Solidité financière : Le Maroc s’en sort mieux que prévu

Solidité financière : Le Maroc s’en sort mieux que prévu

Impacts macroéconomiques de la Covid-19

Riposte face à la Covid-19, relance, prévisions macroéconomiques… autant de données analysées lors du webinaire «Perspectives économiques pour le Maroc et l’Allemagne en 2021 dans le contexte de Covid-19», organisé le 16 février 2021 par la Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc. A cette occasion, Javier Diaz Cassou, économiste principal de la Banque mondiale au Maroc, a dévoilé quelques éléments saillants sur les projections attendues pour le pays.

Confiance des investisseurs

Après avoir rappelé l’évolution de la crise sanitaire de la Covid-19 au Maroc durant 2020 précisant que le Maroc a déployé des mesures parmi les plus restrictives face à la pandémie selon «Stringency Index» de l’Université d’Oxford, l’expert est revenu sur les impacts prononcés de la crise sur les ménages, le creusement du déficit budgétaire et ses conséquences sur la croissance économique. Il a néanmoins expliqué que le Maroc a maintenu un bon accès aux financements internationaux, ce qui explique l’augmentation des réserves internationales. Il a aussi relevé un comportement plus résilient que prévu du compte courant. De même, la propagation financière de la crise a été transitoire, «ce qui témoigne du niveau de confiance des investisseurs internationaux à la solidité macroéconomique du Maroc», indique Javier Diaz Cassou, soulignant aussi la quasi-absence de la pression sur le taux de change.
Comparativement au reste du monde, la contraction en termes de croissance prévue en 2020 était moins forte pour le Maroc que tous les pays de son entourage (Sud de la Méditerranée : Algérie, Tunisie ainsi que les pays du nord de la Méditerranée : la France, l’Espagne et l’Italie).
Pareillement pour le creusement du déficit budgétaire qui était moins accentué que le reste des pays de la région. «Ceci témoigne de la prudence fiscale avec laquelle le gouvernement a répondu à la crise de Covid-19», précise-t-il.

Particularité du Maroc : Des mesures urgentes et des réformes à effet long terme

Les prévisions de la Banque mondiale pour 2021 se basent sur la réponse du gouvernement à cette crise. Pour l’expert, c’est important de faire la distinction entre les mesures urgentes de la Covid-19 et les mesures à long terme que les autorités marocaines ont prises. A titre d’urgence le Maroc a pris par exemple des mesures de renforcement du dispositif médical, transferts pour travailleurs du secteur formel et informel, soutien des entreprises (allègement des charges, garanties : Damane Oxygène) ou encore une politique monétaire accommodante et injections de liquidité. Parallèlement à cela le pays s’est engagé dans l’universalisation de l’AMO, la réforme du système de protection sociale (allocations familiales, chômage, pensions), le soutien aux entreprises (garanties : Damane Relance/réforme CCG, capitalisation : Fonds MVI), appui à l’investissement à travers le Fonds MVI, ou encore d’autres réformes comme celles relatives : aux entreprises publiques, au climat des affaires et à l’insertion dans l’économie mondiale. «Nous pensons que s’il y a quelque chose de particulier dans le cas marocain, c’est la prédisposition que les autorités ont eue à transformer ces mesures d’urgence en des réformes structurelles qui auront des effets à long terme», relève l’économiste principal de la Banque mondiale au Maroc.

Une stratégie de relance ambitieuse du Maroc

Plusieurs des mesures prises par le Maroc durant cette période de crise pourraient avoir des effets positifs sur la croissance de l’économie à long terme. Cela concerne particulièrement le renforcement du capital humain, les mesures prises pour faciliter l’accès au financement et l’amélioration du climat des affaires. Si l’on compare l’ampleur de la stratégie de relance marocaine et les stratégies de relance menées un peu partout dans le monde, «le Maroc est dans une situation intermédiaire». La moyenne des plans de relance dans les économies émergentes et des pays en développement représente en termes de PIB plus ou moins 6%, presque la moitié du plan de relance marocain (11% du PIB).

Les indicateurs de hautes fréquences en amélioration

Le rebondissement (croissance de PIB réel) devrait être plus prononcé au Maroc, selon les prévisions macroéconomiques de la Banque mondiale. Par ailleurs, la stratégie marocaine de vaccination marocaine qui a démarré «est solide», selon l’expert. Près de 80% des Marocains pourraient être vaccinés durant le premier semestre de 2021, ce qui devrait aider à la reprise économique cette année. Un autre signe de relance est le taux d’utilisation des capacités industrielles (produit par Bank Al-Maghrib) qui montre un retour au niveau de 2018 et de 2019. Pour ce qui est du secteur du BTP, il est en train de prendre de l’élan. Du côté des activités de refinancement (banque centrale, celles-ci ont fléchi durant ces dernières semaines, ce qui signifie qu’elles commencent à s’aligner sur les mêmes tendances d’avant-Covid. «Le besoin de liquidités des banques marocaines est en train de se réduire», souligne-t-il ajoutant que c’est un signe que la situation est en cours de stabilisation.

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