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Ridouane Werzgan : «Nous voulons satisfaire le besoin local, et convertir les clients qui se basent sur l’importation»

Ridouane Werzgan : «Nous voulons satisfaire le besoin local, et convertir les clients qui se basent sur l’importation»

Entretien avec Ridouane Werzgan, directeur général délégué de Traspex Mining

Par secteur, nous sommes leader pour tout ce qui est fourniture de matière première pour le sanitaire. Pour une société qui a presque 4 ans d’existence, c’est un exploit.

ALM : Quel est le positionnement de Traspex Mining sur le marché national de traitement des minéraux industriels ?

Ridouane Werzgan: A ce jour, Traspex Mining est la première et l’unique société minière au niveau national qui fait l’extraction, le traitement et la valorisation de ce qu’on appelle le «sable de silice». Destiné spécifiquement aux industriels, ce sable a de multiples utilisations. C’est un composant essentiel dans la fabrication des articles en verre ou encore la céramique et le sanitaire. Il est également utilisé dans des activités variées comme la filtration, l’industrie chimique, la fonderie, la fabrication des panneaux solaires et aussi l’entretien des terrains de golf et les terrains de sport en général. A date d’aujourd’hui, Traspex Mining est en phase de développement mais elle est l’unique société sur le marché qui fournit un sable de haute teneur en silice. A cet égard, il faut dire que la société dispose d’une unité de traitement équipée d’une technologie allemande innovante. A titre de précision, les autres entreprises présentes sur le marché local se contente NT de fournir un sable à l’état brut ou semi-traité. Par secteur, nous sommes leader pour tout ce qui est fourniture de matière première pour le sanitaire. Pour une société qui a presque 4 ans d’existence, c’est un exploit. On est aussi un des principaux fournisseurs dans le secteur de la fabrication du verre et dans le secteur de la céramique et tout ce qui est produit chimique et filtration.

Quelle est la capacité de production de votre usine ?

La capacité de production annuelle de notre unité de traitement est d’environ 60.000 tonnes tous produits confondus. Nous disposons d’un gisement dans la région de Taourirt étalé pratiquement sur 100 hectares, soit 1 km carré dont 5 hectares en cours d’exploitation. Cet espace a la spécificité d’avoir une forte teneur en silice à l’état naturel mais pas du tout suffisante pour la proposer aux industriels. Après extraction, on transfère la matière extraite dans notre usine de traitement et de valorisation construite sur une superficie d’environ 4 hectares à quelques kilomètres de notre gisement. Notre unité industrielle est organisée selon un processus horizontal de plusieurs étapes qui se suivent. La première étape c’est le concassage, c’est-à-dire on prend la roche extraite de terre constituée de silice et on la concasse pour la transformer en sable à l’aide de plusieurs machines de broyage. Cette matière passe ensuite dans l’unité de traitement qui accentue davantage sa teneur en silice, grâce au traitement industriel. Ce process nous permet donc d’augmenter considérablement le taux de silice pour obtenir au final un produit de haute qualité qui répond aux exigences de nos clients industriels. Notre usine dispose également d’un laboratoire interne équipé du matériel nécessaire et de ressources humaines hautement qualifiées pour la réalisation des essais et des analyses de la composition chimique et de la distribution granulométrique. Le laboratoire représente un gage de qualité non négligeable dans notre métier.

Pourquoi le choix de la localité de Mchraa Hammadi précisément ?

Cette région présente des atouts géologiques considérables. La découverte du gisement que nous exploitons actuellement a déterminé le choix de la localité où nous avons décidé d’implanter notre usine. En matière d’investissement, l’unité industrielle de traitement est par conséquent non loin du gisement pour faciliter le transfert et la valorisation de la matière première.

Vous visez le marché régional, c’est-à- dire l’Union européenne, le Maghreb et l’Afrique. Parlez-nous un peu de votre stratégie de déploiement…

Effectivement, c’est une étape qui viendra par la suite. Aujourd’hui, Traspex Mining ambitionne d’être leader sur le marché local pour l’ensemble des secteurs sur lesquels elle intervient. Notre objectif c’est d’abord satisfaire le besoin local et convertir les clients qui se basent sur l’importation. Ces consommateurs il faudra les convaincre de sourcer localement en leur fournissant bien entendu un produit de qualité à un prix équivalent. D’ailleurs, cette stratégie a plus de sens avec la crise de Covid-19. Nous avons pu constater que ces acteurs étaient contraints de subir une grande pression au cours de cette période parce qu’ils avaient des difficultés à s’approvisionner à l’échelle internationale. Traspex Mining fournit un produit spécifique, de qualité avec des quantités suffisantes et une marge de tolérance qualité très minime sur les produits livrés. Si on prend par exemple l’industrie du verre (qui est parmi les industries les plus consommatrices du sable de silice), elle reste limitée au Maroc. L’ensemble du verre est importé, notamment dans le secteur du bâtiment. A titre d’exemple, la transformation du quartz en verre plat n’existe pas dans le pays et nous on est prêts, en tant que fournisseur de matière première pour l’industrie du verre, à accompagner tout investisseur qui souhaiterait saisir cette opportunité et relever ce challenge.

2021 touche à sa fin. Quel bilan faites-vous de cette année ?

Si on commence depuis 2020, l’ensemble de l’économie a été impacté par la crise liée à la Covid-19 et pas seulement l’industrie. Nos clients ont également été touchés et par conséquent le carnet de commandes aussi. Mais si on prend par exemple la croissance de notre chiffre d’affaires entre 2018 et aujourd’hui, elle est à deux chiffres en moyenne chaque année. Nous avons pu assurer l’évolution en 2020 l’année même de l’arrivée de la Covid et on en a profité pour pouvoir travailler sur nos produits, et la recherche et développement afin de concevoir de nouveaux produits et garantir la qualité des produits existants. Nous avons décidé aussi de maintenir notre personnel en activité et de le former.

A part les trois mois de confinement, il n’y a pas eu de rupture au niveau de notre activité. Sur la période creuse de 3 à 6 mois de 2020 on s’est concentrés sur nos process industriels et sur nos ressources humaines pour pouvoir les fidéliser, les former et les préparer à la reprise. Entre fin 2020 et début 2021, nous avons senti une certaine reprise de l’activité industrielle en général parce qu’automatiquement quand le carnet de commandes de nos clients se remplit cela se traduit systématiquement par des appels à la livraison chez nos commerciaux. Globalement, 2021 est une année de reprise mais pour Traspex Mining c’est une phase de continuité de la croissance enclenchée depuis 2019.

Pour finir, comment s’annonce 2022 ?

Nous sommes dans des perspectives d’évolution, notamment grâce à l’extension de notre licence d’exploitation et également grâce aux possibilités d’exploration de ce nouvel espace. Pour ce qui est de nos clients, on a un portefeuille d’une cinquantaine de clients dont une partie continue d’importer partiellement le sable de silice. Notre objectif c’est de les convaincre d’utiliser des produits 100% marocains, à savoir le sable de silice qui existe bel et bien au Maroc. Nous souhaitons contribuer aussi et apporter notre pierre à l’édifice en participant à la politique générale d’amélioration du taux d’intégration des différents secteurs industriels au Maroc. Le seul maillon qui manquait était l’unité industrielle qui pourrait répondre avec précision aux exigences du secteur industriel et elle est désormais disponible au Maroc grâce à Traspex Mining

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