Secteur du commerce et de la franchise : Les professionnels font grise mine

Secteur du commerce et de la franchise : Les professionnels font grise mine

«Dans le cadre de la loi de Finances rectificative, presque toutes les activités sévèrement touchées par le Covid-19 sont mentionnées à l’exception du secteur du commerce et de la franchise».

Mohammed El Fane, président de la Fédération marocaine de la franchise.

La Fédération marocaine de la franchise (FMF) s’étonne de constater que le secteur du commerce et de la franchise n’est au cœur d’aucune mesure de relance. Contacté par ALM, Mohammed El Fane, président de la Fédération marocaine de la franchise, explique : «Dans le cadre de la loi de Finances rectificative, presque toutes les activités sévèrement touchées par le Covid-19 sont mentionnées à l’exception du secteur du commerce et de la franchise».

Et de poursuivre : «Depuis le début de cette crise, nous n’avons jamais essayé de faire pression. Ce qu’on veut ce sont des mécanismes qui nous permettent de continuer notre activité».

Pour y parvenir, la FMF a émis une série de recommandations afin de préserver les emplois et amortir le choc induit par la Covid-19 sur ses activités.

La FMF se dit mobilisée aux côtés des acteurs du secteur et prête à travailler avec les autorités concernées afin de réfléchir à des mécanismes de soutien spécifiques à son secteur. Les détails.

Taxes : Consolider l’exercice 2020 et 2021

En raison des mois de confinement, les commerces se retrouvent dans une situation financière délicate. L’exercice 2020 est inéluctablement déficitaire pour la grande partie de ces entreprises. A cet effet, la FMF propose de réviser le mode de calcul des taxes locales telles que la taxe professionnelle, la taxe de services communaux, la taxe d’enseigne, ou encore la taxe sur les débits de boissons. «On préconise de consolider 2020 avec 2021 et donner la possibilité aux gérants d’entreprise de payer par échelonnement et sans pénalités», explique Mohammed El Fane. Ainsi, la FMF suggère un abattement de 50% des taxes dues, entre 2020 et 2021, ainsi que l’accélération de la mise en œuvre des réformes de l’administration, conformément à la loi de Finances rectificative 2020 et ses orientations.

Problématique du loyer : 64% des entreprises du secteur sont locataires

Autre problématique qui pèse lourd sur les entreprises du secteur, celle du loyer. «A ce niveau rien n’a été fait. Aujourd’hui, 64% des entreprises des TPME et PME dans le secteur du commerce sont locataires», précise-t-il ajoutant que la fédération recommande la suspension des procédures d’évictions pour éviter les abus. Dans le même sens, il s’agit de gérer la problématique de l’acquittement des loyers par les commerçants en période de fermeture administrative. Il est préconisé la suspension des procédures exécutoires durant cette période (pour une durée de 12 mois) et cela pour donner aux gérants d’entreprises l’opportunité de se ressaisir et trouver des solutions.

La Fédération propose aussi que les loyers entre bailleurs privés et gérants d’entreprises soient pris en charge de manière équitable, durant cette période, par le gérant d’entreprise, le bailleur privé et l’État. De même, la fédération suggère d’inciter les assurances à mettre en place une indemnité locative. Pour ce qui est du financement, la FMF préconise l’allégement des conditions d’octroi des garanties de financement dans le cadre du dispositif Damane Relance et l’allègement des critères d’octroi des crédits, jugés trop drastiques pour être accessibles à un plus grand nombre d’entreprises. «Il serait intéressant que les sociétés avec impayés (et hors contentieux) puissent bénéficier du crédit Damane Relance, surtout que la crise liée à pandémie succède à une autre crise, liée à la conjoncture économique mondiale, en 2019, qui a été une année très difficile pour les TPME», indique la même source.

Emplois menacés : Etat des lieux

De nombreuses enseignes sont menacées en raison de la crise. Ce qui pourrait aboutir à une fermeture définitive des structures les plus fragilisées quelques mois à peine après le redémarrage très timide de leurs activités.

La baisse d’activité, voire l’arrêt total pendant cette période de confinement, est évaluée à près de 90% du chiffre d’affaires. Pour rappel, le secteur du commerce et de la franchise emploie près de 2 millions de personnes au Maroc, soit près de 14% de la population active du pays, étant le deuxième pourvoyeur d’emplois au niveau national après l’agriculture.

Le secteur du commerce et de la franchise contribue à hauteur de 8% du PIB.

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