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Souss Massa : Le défi d’un développement mieux réparti

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L’enjeu n’est plus seulement d’investir davantage, mais d’investir de manière plus juste.

Ambition : La région Souss Massa veut mieux répartir l’investissement entre ses différents territoires. Les projets engagés ciblent à la fois l’activité économique, les services et l’inclusion. Le vrai enjeu est de transformer ces investissements en équilibre.

Comment faire en sorte que la croissance ne profite pas seulement aux zones les plus attractives, mais irrigue aussi les espaces moins favorisés. C’est désormais autour de cette problématique que se lit l’action publique dans le Souss Massa. Derrière les chantiers engagés par le Conseil régional Souss Massa, ce qui se joue en réalité, c’est une tentative de mieux redistribuer les opportunités, les services et les équipements à l’échelle régionale.

Cette ambition se lit d’abord dans le champ des services essentiels. Le soutien prévu pour l’offre de santé à Chtouka Aït Baha rappelle que les disparités territoriales ne se mesurent pas seulement en zones d’activités ou en infrastructures visibles, mais aussi dans l’accès quotidien aux soins. Le recours à des médecins généralistes et à des caravanes médicales traduit une réponse pragmatique à un déficit d’offre. Plus largement, il révèle une idée simple : il ne peut y avoir de développement réellement intégré si les services de base restent inégalement répartis d’un territoire à l’autre.
Le même raisonnement vaut pour la formation. L’institut spécialisé en technologie appliquée prévu à Aït Amira dépasse largement le seul registre de l’équipement. Il pose la question de l’adéquation entre les besoins de l’économie régionale et les compétences produites localement. Dans une région en mutation, l’attractivité ne repose plus uniquement sur le foncier, les routes ou les infrastructures. Elle dépend aussi de la capacité à former sur place les profils dont les entreprises auront besoin demain. La bataille du rééquilibrage se joue aussi sur ce terrain.

Sur le plan économique, l’action régionale semble reposer sur un double mouvement. D’un côté, il s’agit d’ouvrir de nouveaux espaces d’accueil pour l’activité, comme à Aït Baha, afin de rapprocher l’investissement des bassins de vie qui restent à l’écart des grands flux. De l’autre, la région cherche à consolider des tissus déjà existants mais fragiles, à l’image du programme Bab Al Marsa, qui vise à accompagner de petites structures liées au tourisme dans leur équipement, leur gestion et leur structuration commerciale. Dans un cas, on crée les conditions d’un ancrage économique. Dans l’autre, on tente d’éviter que l’activité existante ne reste précaire.

Cette lecture territoriale du développement apparaît encore plus nettement avec le programme « Moazara ». Ici, la région ne cible pas les grands opérateurs, mais les coopératives, les associations et les réseaux locaux, avec une attention particulière pour les femmes rurales. Le choix est significatif. Il traduit la volonté de faire de l’économie sociale et solidaire autre chose qu’un simple prolongement du social. L’objectif est de l’inscrire dans une logique économique plus solide, capable de créer des revenus durables et de stabiliser des activités souvent cantonnées à la survie.
Le sport, lui aussi est mobilisé comme un levier d’aménagement. La réhabilitation du stade Ahmed Fana à Dcheira El Jihadia et surtout la création du stade de Tikouine à Agadir participent d’une stratégie qui dépasse la seule infrastructure. Il y a derrière ces projets une dimension d’encadrement de la jeunesse, de structuration urbaine et d’attractivité locale. Mais dans ce domaine, l’enjeu ne se limite jamais au chantier lui-même. Un équipement n’a de portée territoriale que s’il produit de vrais usages, de l’activité autour de lui et une insertion dans son environnement.

Ce qui ressort au fond de l’ensemble de ces projets, c’est une tentative de traiter plusieurs formes de déséquilibres à la fois. Déséquilibres d’accès aux services, de capacité d’accueil économique, de qualification, de soutien aux petites activités ou d’équipements collectifs. C’est la raison pour laquelle la région intervient sur plusieurs fronts simultanément. La dispersion n’est qu’apparente. En réalité, ces opérations renvoient à une même préoccupation : faire en sorte que la croissance ne reste pas concentrée sur quelques centralités déjà fortes.
Réduire les écarts, créer de l’emploi là où il manque, rapprocher les services des populations, former les compétences utiles et consolider les bases économiques locales : voilà donc comment l’investissement public a changé d’échelle dans le Souss Massa. Car aujourd’hui, l’enjeu n’est plus seulement d’investir davantage, mais d’investir de manière plus juste.

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