Retrait d’argent des banques : 3,5 milliards DH sortis en une journée

Retrait d’argent des banques : 3,5 milliards DH sortis en une journée

Les mouvements des retraits fiduciaires se sont amplifiés de manière très significative après l’annonce du confinement

Pas d’inquiétudes particulières sur la stabilité du système financier national. Une confirmation faite par Bank Al Maghrib dans son supplément Covid-19 ayant venu accompagner le 7ème numéro du rapport sur la stabilité financière élaboré conjointement par la Banque centrale, l’ACAPS et l’AMMC. Cette publication rendue publique lundi 3 août a passé en revue les principales actions menées depuis le déclenchement de la crise sanitaire à ce jour. Un cap marqué par une forte mobilisation de l’ensemble des acteurs publics et privés pour soutenir l’économie nationale durant la période de confinement. L’engagement étant de réduire les pertes de revenu et de production tout en veillant à la préservation des fondamentaux du secteur financier. Les autorités financières ont, dans ce sens, intensifié leur coordination pour assurer un suivi des indicateurs de risques et apporter des réponses adaptées et proportionnées. Parmi les principaux faits ayant marqué ce semestre est la forte pression sur le cash qui a été observée aux premiers jours du déclenchement de la crise sanitaire. La liquidité a été en effet l’un des principaux risques à palier en ce contexte exceptionnel.

Cet enjeu a été rapidement levé et ce grâce aux mesures de politiques monétaire et prudentielle engagées par Bank Al Maghrib. En effet, la Banque centrale a été face à un défi de taille celui d’assurer l’approvisionnement suffisant en monnaie fiduciaire sur l’ensemble du territoire national. Bank Al Maghrib a dans ce sens mené des actions en coordination avec le secteur bancaire et ce afin d’alimenter de manière continue les guichets automatiques bancaires et de maintenir leur disponibilité au niveau élevé pour servir les citoyens en cette période difficile et assurer les aides sociales dans de bonnes conditions. «Les mouvements de retrait fiduciaire se sont amplifiés de manière très significative particulièrement après l’annonce de la période de confinement (troisième semaine de mars). Par la suite, l’augmentation de la circulation fiduciaire a été rythmée par les opérations récurrentes de distribution des aides sociales générant des sorties importantes en monnaie fiduciaire», peut-on lire du supplément de Bank Al Maghrib. Pour répondre au volume des retraits de la clientèle, les sorties de monnaie fiduciaire opérées par les banques auprès de Bank Al Maghrib sur la période allant du 02 mars au 26 juin 2020 ont été marquées par deux pics.

Le premier a été observé le 18 mars à savoir au démarrage du confinement, date durant laquelle une sortie de l’ordre de 3,5 milliards de dirhams a été réalisée. Le deuxième pic a été observé le 21 mai avec une sortie d’argent liquides de 2,5 milliards de dirhams. «Pour faire face à cet enjeu de liquidité, l’action de Bank Al-Maghrib a été rapide, proportionnée et graduée au fur et à mesure de la montée des tensions. Elle a fourni aux banques les liquidités nécessaires pour répondre aux besoins de refinancement», explique la Banque centrale dans son rapport. Parallèlement à cela, Bank Al Maghrib a adopté un ensemble de mesures de politique monétaire. Citons, en guise de rappel, les deux réductions du taux directeur de 2,25 % à 2 % en mars puis à 1,50% en juin. A cette décision s’ajoute celle relative à la libération intégrale des réserves obligatoires des banques ainsi que l’élargissement du gisement du collatéral accepté en contrepartie des opérations de politique monétaire aux titres négociables, aux créances sur les administrations centrales et sur les «Corporate» et aux créances hypothécaires. Bank Al Maghrib a procédé également à la modification du programme de refinancement de la TPME en vue de l’adapter aux besoins de la crise.

Ce dispositif a été élargi aux crédits de trésorerie en plus des crédits d’équipement, avec une augmentation de la fréquence de leur refinancement ainsi qu’un allongement de la maturité des opérations. Des mesures, qui d’après la banque centrale, ont permis de tripler la capacité de refinancement des banques auprès d’elle. Ainsi, le montant des injections de liquidités de Bank Al Maghrib a atteint des niveaux exceptionnels, passant de 67,2 milliards de dirhams au 12 mars à 108,3 milliards au 18 juin. Rappelons que sur le plan prudentiel, Bank Al Maghrib a autorisé aux banques marocaines d’utiliser au deuxième semestre, et ce en cas de nécessité, les coussins de liquidité en deçà du ratio de liquidité à court terme (LCR) minimum fixé à 100 %. Bank Al Maghrib indique dans ce sens que les banques sont restées résilientes face au risque de liquidité. Leur ratio LCR s’est établi à un niveau confortable par rapport au seuil de 100 %. Il s’est situé au mois de mars à 132 %, revenant à 125 % en avril puis 148 % en mai 2020.

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