La capacité des barrages s’est renforcée depuis le mois de septembre jusqu’à présent, avec des importations supplémentaires ayant atteint un total de 646 millions de mètres cubes.
Stress hydrique : Les dernières pluies ont permis de ramener le déficit hydrique de 70 à 57% par rapport aux années normales. Cela dit, les réserves des barrages se situent actuellement à 3,7 milliards de mètres cubes contre 5 milliards de mètres cubes enregistrés l’année dernière.
Le ministre de l’équipement et de l’eau, Nizar Baraka, a dressé un état des lieux de la situation hydrique au Maroc, lundi 22 mars, à la Chambre des représentants. Le ministre a indiqué devant les députés que les dernières précipitations ont permis de ramener le déficit hydrique de 70 à 57% par rapport aux années normales et à 37% par rapport à l’année dernière. Malgré cette amélioration, le taux de remplissages des barrages n’est actuellement que de 23,2% alors qu’à la même période de l’année dernière ce taux était établi à 31,7%. M. Baraka a précisé que la capacité des barrages s’est renforcée depuis le mois de septembre jusqu’à présent, avec des importations supplémentaires ayant atteint un total de 646 millions de mètres cubes. Les réserves des barrages se situent actuellement à 3,7 milliards de mètres cubes contre 5 milliards de mètres cubes enregistrés l’année dernière. Par ailleurs, le ministre a signalé que son ministère a procédé à l’exploitation de nombreux barrages dans les régions de Tiddas, Toudgha, Fask, Agdez et Zagora. Le ministre a fait savoir que les barrages de Ghriss, Amdaz et Koudyat El Berna à Sidi Kacem seront exploités cette année et il sera procédé à l’accélération de la réalisation de 13 autres barrages en cours de construction. S’agissant de l’exploitation de l’eau des barrages, le ministre a annoncé la mise en place dans les barrages les plus importants de pompes flottantes en vue d’être utilisées dans l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable, ce qui permettra de faire face aux problématiques actuelles. A ceci s’ajoute la réalisation de plusieurs forages exploratoires pour l’approvisionnement en eau potable. Concernant l’accélération des stations de dessalement, M. Baraka a indiqué que la convention signée en avril dernier avec l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) pour les villes de Safi et El Jadida permettra de fournir 100% d’eau potable à partir du dessalement. A ce sujet, le ministre a estimé qu’il s’agit d’un ouvrage majeur qui contribuera à réduire la pression sur le barrage Al Massira et garantira l’approvisionnement en eau potable des populations de la région
Accélération de la construction des stations de dessalement
M. Baraka a aussi mis l’accent sur l’accélération de la construction des stations de dessalement. L’ouverture de la station de Casablanca est prévue au cours des prochaines semaines. La station de Sidi Ifni sera réalisée courant 2024 et celle de Dakhla en 2025, ainsi que les travaux d’agrandissement de la station d’Agadir à l’horizon 2026. Le ministre a aussi indiqué que les travaux de neuf autres stations seront lancés au cours de cette année ou le début de l’année prochaine. M. Baraka a signalé que plus de 42 stations mobiles sont en cours d’utilisation, outre l’acquisition de 20 nouvelles stations et de trois grandes stations mobiles de dessalement d’une capacité de 100 litres/seconde qui seront fournies à Taghazout outre les stations d’eau saumâtre à El Kelaâ des Sraghna, Zagora, Taza, Sidi Kacem, Khémisset, Settat, Berrechid, Boujdour, Khénifra, Tinghir et Tan-Tan, ainsi que les stations qui seront mises à disposition dans des régions à Al Hoceima. Le ministre a aussi insisté sur le renforcement de l’approvisionnement en eau potable pour le monde rural par le biais de camions-citernes et l’économie d’utilisation d’eau. Des mesures ont été prises pour limiter le gaspillage d’eau, la recherche de fuites d’eau dans les canaux, l’arrêt de l’utilisation de l’eau potable pour les espaces verts avec plus de 370 infractions constatées par la « police des eaux».
Lancement d’une nouvelle campagne de sensibilisation
Le ministre a estimé que la problématique de la pénurie d’eau est structurelle et nécessite un changement des pratiques quotidiennes.Concernant les programmes de sensibilisation relatifs à l’économie de l’utilisation de l’eau, M. Baraka a signalé le lancement par le ministère d’une nouvelle campagne de sensibilisation, basée sur la mise en avant de la situation actuelle tout en expliquant les difficultés posées et en clarifiant les mesures à entreprendre pour économiser l’eau et mettre fin à son gaspillage. Le ministre a insisté sur «un effort collectif» des citoyens et des acteurs dans le domaine agricole en économisant l’utilisation de l’eau. Il a mis l’accent sur l’effort déployé à travers le goutte-à-goutte qui permettra d’atteindre un million d’hectares, appelant les petits et grands agriculteurs à se mobiliser et à s’engager dans cette perspective. S’agissant du secteur industriel, M. Baraka a salué les efforts déployés par OCP à travers le dessalement et le traitement des eaux usées, notant que pour les villes de Safi et El Jadida, «100 millions de mètres cubes, qui étaient destinés à l’industrie d’OCP, ont été économisés et seront mis à la disposition de l’irrigation ou de l’alimentation en eau potable». M. Baraka a appelé les différents acteurs opérant dans l’industrie à tenir compte de l’efficience hydrique et énergétique en utilisant l’eau traitée ou le dessalement de l’eau. Les collectivités territoriales sont invitées, à leur tour, à s’impliquer dans cet élan.
Le Maroc au bord de la pénurie absolue en eau
Rapport Dans son rapport sur le climat et le développement, la Banque mondiale avait indiqué que le Maroc est l’un des pays les plus pauvres en eau au monde et se rapproche rapidement du seuil de pénurie absolue en eau fixé à 500 m3 par personne et par an.
Le World Resources Institute avait publié une carte montrant les pays qui souffriront le plus du manque d’eau d’ici 2040. L’Institut a placé en risque «extrêmement élevé» de pénurie d’eau 17 pays, parmi lesquels figurent le Maroc, l’Espagne, l’Algérie, la Tunisie, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, la Palestine, Israël, Oman, le Liban, l’Irak, la Syrie, la Jordanie ou encore le Pakistan.
Les projections du World Resources Institute pour 2040 révèlent que la raréfaction des ressources en eau est amenée à s’aggraver. En effet, face à une demande en eau sans cesse croissante, les ressources restent de plus en plus limitées.










