Reprise économique : La solvabilité des entreprises, une urgence impérieuse

Reprise économique : La solvabilité des entreprises, une urgence impérieuse

Souligné lors de la réunion du comité de pilotage de la plate-forme CGEM-gouvernement

Bilan d’étape pour la plate-forme CGEM-gouvernement. Le patronat et le gouvernement évaluent l’apport de ce mécanisme à 14 mois de son déploiement. La réunion du vendredi 21 mai était une occasion pour faire le point sur les contributions de cette plate-forme dont le lancement a coïncidé avec le déclenchement de la crise sanitaire au Maroc. A l’ordre du jour, la relance économique et le développement social. Les représentants du secteur public et privé ont discuté des défis auxquels l’économie nationale et le tissu entrepreneurial font toujours face en cette conjoncture inédite. Des difficultés économiques et sociales persistent, poussant les décideurs à renforcer leurs actions en faveur d’une reprise effective et fructueuse. Intervenant dans ce sens, Saad Dine El Otmani, chef de gouvernement, a mis en avant l’action du gouvernement en matière de la poursuite et de la consolidation des différentes grandes réformes initiées au Maroc. Citons à cet effet la réforme des Centres régionaux d’investissement (CRI), la simplification des procédures et mesures administratives, l’adoption de la politique nationale intégrée à l’horizon 2025 ainsi que le grand chantier de la protection sociale initié par le Souverain. A cet effet, les entreprises marocaines ont joué un rôle déterminant, notamment en termes de préservation de l’emploi et la création de nouveaux débouchés pour renforcer la compétitivité de ce tissu. Toutefois, des faiblesses restent à combler.

A cet égard, Chakib Alj, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a mis le doigt sur deux impératifs, en l’occurrence la solvabilité des entreprises et la sauvegarde des emplois. «Pour gérer leur trésorerie et survivre aux conséquences de la baisse voire d’un arrêt total d’activité, les opérateurs économiques, notamment les TPME, ont fait appel à la dette, comme nous le savons tous, en attendant une reprise d’activité normale. Or, la reprise effective n’a pas été au rendez-vous et les entreprises se trouvent aujourd’hui surendettées, particulièrement celles opérant dans des secteurs comme le tourisme et son écosystème, les industries culturelles et créatives, la restauration et bien d’autres» , a-t-il assuré. Et d’insister sur la nécessité de donner de la visibilité à ces secteurs pour reprendre leurs activités dans le respect des mesures sanitaires.

S’agissant de la solvabilité des entreprises, le patron des patrons plaide pour une action axée sur les opérateurs nécessitant une restructuration financière. «Il est autant de notre devoir de sauver des entreprises que d’en créer de nouvelles», estime M. Alj. Pour ce qui est de l’enjeu social lié à la dégradation de la santé financière des entreprises, le président de la CGEM fait part au chef de gouvernement des engagements remplis par le secteur privé au moment où ceux pris par le gouvernement et syndicats sont toujours en attente de concrétisation. Lors de son intervention, Chakib Alj a passé en revue les réponses majeures ayant été prises tout au long de ces derniers mois pour faire face à la crise sanitaire dont le chantier de la généralisation de la protection sociale, la création du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Ce contexte inédit a permis en effet au Maroc de faire preuve de résilience et d’agilité.

Autant d’actions concrètes et justes qui, selon M. Alj, témoignent de la capacité du Maroc à traiter des sujets avec courage, efficacité et surtout proactivité. «Et c’est cette dynamique que nous voulons dupliquer dans le cadre de la plate-forme CGEM-gouvernement», ajoute-il. Chakib Alj a dans ce sens mis l’accent sur la nécessité de rapprocher le mode de fonctionnement du conseil conjoint et du CVE à travers le renforcement de la formalisation du rôle de la plate-forme CGEM-gouvernement. L’ambition étant de pouvoir traiter en toute synergie et de manière effective les chantiers économiques à moyen terme, en l’occurrence le renforcement de la compétitivité, l’instauration du e-gov, l’encouragement de la préférence nationale et l’intégration de l’informel. Notons que la CGEM a participé activement à toutes les réunions du Comité de veille économique ayant découlé à l’élaboration du plan de relance économique, la mise en œuvre et la signature des contrats programmes avec les secteurs vulnérables.

 

Plate-forme CGEM-gouvernement : Flash-back

Comme a été susmentionné, cette réunion intervient 14 mois après le lancement de la plate-forme CGEM-gouvernement. La dernière rencontre du comité de pilotage dudit mécanisme s’est tenue le 6 mai 2020, une rencontre durant laquelle a été décidée la création du Comité de veille économique. Une instance ayant joué un rôle fondamental dans la limitation de l’effet de la Covid-19 sur l’économie nationale. Une réunion technique a eu lieu le 10 septembre 2020 ayant permis aux deux parties de s’accorder sur la nécessité de donner la priorité aux chantiers à impact rapide pour une reprise rapide.
A cet égard des commissions thématiques mixtes ont été créées afin de mettre en œuvre des propositions pratiques et réalisables sur le court et moyen termes. La mission étant d’examiner les propositions et projets relatifs à la facilitation des procédures administratives, la préférence nationale, le développement du «Made in Morocco», l’activation des fonds d’investissement, l’identification légale des petites et moyennes entreprises (PME), la loi-cadre d’investissement, la réforme du cadre réglementaire de la signature électronique, le développement des mécanismes de sauvegarde des emplois, ainsi que l’amélioration du système d’indemnisation de perte d’emploi.

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