Station de dessalement de Chtouka : L’état d’avancement présenté aux agriculteurs

Station de dessalement de Chtouka : L’état d’avancement présenté aux agriculteurs

La nappe accuse un déficit d’environ 60 millions m3 par an

Ce projet est composé de deux piliers interdépendants : la sauvegarde de la nappe par la mise en place du décret et la production d’eau dessalée pour l’irrigation du périmètre irrigué, en substitution des volumes sur-prélevés sur la nappe.

Une rencontre de communication sur le projet de la station de dessalement de l’eau de mer et sur le décret n°2-17-596 portant délimitation du périmètre de sauvegarde de Chtouka et déclarant l’état de pénurie d’eau à l’intérieur de ce périmètre a été organisée récemment à Belfaâ.

Organisée conjointement par l’Office régional de mise en valeur agricole du Souss-Massa (ORMVASM) et l’Agence du bassin hydraulique Souss-Massa-Drâa (ABHSMD), cette rencontre a été marquée par la présentation de l’état d’avancement de ce projet très attendu par les agriculteurs de cette province, et le rôle qu’il devra jouer dans la protection de la nappe de Chtouka, ainsi que ses effets pour sauver le secteur agricole dans cette zone qui souffre de plus en plus de pénurie d’eau.

En effet, surexploitée, la nappe de Chtouka  accuse un déficit d’environ 60 millions m3 par an, calculé comme la différence entre le volume renouvelable de la nappe et les prélèvements effectués sur cette dernière. Ceci crée un risque majeur pour la poursuite de l’activité agricole dans la région. Cette surexploitation de la nappe entraîne également une avancée du biseau salé dans les terres, détériorant fortement la qualité de l’eau pompée.

Le projet de Chtouka, initié par le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts à la demande des agriculteurs et de leurs associations, est composé de deux piliers interdépendants : la sauvegarde de la nappe par la mise en place du décret et la production d’eau dessalée pour l’irrigation du périmètre irrigué, en substitution des volumes sur-prélevés sur la nappe. Premier projet de cette nature en Afrique, il s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le MAPMDREF et un délégataire privé, la société Aman El Baraka.  Notons que la plaine de Chtouka, étalée sur 1.600 km2, relève de la région du Souss-Massa.

Elle dépend administrativement de la province Chtouka-Ait Baha dont la population est de 371.102 habitants avec 257.571 ruraux (70%) et 113.531 urbains (30%) selon le RGPH de 2014 (HCP). Celle-ci se caractérise par une activité agricole particulièrement bien développée et constitue même la première région primeuriste du pays.  Les tomates de Chtouka- Aït Baha et les agrumes de qualité supérieure sont le résultat d’une agriculture moderne qui n’a cessé de s’imposer sur le plan international. C’est une agriculture orientée vers l’exportation et qui fait du Souss-Massa une région compétitive ouverte sur le reste du monde. Exportatrice vers l’Union européenne, l’Amérique du Nord et la Russie entre autres, la province dispose de stations d’emballage de primeurs de premier plan. L’agriculture moderne au niveau de cette plaine qui génère des entrées considérables en devises occupe une main-d’œuvre importante et permet le développement de l’industrie agroalimentaire. On estime ainsi que 100.000 emplois sont concernés.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *