modèle de croissance marocain et enfin, garantir l’accès à l’énergie, notamment pour les populations les plus démunies.

Un potentiel énorme en énergies renouvelables

La nouvelle orientation énergétique du Royaume trouve tout son sens dans ses caractéristiques géographiques et climatiques. En effet, il est convenu que le Maroc dispose d’un potentiel élevé de production des énergies renouvelables. Un potentiel constitué, notamment, d’un gisement important évalué à 6.000 mégawatts d’origine éolienne. Dans le même sillage, avec plus de 3.000 h/an d’ensoleillement, soit une irradiation de 5 kWh/m2/an, le Maroc jouit d’un gisement solaire considérable et de 200 sites pour l’exploitation de systèmes mini-hydrauliques. Il dispose, en plus, de 93 milliards de tonnes de schistes bitumineux, d’un potentiel en économie d’énergie et d’un potentiel d’hydrocarbures que laissent espérer les structures géologiques de son sous-sol. A ce titre, les récentes découvertes de timides gisements de gaz à Sebou viennent nourrir cette perspective.

Une vision à long terme

C’est ainsi que la nouvelle stratégie énergétique, qui s’inscrit dans une vision de long terme, vise l’exploitation de ce potentiel pour construire un bouquet énergétique diversifié où les énergies renouvelables occupent une place de choix pour à la fois satisfaire la demande croissante, préserver l’environnement et réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de l’extérieur. De ce fait, ce projet vise la mise en place en 2020 d’une capacité de 2.000 mégawatts. Cette capacité de production représente 38% de la puissance installée à fin 2008 et 14% de la puissance électrique à l’horizon 2020.

Les premiers obstacles

Cependant, la stratégie, tout en se basant sur un programme d’investissement ambitieux, n’a pas pris en compte un certain nombre de facteurs essentiels, notamment les effets structurels de la stratégie sur les autres secteurs d’activité, les équilibres macroéconomiques et les impacts sur les différents agents économiques dont les ménages et l’Etat. Mais là encore le Maroc a été prévoyant en demandant à la Banque mondiale d’accompagner sa réflexion visant à soutenir la mise à jour de la stratégie énergétique actuellement en cours. Aussi, dans ce cadre l’institution financière internationale a relevé que la transition vers un nouveau modèle énergétique nécessite un financement énorme et un développement technologique qui contribueront à définir une nouvelle structure de production compatible avec le processus de décompensation. De ce fait, une réflexion participative est désormais indispensable pour relancer le processus de réforme de la compensation dans un cadre de transformation du tissu productif.

Du gaz au Maroc ?

Après l’annonce, en mai 2014, de la découverte d’un gisement de gaz dans la région du bassin d’Essaouira par la compagnie Longreach, une nouvelle annonce est venue confirmer le potentiel gazier du Maroc. En effet, la société d’exploration pétrolière et gazière irlandaise Circle Oil a déclaré en date du 19 juin 2014 la découverte de gaz dans un puits situé sur la licence de Sebou. Une information confirmée par Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Cependant, le territoire marocain reste sous-exploré avec un taux de forage de 0,04 puits/100 km2 alors que le ratio mondial est de 10. Ainsi, il y a lieu d’être optimiste pour l’avenir.
Par ailleurs, si forage positif il y a, il va falloir néanmoins réadapter le code des hydrocarbures pour être opérationnel car son exploitation exige des conditions différentes de celles du pétrole et du gaz naturel.
 

 

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