Selon les perspectives du HCP : Une croissance supérieure à 4% prévue au T4-2021

Selon les perspectives du HCP : Une croissance supérieure à 4% prévue  au T4-2021

La dernière note de conjoncture du Haut-commissariat au Plan incite à l’optimisme. Au quatrième trimestre 2021, la croissance économique sera de 4,3% au lieu du recul de 5,1% enregistré à la même période de l’année dernière.

Cette amélioration est attribuée à la hausse de 18,5% de la valeur ajoutée agricole et de 2,5% de celle des activités hors agriculture. Les perspectives économiques pour le quatrième trimestre 2021 anticipent également une progression de 3% (en variation annuelle) de la demande mondiale adressée au Maroc. Pour le quatrième trimestre à la suite, la demande intérieure nationale poursuivrait son redressement tiré par le raffermissement des dépenses des ménages, notamment en biens alimentaires et manufacturés et par l’accroissement des dépenses de restauration, des services de loisirs et de transport. Tour d’horizon des principaux indicateurs du troisième trimestre 2021.

Dynamique du secteur agricole

«Après avoir progressé de 15,2% au deuxième trimestre 2021, l’économie nationale se serait raffermie de 5,9% au troisième trimestre, portée par un accroissement de 4,2% de la valeur ajoutée hors agriculture et par une augmentation de 19,6% de celle de l’agriculture», fait savoir la même source. La production végétale serait restée le premier moteur de cette performance en raison d’un accroissement des récoltes de céréales, des maraîchères de saison et de l’arboriculture fruitière, dans un contexte de hausse de la demande des industries locales agroalimentaires. La dynamique du secteur agricole se confirme aussi à l’export. Depuis mi-2020, les quantités exportées de conserves de légumes et de fruits étaient en hausse continue, passant de 33 et 0,5 mille tonnes respectivement, en moyenne, à près de 52 et 2 mille tonnes, au troisième trimestre 2021. «Le volume des ventes extérieures des produits agricoles frais se serait, également, affermi, notamment celui des tomates, des pastèques et des melons. Au total, la contribution des cultures à la croissance agricole se serait améliorée comparativement au trimestre précédent, parallèlement au renforcement de celle des filières animales», expliquent les experts du HCP. Par ailleurs, la reprise de la production avicole se serait renforcée, avec une progression de 52%, en variation annuelle, de l’effectif des poussins d’un jour type chair. De même, la collecte du lait se serait confortée, profitant du redressement de la production locale des aliments pour les vaches laitières, notamment l’orge et la pulpe sèche de betterave.

Bonne tenue des activités minières

«La croissance des activités secondaires aurait, quant à elle, ralenti, portant sa contribution à la croissance du PIB à 1 point. La valeur ajoutée industrielle aurait crû de 3,5%, après +22,8% un trimestre auparavant. Les activités de la construction auraient, pour leur part, affiché une hausse de 7,1%, dans un contexte d’amélioration des transactions immobilières», souligne ladite note. Concernant les activités minières, elles se seraient redressées de 3,7% au T3-2021 au lieu de -1,1% un trimestre plus tôt. L’extraction des minerais métalliques se serait améliorée, dans un contexte de hausse des prix à l’export des métaux de base, alors que celle des minerais non métalliques ne se serait renforcée qu’à partir du mois d’août 2021, en ligne avec le redressement de la production du phosphate brut, rapporte la même source.

Hausse de la production locale du phosphate brut

L’expansion soutenue de la demande internationale des engrais phosphatés, alimentée en 2020 par les craintes d’insuffisance des approvisionnements alimentaires dans le sillage de la crise de Covid-19 et la relance des politiques agricoles, aurait été tempérée dès le printemps 2021. «Les prix des engrais auraient augmenté à un rythme soutenu, rendant leur utilisation dans l’agriculture plus coûteuse au niveau mondial comparativement à 2020. La hausse des taux de fret et les réglementations environnementales auraient, également, pesé sur la croissance de la demande mondiale des fertilisants. Cet environnement plutôt morose aurait pénalisé les activités des industries locales de fabrication des engrais phosphatés, mais leur ralentissement aurait été de courte durée, avec une reprise de leurs exportations qui aurait stimulé une augmentation de la production locale du phosphate brut de 5,6% au troisième trimestre 2021, en variation annuelle», précisent les experts du HCP.

Ralentissement des crédits immobiliers et des crédits à la consommation

Au titre du troisième trimestre 2021, la masse monétaire est en évolution de 7% (après +7,4% un trimestre auparavant, en glissements annuels). «Le besoin de la liquidité des banques se serait infléchi, à la suite du repli de la circulation fiduciaire. Bank Al-Maghrib aurait, ainsi, réduit le volume de ses financements aux banques, tout en adaptant le mécanisme de ses interventions. Les avoirs officiels de réserve auraient progressé de 7,6%, tandis que les créances nettes sur l’administration centrale auraient décéléré, marquant une hausse de 9,7% de l’endettement monétaire du Trésor», révèle le HCP dans sa note. Il en ressort également que la croissance des créances sur l’économie aurait décéléré. «Leur encours aurait augmenté de 4,4%, au troisième trimestre 2021, au lieu de +4,8% un trimestre plus tôt. Cette évolution serait attribuable notamment au ralentissement des crédits immobiliers et des crédits à la consommation des ménages», indique la même source ajoutant par ailleurs que les taux d’intérêt sur le marché interbancaire se seraient stabilisés à 1,5%, soit le même niveau que le taux directeur de Bank Al-Maghrib.

La consommation des ménages se raffermit de 5,6%

La demande intérieure aurait poursuivi son redressement pour le troisième trimestre successif, après avoir régressé au cours de l’année 2020. «La consommation des ménages se serait raffermie de 5,6%, au troisième trimestre 2021, portée par la hausse des achats de biens alimentaires, manufacturés et de services de transport, de restauration et de loisirs», selon le HCP. Pour ce qui est du rythme de croissance des prix à la consommation, il aurait légèrement décéléré, se situant à +1,3%, en glissement annuel, au lieu de +1,6% un trimestre plus tôt. Cette évolution est attribuée notamment à la détente des prix des produits alimentaires (+0,3%, après +0,9% au trimestre précédent) et, dans une moindre mesure, de la légère décélération de ceux des produits non alimentaires (+1,8%, après +2,1%).

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