Regards croisés sur l’avenir de l’Afrique

Regards croisés sur l’avenir de l’Afrique

L’institut CDG s’est projeté dans une vision futuriste pour le continent

L’avenir du continent «ne sera pas fait que d’éléments du présent». «Aujourd’hui, des éléments nouveaux et germes de changement, qui apparaissent, vont contribuer à façonner le visage de l’Afrique».

Il n’est pas évident d’aborder les multiples atouts voire écueils de notre continent. Cependant, le 3ème webinaire 2021, réservé par l’institut CDG à «l’Afrique, le continent de demain?», en a même révélé les défis, notamment dans un contexte marqué par la sortie de la pandémie due à la Covid-19. Un événement qui s’est également projeté dans une vision futuriste pour cette grande partie du globe.

Interaction avec des acteurs non africains

Pour Alioune Sall, fondateur et directeur exécutif de l’African Futures Institute, le futur de l’Afrique «sera un descendant du présent». Mais, l’avenir du continent, à son sens, «ne sera pas fait que d’éléments du présent». «Aujourd’hui, des éléments nouveaux et germes de changement, qui apparaissent, vont contribuer à façonner le visage de l’Afrique», explicite-t-il. Dans ce sens, il estime qu’il existe un projet d’identités de par la pluralité de celles de l’Afrique. En outre, il rappelle les 14 stratégies de coopération bilatérale qui sont proposées dans le Sahel. Et ce n’est pas tout !
Pour lui, le vrai visage du continent «dépendra des résultats de l’interaction avec des acteurs non africains».
Ainsi, il n’y aura pas une seule trajectoire mais plusieurs.

De l’afro-futurisme avec le concours des jeunes

Egalement de la partie, Marion Scappaticci, founder Hinterlands, creative avisory/incubator factory dedicated to Africa, avance le concept «afro-futurisme». Pour le faire valoir, elle indique avoir «confiance en la jeune génération, notamment après l’ère de la Covid-19». Comme elle l’explique, cette génération est «de plus en plus impliquée dans la chose publique et a de vrais projets créateurs d’emplois et pour la communauté». Dans ce sens, elle met l’accent sur «la nécessité de soutenir les petits projets». Le tout en mettant en avant le pilier du numérique qui apporte de grands changements.

Un avenir «prospère»

De son côté, Asma Charki, executive partner, head of tax au groupe Mazars, estime que l’avenir du continent sera «prospère». A son sens, l’Afrique «a du potentiel et a réussi à construire son futur». Par l’occasion, elle ne manque pas de se féliciter de la résilience du continent dans sa manière de gérer la pandémie pour en sortir gagnant.
«L’Afrique a des capacités transformatives importantes», enchaîne-t-elle. L’intervenante ne manque pas également de s’exprimer sur la Zlecaf (zone de libre-échange continentale africaine) qui contribue à la création de valeur ajoutée et d’investissements. Le tout en se félicitant d’une Afrique qui «sait saisir son potentiel humain».

Un développement «pas à la hauteur des aspirations»

Quant à Taoufiq Marzouki Zerouali, DG du consultant en ingénierie, Novec, qui relève du groupe CDG, il a une vision différente de l’avenir du continent. «Dans 10 à 20 ans, l’Afrique sera développée mais pas à la hauteur des populations», avance-t-il. Pour lui, la construction d’un avenir «ce sera grâce à une jeunesse en bonne santé et bien éduquée». A ce propos, il estime qu’il est indispensable de bien éduquer cette jeunesse «voire d’augmenter le taux d’enseignement supérieur». «Les africains sont des femmes et des hommes et non un marché. Il est temps, grâce à eux, de gagner la place que nous méritons dans le concert des nations», ajoute-t-il. Concernant l’évolution, il précise qu’elle dépend des pays et des régions dans le continent.

Quid des maux de l’Afrique ?

Selon M. Sall, le continent est dépendant de «l’aide au développement et l’endettement». Le directeur exécutif, qui s’interroge sur les liens sociaux, ne manque pas également de remonter le temps. «La plupart de nos Etats ont hérité du caractère autoritaire des pays coloniaux», poursuit-il. De plus, l’intervenant évoque les problèmes de la sécurité ainsi que la question environnementale auxquels le continent fait face. «Certains pays du continent ont intérêt à devenir des locomotives du capital humain», estime, pour sa part, Mme Scappaticci. Entre-temps, la fondatrice, rappelle l’expérience de certains pays à l’instar du Rwanda qui a investi en tourisme durable et en économie du sport, du Gabon qui a, à son tour, fait le choix de la durabilité, du Togo qui fait dans l’économie numérique, ainsi que du Maroc qui a abrité la Cop22 et investi dans le développement durable. Cependant, elle n’hésite pas à mettre l’accent sur «le respect des droits humains». «Cela peut créer des freins», poursuit-elle. Pour elle, le problème réside dans «les bailleurs de fonds qui ont un droit de regard sur ces critères». M. Marzouki, qui rappelle le taux élevé de pauvreté en Afrique, pense, pour sa part, au «développement de la protection des côtes du continent». De son côté, Mme Charki soulève le problème de «l’informel» dans lequel une grande proportion œuvre. Elle ne manque pas de diagnostiquer la situation fiscale du continent. «Les gouvernements africains doivent poursuivre le rétablissement de la viabilité des finances publiques. Il est temps d’adapter les systèmes fiscaux à l’économie digitale», ajoute-t-elle.

 

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