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Recherche Agronomique INRA : une moisson d’innovations en 2025

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Nouvelles variétés, IA, brevets…

Recherche scientifique.
En 2025, l’INRA a inscrit huit variétés au catalogue officiel (blé, orge, légumineuses, colza) avec des avancées scientifiques majeures dont le premier génome de référence de l’arganier séquencé et premières cartes nationales des nutriments des sols à haute résolution générées par IA. C’est ce que dévoile le rapport annuel de l’Institut qui fait également état de plus de 400 publications scientifiques.

Selon Lamiae Ghaouti, directrice de l’INRA, la mission de l’Institut consiste à transformer les connaissances scientifiques en solutions concrètes au service des agriculteurs, des territoires et des décideurs publics. (D.R)

L’agriculture marocaine connaît une profonde mutation, portée par les défis du changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la gestion durable des ressources naturelles. Dans cette transition, la recherche agronomique s’impose comme un levier stratégique. C’est dans cette dynamique que s’inscrivent les nombreux projets menés par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), dont le dernier rapport d’activité met en lumière les principales réalisations. «La recherche agricole apparaît plus que jamais comme un levier stratégique pour accompagner la transition vers des systèmes de production plus résilients, plus performants et plus durables», souligne Lamiae Ghaouti, directrice de l’Institut national de la recherche agronomique. Selon elle, la mission de l’Institut consiste à transformer les connaissances scientifiques en solutions concrètes au service des agriculteurs, des territoires et des décideurs publics.

«L’année écoulée a confirmé cette dynamique. Les travaux menés par nos équipes ont permis d’enregistrer des avancées scientifiques majeures dans plusieurs domaines », affirme-t-elle. Les performances de l’Institut témoignent de cette progression. En 2025, huit nouvelles variétés ont été inscrites au catalogue officiel, portant à 34 le nombre de variétés homologuées depuis 2020. La production scientifique a, pour sa part, franchi le cap des 400 publications dans des revues internationales à comité de lecture, illustrant le dynamisme des équipes de recherche et le rayonnement croissant de leurs travaux. L’INRA a également consolidé son rôle dans le développement de la filière semencière nationale. Sa capacité annuelle de production de semences de prébase a été portée à 800 quintaux, tandis qu’un plan de renouvellement variétal, fondé sur le principe des «variétés entrantes – variétés sortantes», a été mis en œuvre afin d’adapter l’offre aux besoins des différentes filières agricoles.

Parallèlement, l’Institut a renforcé son soutien au système national d’homologation en mettant davantage de sites d’expérimentation à la disposition de l’ONSSA. Un partenariat stratégique avec la Sonacos a également été lancé afin d’évaluer l’adaptation des variétés commercialisées aux différentes zones agroclimatiques du Royaume et d’améliorer les recommandations variétales destinées aux producteurs. Le renouvellement de la confiance de partenaires nationaux, notamment OCP, ainsi que d’organismes internationaux tels que l’ACIAR et PRIMA-UE, traduit également la reconnaissance de l’expertise de l’Institut. Cette dynamique de coopération s’est poursuivie avec le lancement du projet Ibtikar, destiné à renforcer les synergies au sein du système national de formation et de recherche agricoles en faveur de la transition écologique.

Les préparatifs de la cinquième phase du Moroccan Collaborative Grants Program (MCGP 2026-2030), menée en partenariat avec l’ICARDA, s’inscrivent dans la même logique d’ouverture et d’intégration de la recherche marocaine aux grands réseaux internationaux d’innovation. L’INRA prépare également l’inauguration du Centre national des ressources génétiques, une infrastructure stratégique qui regroupera les banques nationales des ressources végétales, animales et microbiennes. Ce projet vise à renforcer la préservation du patrimoine biologique national, la souveraineté scientifique du Royaume et sa contribution aux engagements internationaux en matière de biodiversité.
Les avancées scientifiques réalisées

