L’élimination de ces distorsions permettrait à une grande partie des entreprises de croître de manière significative, stimulant ainsi la productivité et l’efficacité du secteur manufacturier marocain dans son ensemble.
Décryptage : Selon une récente étude du HCP, une meilleure allocation des ressources peut augmenter de près de 97% la production du secteur manufacturier.
La mauvaise allocation des ressources freine la croissance des entreprises à forte productivité. L’élimination de ces distorsions pourrait tripler la taille de 51,1% des entreprises et augmenter la production du secteur manufacturier de près de 97%. C’est ce que l’on peut relever d’une étude du Haut-commissariat au Plan (HCP) portant sur «l’allocation des ressources et gains de productivité dans le secteur manufacturier marocain ». Cette étude, fruit d’une collaboration avec la Commission Économique pour l’Afrique (UNECA), vise à déterminer l’impact des distorsions sur la productivité des entreprises du secteur manufacturier marocain et à évaluer les gains potentiels d’une meilleure allocation des ressources.
L’un des premiers constats relevé est que les distorsions liées au climat des affaires impactent particulièrement les entreprises en dessous de leur taille optimale. «Ces contraintes limitent leur capacité à croître et à atteindre une productivité optimale», apprend-on du HCP. Et de préciser qu’ « une proportion significative des entreprises les plus productives ayant des contraintes de développement cite les restrictions foncières, la corruption et la réglementation du travail, le favoritisme et la corruption comme des obstacles majeurs».
Se référant au HCP, l’élimination de ces distorsions permettrait à une grande partie des entreprises de croître de manière significative, stimulant ainsi la productivité et l’efficacité du secteur manufacturier marocain dans son ensemble. Se référant à l’étude, les gains potentiels du Maroc demeurent comparables à ceux observés dans les pays en développement à l’instar de l’Inde ou le Vietnam. Ils demeurent, toutefois, très élevés comparativement à ceux observés aux États-Unis ou au Japon, où ils sont évalués à 42,9% et 47,2% respectivement. «Certes, l’élimination complète des distorsions est une situation hypothétique peu réaliste. Cependant, avoir le même niveau de distorsion de celui des pays développés comme les États-Unis ou le Japon, les gains de la productivité totale des facteurs du secteur manufacturier marocain pourraient atteindre 38%», estime le HCP dans son étude. Et d’ajouter: «Bien que ce chiffre soit inférieur au gain potentiel de 97% obtenu par l’élimination complète des distorsions, il demeure significatif et souligne l’importance d’une meilleure allocation des ressources». Sur le plan sectoriel, l’estimation des gains par branche d’activité révèle qu’une réallocation efficiente des ressources dans les branches de l’industrie chimique et la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques qui représentent respectivement près de 20% et 13% de la valeur ajoutée sectorielle, peut contribuer à l’augmentation de leur production de près de 100%. Le HCP estime également que la productivité totale des facteurs (PTF) peut également augmenter de près de 60% dans la branche de l’industrie alimentaire.
En ce qui concerne les branches qui présentent les gains les plus importants, on cite la fabrication de machines et équipements, la fabrication de produits métalliques, à l’exception des machines et des équipements ainsi que la branche de la fabrication d’équipements électriques. «Une meilleure allocation dans ces branches, malgré la part réduite qu’elles représentent dans la valeur ajoutée, peut contribuer à une augmentation de leur production de plus de 200%», estime le HCP dans ce sens. Notons que l’analyse des sources à l’origine de ces distorsions suggère plusieurs facteurs dont l’accès au foncier, la concurrence de l’informel, la réglementation du marché du travail et la corruption.









