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Ressources en eau, main-d’œuvre, coût des intrants : Les réalités de la Comader !

© D.R

Les membres de la confédération ont appelé à une meilleure compréhension des réalités du terrain et à des mesures renforçant la résilience et la compétitivité du secteur agricole.

Agriculture : Alors que les effets du changement climatique et les pressions économiques se renforcent, le secteur agricole marocain cherche à préserver son équilibre. La Comader appelle à mieux prendre en compte les réalités des exploitants et à accélérer les réformes destinées à soutenir la compétitivité des filières.

Sécheresse persistante, raréfaction de l’eau, flambée des coûts de production, difficultés de commercialisation et pression sur les revenus… La Confédération marocaine de l’agriculture et de développement rural (Comader) dresse un constat des défis auxquels font face quotidiennement les agriculteurs marocains. Réunis en assemblée générale ordinaire, les membres de la confédération ont appelé à une meilleure compréhension des réalités du terrain et à des mesures renforçant la résilience et la compétitivité du secteur agricole. «Depuis plusieurs années, l’agriculture nationale évolue dans un contexte particulièrement difficile marqué par la succession des épisodes de sécheresse, le déficit structurel des ressources en eau d’irrigation, l’augmentation continue des coûts de production, la pénurie de main-d’œuvre agricole et les profondes mutations que connaît le monde rural. Dans ce contexte, les agriculteurs, majoritairement constitués de petites et moyennes exploitations, qu’ils exercent en zones bour ou irriguées, doivent faire face simultanément à plusieurs contraintes», relève-t-on de la Comader.

Parmi les contraintes énumérées, on cite le déficit croissant des ressources hydriques et l’incertitude entourant les disponibilités futures en eau d’irrigation. A cela s’ajoutent la flambée des prix des intrants agricoles, la pénurie de main-d’œuvre et l’augmentation significative de son coût, particulièrement durant les périodes de récolte. La hausse continue des charges de production, de conditionnement, de transport et de commercialisation constitue également l’un des obstacles relevés par la communauté agraire. La Comader énumère également les difficultés d’accès aux marchés et la multiplication des intermédiaires entre le producteur et le consommateur, les contraintes fiscales, notamment celles liées à la récupération de la TVA ainsi que les effets des importations sur l’équilibre économique de plusieurs filières agricoles nationales.
Cette accumulation de contraintes pèse directement sur la rentabilité des exploitations. La Comader rappelle, dans ce sens, que le prix payé par le consommateur final ne reflète pas nécessairement le revenu perçu par l’agriculteur. «Dans plusieurs filières, les prix à la production demeurent insuffisants pour couvrir l’ensemble des charges supportées par les exploitations, dont les coûts ont fortement augmenté ces dernières années», explique la Confédération. Et de préciser : «Cette situation souligne la nécessité d’actualiser régulièrement les référentiels de coûts de production afin d’adapter les mécanismes d’accompagnement aux réalités économiques du terrain». La pression sur les marges des exploitants se manifeste particulièrement dans certaines filières stratégiques, où les difficultés de valorisation de la production accentuent les fragilités économiques du secteur. La Comader attire, dans ce sens, l’attention sur la situation de certaines filières stratégiques en matière de commercialisation. «À titre d’exemple, la filière céréalière, malgré l’amélioration de la production lors de la campagne 2025-2026, les conditions de commercialisation demeurent insuffisamment rémunératrices, illustrant les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour assurer la rentabilité et la pérennité de leurs exploitations», apprend-on de la Confédération.

Face à aux fragilités économiques qui touchent plusieurs filières, la question de l’accompagnement du secteur agricole revêt une importance particulière. La Confédération rappelle, à cet effet, que les mécanismes de soutien accordés au secteur agricole constituent principalement des dispositifs d’incitation à l’investissement destinés à moderniser les exploitations et à renforcer leur résilience. «Contrairement à une perception largement répandue, ces dispositifs ne constituent pas des aides directes au revenu des agriculteurs», précise la Comader. Et d’ajouter : « Comparativement à plusieurs pays concurrents, le niveau de soutien public dont bénéficie l’agriculture marocaine demeure limité au regard des défis auxquels le secteur est confronté».

Au-delà de ces dispositifs, la Comader souligne que l’efficacité des politiques agricoles repose également sur une meilleure identification des acteurs et une structuration plus claire du secteur. La finalité étant de distinguer les véritables professionnels du secteur agricole des intervenants occasionnels ou spéculatifs dont certaines pratiques peuvent porter atteinte à l’image de l’agriculture marocaine. À cet égard, la mise en place d’une carte professionnelle de l’agriculteur et de l’éleveur constitue un chantier prioritaire permettant une meilleure identification des acteurs du secteur et un ciblage plus efficace des politiques publiques.

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