Parmi les réalisations marquantes de 2025 figure le premier séquençage, assemblage et annotation du génome de référence de l’arganier (Argania spinosa) à l’échelle chromosomique. Réalisée grâce aux technologies de séquençage de dernière génération PacBio HiFi et Hi-C, cette prouesse scientifique, publiée dans la revue Scientific Data du groupe Nature, a permis de reconstituer avec une très grande précision les 11 chromosomes de cette espèce endémique du Maroc et d’identifier plus de 35.000 gènes. Cette ressource génomique de référence ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension des mécanismes d’adaptation de l’arganier aux conditions arides, l’amélioration variétale, la conservation de la biodiversité et la valorisation durable de cette espèce emblématique.

Elle positionne également le Maroc parmi les pays de référence en génomique végétale et renforce le leadership scientifique de l’INRA dans la recherche sur l’arganier. L’ autre innovation majeure est celle de la publication des premières cartes nationales à haute résolution (250 mètres) du phosphore disponible et du potassium échangeable des sols agricoles marocains. Élaborées à partir de plus de 12.000 échantillons de sols et de 76 variables environnementales analysées grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle, ces cartes constituent un outil stratégique pour le développement de l’agriculture de précision. Elles permettront d’optimiser les recommandations de fertilisation, d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des engrais, de réduire les coûts de production et de limiter les impacts environnementaux.

Des brevets à fort potentiel
L’année 2025 a également été marquée par l’obtention de deux brevets importants. Le premier concerne un additif alimentaire innovant à base de spiruline destiné à prévenir la fluorose endémique chez les ruminants. Enrichi en biomolécules actives, ce complément alimentaire limite l’absorption du fluor, améliore la santé animale et contribue à accroître les performances des élevages dans les zones exposées. Le second brevet porte sur une nouvelle technique de multiplication conforme de l’arganier par bouturage. Grâce à l’optimisation des traitements hormonaux et des conditions de culture, cette méthode a permis d’atteindre un taux d’enracinement de 97 % et un taux d’acclimatation des plants de 90 %. Une avancée qui ouvre la voie à la production à grande échelle de plants sélectionnés et à l’extension de la culture de l’arganier au-delà de son aire traditionnelle.

Un budget de 328 MDH
Sur le plan financier, le budget global de l’INRA s’est établi à 328,4 millions de dirhams. Le budget de fonctionnement, d’un montant de 177,12 millions de dirhams, est réparti entre les dépenses de soutien aux missions de l’Institut (138,19 millions de dirhams, soit 78,02 %) et les dépenses consacrées à la recherche agronomique (38,93 millions de dirhams, soit 21,98 %). Le budget d’investissement s’élève, quant à lui, à 151,28 millions de dirhams.

Une dynamique qui se poursuit


Conseil d’administration. L’INRA a tenu, mardi dernier, la première session de son conseil d’administration au titre de l’année 2026. Cette réunion a été présidée par le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, et a été consacrée à l’examen du bilan des réalisations techniques et financières de l’exercice 2025 ainsi qu’à l’état d’avancement de l’exécution des budgets au titre du premier semestre 2026. A cette occasion, le ministre avait souligné le rôle central de la recherche agronomique et de l’innovation dans le renforcement de la sécurité alimentaire, l’amélioration de la résilience du secteur agricole et l’adaptation aux changements climatiques. M. El Bouari a salué les efforts engagés par l’Institut dans le déploiement de son Programme de recherche à moyen terme 2025-2028, la modernisation de sa gouvernance ainsi que son appui aux principaux programmes structurants du secteur agricole. Lors de cette session, la directrice de l’Institut a pour sa part présenté le bilan des réalisations techniques et financières de l’exercice 2025, l’état d’avancement de l’exécution budgétaire au titre du premier semestre 2026 ainsi que les principales actions menées dans les domaines de la recherche scientifique, de l’innovation, de la coopération, de la gouvernance et du développement des ressources humaines. Au titre de l’exercice 2025, le budget d’investissement a enregistré des taux d’engagement et de paiement respectifs de 92% et 66%.