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Seulement 8% de femmes rurales ont une propre activité génératrice de revenu

Seulement 8% de femmes rurales ont une propre activité génératrice de revenu

Une vision pour leur autonomisation économique

Cette vision holistique se veut de «renforcer voire débloquer les opportunités économiques en faveur des femmes rurales». Elle est, de plus, destinée à développer et renforcer leurs compétences techniques tout en offrant une promotion de l’inclusion financière pour la résilience des ménages et le développement des activités génératrices de revenus.

«Ce sont seulement 8% de femmes rurales qui ont leur propre activité génératrice de revenu et un pouvoir de décision sur celui-ci». Ce taux, qui englobe également les femmes qui ont accès aux revenus du ménage et en ont le pouvoir de décision, est précisé, mercredi à Rabat, lors de la présentation du diagnostic de la vision et feuille de route nationale de l’Initiative nationale pour l’autonomisation économique de la femme rurale intervenant dans le cadre de la collaboration entre le ministère de l’inclusion économique, Bank Al-Maghrib, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, l’Alliance pour l’inclusion financière et la Fletcher School.

18% de femmes contribuent aux revenus du ménage

Il ressort également de ce diagnostic que 18% des femmes rurales contribuent aux revenus du ménage dont celles qui ont un certain niveau de pouvoir de décision. Et ce n’est pas tout ! «Ce sont aussi 74% de femmes qui ont un faible niveau de pouvoir de décision et qui sont également dépendantes financièrement», détaille le diagnostic. Mieux encore, cette étude préconise de préparer les femmes rurales pour une activité économique durable via les dimensions formation, économique et d’inclusion financière. L’objectif ultime étant de finaliser cette feuille de route en planifiant des expériences pilotes.

Aperçu de la vision pour l’autonomisation

Telle que présentée sur place, cette vision propose des facteurs clés de succès. Il s’agit entre autres de «la mise en œuvre des mesures ciblées compte tenu des profils des femmes rurales identifiées dans le cadre de la phase de diagnostic». Il est, en outre, question, tel que le recommande cette vision, d’adopter «une approche holistique et progressive pour atteindre l’objectif d’autonomisation économique». Le tout en s’appuyant sur la communication auprès des femmes rurales et leurs communautés pour accélérer les changements. Aussi, cette vision holistique se veut de «renforcer voire débloquer les opportunités économiques en faveur des femmes rurales». Elle est, de plus, destinée à développer et renforcer leurs compétences techniques tout en offrant une promotion de l’inclusion financière pour la résilience des ménages et le développement des activités génératrices de revenus. Quant à l’approche pour la mise en œuvre, elle se base sur le «test & learn» pour identifier les clés de succès des initiatives et des interventions coordonnées des parties prenantes. De même, des expériences pilotes seront, dans le cadre de cette vision, identifiées par profil de femmes rurales pour tester les actions phares comme l’agriculture solidaire nouvelle génération, la création d’une plate-forme numérique pour la commercialisation des produits de femmes rurales. Les exemples de ces actions phares comprennent également l’idée de pousser plus loin les modèles alternatifs d’inclusion financière outre le lancement d’un programme de sensibilisation.

Programmes en cours

Intervenant en premier lors de cette rencontre de présentation, le secrétaire général du ministère de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Noureddine Benkhalil, met en avant des programmes en cours. C’est le cas des chantiers écoles rentrant dans le cadre du programme «Awrach» pour accompagner l’insertion de la femme. «Il va falloir travailler sur le développement de la proximité», avance l’orateur qui s’exprime sur la multiplication d’espaces emplois avec les collectivités territoriales, les bailleurs de fonds et la coopération internationale. A propos de la promotion de l’emploi des femmes dans le rural, il cite l’exemple des unités mobiles dans les douars. «En termes de législation, le contrat à temps partiel pour le travail des femmes, c’est bien engagé », enchaîne-t-il. L’intervenant, qui relève également un programme d’accompagnement pour les coopératives, estime que «le grand problème à traiter est celui culturel». De son côté, le DG de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza, indique : «Nous savons que la pandémie de Covid-19 a exacerbé les difficultés des populations vulnérables en affectant de manière disproportionnée les femmes. Nous savons aussi que les crises alimentaires et les changements climatiques impactent plus lourdement les femmes qui vivent dans le monde rural».

Au niveau de la banque centrale, le projet d’autonomisation économique des femmes rurales a été lancé, tel qu’il le rappelle, en 2019. D’où deux études avec l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI) et l’institut international Fletcher School. M. Bouazza évoque également que la Stratégie nationale d’inclusion financière a été adoptée en 2019 par la banque centrale et le ministère de l’économie et des finances qui fait des femmes et des ruraux parmi les cibles prioritaires. «Le niveau de détention de comptes enregistre des écarts significatifs entre les genres et entre l’urbain et le rural qui s’élèvent à 23% (vs 25% en 2017) et 17% respectivement», détaille-t-il. Pour son déploiement, cette stratégie a, tel qu’il l’explicite, défini des catalyseurs spécifiques à même de favoriser l’inclusion financière des populations cibles dont l’infrastructure bancaire et parabancaire, la réglementation, l’innovation et la digitalisation. Pour sa part, le directeur de la BERD au Maroc, Antoine Sallé de Chou, livre un constat alarmant en s’appuyant sur les chiffres présentés par le diagnostic. «Investir dans l’autonomisation économique des femmes est un levier pour réduire la pauvreté», estime-t-il. Par la même occasion, il ressort «Women in business» de la BERD de l’ordre de 20 millions d’euros. «C’est un programme que nous sommes en train d’élargir», annonce-t-il.

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