Substitution à l’importation : Un potentiel de 42,4 milliards DH

Substitution à l’importation :  Un potentiel de 42,4  milliards DH

70% des objectifs de la banque de projets du ministère de l’industrie atteints

«Il est aujourd’hui essentiel de faire en sorte que les secteurs productifs soient plus attractifs en instaurant un cadre favorable et en mettant en place des incitations et un accompagnement adéquat».

Coût de la matière propre, production énergétique, foncier et accès au financement… Autant de problématiques qui se sont accentuées sur la sphère industrielle à cause de la Covid-19. Des défis qui persistent toujours et demandent de la part des professionnels une agilité et du secteur une transformation profonde pour suivre les mutations qui s’opèrent au niveau des chaînes de valeur mondiales. Ces enjeux ont été discutés lundi 6 décembre lors de la rencontre tenue par les membres de la CGEM et Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce.

Une occasion pour le secteur privé de souligner l’importance du tissu industriel dans cette phase de relance. «L’avenir de notre économie est dans l’industrie. Beaucoup de gens ont déserté l’industrie ces dernières années pour aller vers le commerce et l’immobilier. Je pense qu’il est temps de redonner toute sa splendeur au secteur, c’est ce qui nous permettra de redonner toute l’énergie qu’il faut pour notre économie», souligne dans ce sens Chakib Alj, président de la CGEM. Et d’ajouter qu’«il est aujourd’hui essentiel de faire en sorte que les secteurs productifs soient plus attractifs en instaurant un cadre favorable et en mettant en place des incitations et un accompagnement adéquat. Les orientations sont bien lancées et la volonté est là. Il est temps de passer à la vitesse supérieure pour ne pas manquer la fenêtre de tir qui s’offre à nous».

Rebondissant sur ce point, Ryad Mezzour rassure quant à l’engouement que manifestent aussi bien les investisseurs étrangers que marocains pour le secteur. Un retour qui selon le ministre se matérialise par les derniers chiffres de l’investissement privé. Le progrès atteint en termes de substitution à l’importation confirme cette tendance. Le ministre a dans ce sens dressé le bilan de la banque de projets à fin septembre 2021. On recense dans ce sens 683 projets retenus représentant un potentiel de substitution de l’ordre de 42,4 milliards de dirhams et un potentiel à l’export de 53,5 milliards de dirhams. Tenant compte de ces chiffres, les objectifs initialement fixés par la War Room dépassent les 70% actuellement. M. Mezzour relève par ailleurs un constat satisfaisant : 90% de ces projets sont portés par du capital marocain. De même, 70% des investisseurs ont acquis ou sécurisé le foncier. Certains d’entre eux ont même amorcé la phase de construction.

Souveraineté industrielle : Plusieurs paramètres à intégrer

La rencontre de Ryad Mezzour avec le patronat a été une occasion de répondre aux appréhensions du secteur privé mais également de réitérer les engagements de l’Etat en matière de création d’emploi et de souveraineté industrielle. Des objectifs qui selon le ministre ne peuvent se faire sans une approche participative alliant public et privé dans un esprit de codéveloppement. Pour M. Mezzour, le chantier de la souveraineté nationale ouvert dans plusieurs domaines impose à toutes les parties prenantes d’intégrer plusieurs paramètres, notamment le renforcement des capacités de production. Le but étant de répondre aux enjeux qui se présentent à l’instar de la crise des semi-conducteurs qui fait perdre au Maroc entre 10 à 15 milliards de dirhams en export. «Avec la pandémie et tout ce qui s’est passé, le fait de ne pas disposer de principes actifs en termes d’industrie pharmaceutique pourrait nous empêcher de répondre à certains besoins», fait savoir le ministre. Et d’ajouter que «c’est une gestion active de notre stock et notre capacité de production et cette réflexion que nous devrions mener ensemble. Cela nous permettra de répondre aux enjeux prioritaires qui pourraient menacer la souveraineté sanitaire, alimentaire et industrielle de notre pays mais aussi se présenter comme une opportunité pour répondre à des agendas de souveraineté dans la région avec toute la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales qui constituent des opportunités extraordinaires pour notre pays».

Décarbonation, made in Morocco et export ….

Le ministre est également revenu sur les principaux chantiers ouverts sur le plan industriel. Citons en premier la décarbonation qui constitue, selon M. Mezzour, un enjeu de survie pour le tissu industriel, notamment à la veille de la mise en place du Green deal en Europe.
Le ministre assure dans ce sens que des options sont mises sur la table pour ne pas rater ce virage et par conséquent ne pas pénaliser les exportations nationales à court et moyen termes. Ryad Mezzour a également donné un avant-goût de ce qui se prépare en termes de libéralisation du marché de la moyenne tension et la promotion de l’autoproduction en énergie propres. Il ressort que les contrats des premières zones sont en cours de validation. La brèche de la moyenne tension est ainsi ouverte pour un premier secteur dans l’ambition d’atteindre d’autres secteurs prochainement.

«Le territoire de l’énergie est un territoire assez fermé et on est en train d’ouvrir les brèche une par une. C’est un progrès important à mettre dans les points positifs de ce gouvernement et même si ce n’est pas parfait, je vous le concède, on va gagner une bataille», explique Ryad Mezzour. La valorisation du made in Morocco figure également parmi les dossiers sur lesquels se penche le département de l’industrie.

M. Mezzour annonce à cet effet le lancement imminent d’une plateforme ambitieuse qui implique un accompagnement de bout en bout. «Cela ne concerne pas seulement l’export mais également la capacité des Marocains à appréhender et à apprécier le produit marocain», relève-t-on du ministre. Pour ce qui est du déploiement des capacités exportatrices, 1.200 couples produits/marchés ont été identifiés. Des appels à projets seront lancés prochainement favorisant ainsi un accompagnement spécifique pour les entreprises nationales. Cet accompagnement se veut, du point de vue de la tutelle, plus complet couvrant aussi bien les producteurs nationaux que leurs clients. Des lignes de financement dédiées aux clients et distributeurs étrangers seront, en effet, montées afin de les encourager à recourir au produit marocain. Pour ce faire, les dispositions logistiques seront plus souples permettant d’avoir les coûts les plus compétitifs possibles au niveau de l’export.

Une enveloppe budgétaire sera allouée au titre de l’année 2022

Recherche et développement : Des subventions dans le pipe

Parmi les problématiques qui ont été soulevées par le patronat lors de cette rencontre on cite les délais de paiement.

Le président de la CGEM a interpellé le ministre sur l’urgence d’opérationnaliser les engagements pris dans ce sens avec les départements de l’industrie et des finances. Entre-temps, les trois parties s’engagent à allouer une enveloppe budgétaire visant à subventionner la recherche et développement. Cette subvention qui sera accordée au titre de l’année 2022 sera matérialisée par une convention tripartite entre le département de Ryad Mezzour, celui de Nadia Fettah Alaoui et la CGEM.

«Nous estimons que parmi les défis cruciaux et l’avenir de l’industrie marocaine figurent les choix technologiques et l’investissement accru dans la recherche et développement. Notre pays a toutes les capacités pour être précurseur et pionnier dans des domaines aussi stratégiques que l’industrie 4.0, l’intelligence artificielle et l’hydrogène vert», fait savoir Chakib Alj à ce propos. Et de conclure qu’il est essentiel de saisir le potentiel économique de transitions écologique et numérique pour notre industrie, pour cela il faudra que les opérateurs soient accompagnés et soutenus via des incitations et de l’assistance technique».

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