Rapport sur l’Indice 2014 des cités d’Afrique: Casablanca, pôle économique majeur

Rapport sur l’Indice 2014  des cités d’Afrique: Casablanca, pôle économique majeur

Selon le rapport sur l’Indice 2014 des cités d’Afrique (ACGI), rendu public le 10 juin 2014, par l’agence helvétique Ecofin, Casablanca occupe la deuxième place des villes africaines  ayant un grand potentiel de croissance inclusive pour l’avenir. Elle est devancée par Accra, la capitale du Ghana. Dans ce classement 2014, les villes de Rabat et de Fès occupent respectivement la 15ème et la 17ème place. 

Mais d’abord que vaut un tel classement ? Et que veut dire potentiel de croissance inclusive ? C’est Yuwa Hedrick-Wong, co-auteur du rapport et économiste en chef du Centre MasterCard pour la croissance inclusive, qui répond à la deuxième question. Pour l’expert international, «on parle de croissance inclusive quand les bénéfices de l’essor d’une économie sont largement partagés avec la population». 

Yuwa Hedrick-Wong ajoute que son institution croit que «l’urbanisation inclusive est une condition préalable pour une croissance inclusive, et donc l’ACGI  est une loupe à travers laquelle des villes africaines peuvent être évaluées en tant que futures destinations d’investissements». Pris sous cet angle, Casablanca est une ville qui remplit toutes les conditions pour attirer un grand nombre d’investisseurs. Ville à la croissance urbaine importante, avec plus de 4 millions d’habitants. c’est un atout majeur pour l’agence helvétique.

Ce qui répond à la nécessité de faire bénéficier les populations de cet essor partagé. Dans ce sens, c’est la croissance du PIB par habitant qui définit un tel classement. Ensuite, il y a l’indice de consommation des ménages. Ce sont là les deux indicateurs de base pour définir la croissance effective d’une ville.  En effet, le PIB du Maroc s’élevait à 937 milliards de dirhams.  Le PIB par habitant est de 44.690 dirhams.  Ces chiffres s’expliquent par le fait que le PIB national a augmenté en moyenne de 4,9% au cours des cinq dernières années. Dans cette configuration, Casablanca affiche des données fortes. La région du Grand Casablanca génère à elle seule 25% du PIB national.

Elle possède 40 % des établissements industriels et attire 48% des investissements. Sans oublier que pour les affaires, elle compte 30% du réseau bancaire national. Avec des infrastructures portuaires, aéroportuaires, ferroviaires et routières, elle se place comme leader en Afrique. Le port de Casablanca à lui seul cumule pas moins de 40% des échanges extérieurs avec quelque 20 Mt/an. C’est dire tout le potentiel que représente la capitale économique du pays. Ceci s’explique aussi par d’autres chiffres qui traduisent une dynamique économique nationale des plus performantes en Afrique et dans le monde arabe.

Dans son rapport 2014 sur l’attractivité de l’Afrique, le cabinet d’études international Ernst&Young (E&Y) affirme que le Maroc et l’Égypte ont attiré à, eux seuls, 61% des projets d’IDE entre 2007 et 2013 dans le continent.

Le Maroc est d’ailleurs le seul pays à afficher en 2013 une croissance de 24% des flux d’investissements directs étrangers (IDE) en Afrique du Nord.  
En 2011, le Maroc a attiré 2,52 milliards de dollars d’IDE contre 1,57 milliard en 2010. Ce qui équivaut à une hausse de 61%. Pour les spécialistes, c’est là un chiffre représentant un tiers des IDE (environnement de développement) combinés des pays d’Afrique du Nord et 6% du total des IDE émis vers le continent africain.

D’ailleurs le classement de Casablanca  en 2014, deuxième grand potentiel de croissance en Afrique, est la résultante d’un autre classement effectué déjà en 2012. On s’en souvient, la revue fDi Intelligence, qui est la division experte du Groupe Financial Times, a choisi le Maroc devant l’Afrique du Sud, en tant que destination africaine la plus attrayante en termes d’IDE pour la période 2011-2012. Dans ce même ordre d’idées, dans son rapport intitulé «Perspectives économiques régionales du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord», le FMI avait souligné le fait que le Maroc demeure parmi les entités économiques les plus performantes de la région.

Quand on ajoute à ces indicateurs de croissance que sont le PIB par habitant et la consommation des ménages, la stabilité sociopolitique, l’efficacité gouvernementale, la lutte contre la corruption et la réglementation efficiente dans la gestion d’une ville du volume de Casablanca, c’est le bouquet gagnant pour placer d’ores et déjà la mégapole comme leader africain pour les prochaines années.

Les atouts de Casablanca

Casablanca est la plaque tournante de l’économie marocaine. Elle jouit d’une connexion optimale vers toutes les régions du Maroc. Elle est la première zone portuaire du Maroc, avec 60% des échanges commerciaux grâce à deux ports à Casablanca et à Mohammedia. Casablanca est aussi un pôle d’innovation et de recherche scientifique, avec plus de 20% de l’effectif national des professeurs-chercheurs, dont plus de 60% dans les domaines de la science et de l’ingénierie.

La mégapole possède 10 facultés, 7 grandes écoles, plus de 45 écoles supérieures privées et le premier institut en Afrique dédié aux métiers du BTP. La ville est dotée du premier parc nord-africain d’immobilier d’entreprise avec plus de 1.400.000 m² de bureaux. C’est aussi la première place financière d’Afrique du Nord avec 30% du réseau bancaire et la totalité des sièges des banques et assurances. Elle réunit 55% des unités productives du pays. Enfin, la capitale économique est également une destination touristique. Elle est la 3ème destination du pays avec une capacité de plus de 17.000 lits.

 

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