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Souveraineté, logistique, compétitivité : L’ANP prépare son plan stratégique 2035

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Les ports sont devenus des leviers essentiels de compétitivité économique, de continuité des approvisionnements, d’intégration territoriale et d’attractivité des investissements.

Ports : LAgence nationale des ports (ANP) a lancé une étude en vue d’élaborer son projet stratégique à l’horizon 2035. Cette feuille de route vise à définir une vision intégrée du système portuaire national, à renforcer les complémentarités entre les ports, à clarifier le rôle de l’ANP et à améliorer la compétitivité et l’attractivité des infrastructures portuaires. La stratégie devra également répondre aux nouveaux défis liés à la souveraineté logistique, à la résilience des chaînes d’approvisionnement, à la transition énergétique et numérique, ainsi qu’aux mutations du commerce maritime mondial.

L’Agence nationale des ports (ANP) prépare sa feuille de route. En effet, elle vient de lancer une étude destinée à élaborer son projet stratégique à l’horizon 2035, avec l’ambition de doter l’institution d’une vision intégrée, prospective et cohérente de l’évolution du système portuaire national au cours de la prochaine décennie. Dans cette perspective, l’Agence entend préciser son positionnement stratégique, hiérarchiser ses priorités, renforcer les complémentarités entre les ports, les territoires et les différents segments d’activité, tout en améliorant l’attractivité de l’offre portuaire nationale. L’objectif étant également de traduire cette vision en programmes d’action, dispositifs de gouvernance et outils de pilotage adaptés aux profondes mutations que connaît le secteur. Le futur projet stratégique devra notamment définir une vision partagée à l’horizon 2035 pour l’ANP et les ports relevant de son périmètre, clarifier les missions de l’Agence, renforcer son rôle d’autorité portuaire nationale et de fédérateur de la communauté portuaire, tout en proposant une feuille de route opérationnelle pour la mise en œuvre de cette stratégie.

Les ports marocains constituent aujourd’hui, selon l’ANP, bien plus que de simples infrastructures de transit. Situés au cœur des échanges extérieurs du Royaume et des chaînes logistiques internationales, ils sont devenus des leviers essentiels de compétitivité économique, de continuité des approvisionnements, d’intégration territoriale et d’attractivité des investissements. Dans ce contexte, la performance portuaire ne peut plus être évaluée uniquement à travers les capacités physiques des infrastructures. Elle repose désormais sur un ensemble de facteurs tels que la qualité des services, l’interconnexion logistique, la résilience des installations, l’efficacité économique, la durabilité et la valeur créée pour les entreprises comme pour les territoires. L’Agence estime ainsi que le système portuaire national est engagé dans une profonde phase de recomposition, portée par la poursuite de la stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030, l’émergence de nouveaux projets structurants, ainsi que l’évolution des modes de gouvernance et de gestion des infrastructures. Cette transformation se traduit par le lancement ou la préparation de plusieurs grands projets dans les ports relevant de l’ANP, mais aussi par l’apparition de nouveaux schémas de financement et de partenariat pour le développement des infrastructures.

Dans ce sens, l’Agence considère nécessaire de revoir, à l’échelle nationale, la répartition des rôles entre les différents ports, de renforcer leurs complémentarités et de mieux articuler leur développement avec les corridors logistiques, les ports secs et les arrière-pays. L’Agence considère qu’elle devra accompagner ces évolutions afin d’anticiper les futures reconfigurations du paysage portuaire marocain. Celles-ci devraient entraîner une nouvelle géographie des flux, une redistribution des fonctions portuaires ainsi qu’une montée des exigences en matière de qualité de service, de performance et de résilience. En plus des enjeux opérationnels, l’Agence inscrit cette réflexion dans les grandes orientations économiques du Royaume. Le développement des infrastructures stratégiques, la valorisation des territoires, le renforcement de la souveraineté économique et logistique ainsi que l’intégration des provinces du Sud figurent parmi les principaux axes qui guideront la future stratégie.

L’ANP rappelle également que son action s’inscrit dans un environnement marqué par la régionalisation avancée, le Nouveau modèle de développement, la politique actionnariale de l’État, les stratégies sectorielles ainsi que les politiques de promotion de l’investissement et de compétitivité logistique. Ces évolutions exigent une meilleure articulation entre les politiques portuaires et les objectifs nationaux de transformation économique et de cohésion territoriale. Par ailleurs, l’ANP souligne qu’elle est engagée dans une trajectoire de transformation institutionnelle qui impose davantage de clarté stratégique, de cohérence dans son positionnement et de pilotage orienté vers les résultats.

Le futur projet stratégique 2035 devra ainsi fédérer les nombreuses études déjà réalisées ou en cours afin de construire une vision globale du développement portuaire. L’ANP prend également en considération les enjeux croissants de souveraineté stratégique. La sécurisation des trafics essentiels, la continuité des approvisionnements et la capacité du système portuaire à proposer des solutions alternatives en cas de perturbation ou de saturation des flux constituent désormais des priorités majeures. Cette réflexion implique une analyse approfondie des vulnérabilités du système, des dépendances logistiques et des capacités organisationnelles nécessaires pour renforcer la résilience des infrastructures portuaires. L’Agence souligne que les évolutions internationales rendent cet exercice de planification encore plus indispensable. La recomposition des chaînes logistiques mondiales, les tensions géopolitiques, les exigences environnementales, les transitions énergétique et numérique ainsi que le renforcement des normes internationales en matière de sûreté, de cybersécurité et de qualité de service imposent une adaptation continue du système portuaire marocain.

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