Economie

Sur fond d’inflation maîtrisée : L’économie nationale progresse de 4,9% en 2025

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Aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 6,5% durant l’année 2025 au lieu de 8,7% en 2024, dégageant ainsi une hausse du niveau général des prix de 1,6%.

Comptes nationaux : Malgré un ralentissement de plusieurs branches non agricoles, l’économie nationale a affiché une croissance plus soutenue en 2025. Tirée par le rebond de l’agriculture et le dynamisme de la demande intérieure, elle a progressé de 4,9 % dans un contexte de maîtrise de l’inflation, tandis que le besoin de financement de l’économie s’est davantage creusé.

Le Haut-Commissariat au Plan livre les comptes nationaux provisoires au titre de l’année 2025. Dans l’ensemble, l’économie nationale aurait affiché une bonne dynamique. Une performance réalisée dans un contexte de maîtrise de l’inflation et ce en dépit du ralentissement des activités non agricoles et une aggravation du besoin de financement de l’économie. Elle est portée principalement par le dynamisme de la demande intérieure. Les résultats des comptes nationaux laissent ainsi apparaître une amélioration de la croissance qui s’est établie autour de 4,9% contre 4,4% en 2024. Aux prix courants, le PIB a connu une augmentation de 6,5% durant l’année 2025 au lieu de 8,7% en 2024, dégageant ainsi une hausse du niveau général des prix de 1,6%. En valeur, le produit intérieur brut ressort à 1.720,2 milliards de dirhams contre 1.614,56 milliards de dirhams en 2024. La décomposition du PIB laisse ainsi apparaître une valeur ajoutée totale au prix de base de l’ordre de 1.517,74 milliards de dirhams, dont 172,6 milliards de dirhams générés par le secteur agricole et 1.345,14 hors agriculture. Les impôts sur les produits nets de subventions s’établissent, pour leur part, autour de 202,45 milliards de dirhams. Le produit intérieur brut non agricole s’est élevé à 1.547,59 milliards de dirhams.

Rebond confirmé de la valeur ajoutée du secteur primaire

L’exercice 2025 a été marqué par un rebond de la valeur ajoutée du secteur primaire. Cette dernière a grimpé de 7,1% en 2025 après une contraction de 5,1% en 2024. « Cette amélioration s’explique principalement par la reprise de l’activité agricole, dont la valeur ajoutée a augmenté de 8,2%, après un recul de 5,7% en 2024», commente le HCP dans ce sens. Et d’ajouter : «En revanche, le secteur de la pêche a connu une forte baisse de son activité, son taux de croissance passant d’une hausse de 8,8 % en 2024 à une contraction de 13% en 2025». Pour ce qui est du secteur secondaire, sa valeur ajoutée aurait ralenti en 2025 passant en une année de 3,8% à 3,3%. Une évolution qui reflète les performances contrastées des différentes branches d’activité composant ce secteur, notamment l’industrie d’extraction, dont la croissance est passée de 11,5% à 7,5%. A cela s’ajoute l’industrie manufacturière dont la croissance est revenue à 1,9% contre 2,1% une année plus tôt. Il en est de même pour les secteurs de l’électricité, du gaz, de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets, dont la progression a fortement ralenti, passant de 5,4% à 0,6%. En revanche, le secteur du bâtiment et des travaux publics a vu sa croissance progresser à 6,7% contre 6% en 2024. Le HCP relève également un ralentissement du rythme de croissance de la valeur ajoutée du secteur tertiaire. Le secteur a affiché en 2025 une croissance de 4,3% contre 5,6% en 2024 et ce suite au ralentissement observé dans plusieurs branches d’activité. Citons à cet égard le transport et l’entreposage, dont la croissance a reculé à 4,2% contre 8,5% en 2024 ou encore l’hébergement et la restauration, avec une progression de 7% au lieu de 8,4%. Pour leur part, les activités de recherche et développement ainsi que les services rendus aux entreprises ont vu leur croissance ralentir à 3,7% contre 6% au moment où la branche de l’information et la communication a enregistré une baisse de 0,5%, après une hausse de 2,9%. On note également une croissance de 5,5% des services financiers et des assurances contre 9,1% en 2024 et de 3,4% des services rendus par l’administration publique générale et la sécurité sociale contre 5,9% une année plus tôt. S’agissant des activités non agricoles, leur valeur ajoutée a enregistré, selon le HCP, un affaiblissement de sa croissance affichant à fin 2025 un accroissement de 3,9% en 2025 contre 5,1% en 2024.

La demande intérieure continue de porter la croissance

S’agissant de la demande intérieure, le HCP fait ressortir un ralentissement de son taux d’accroissement ayant progressé de 6,1% en 2025 au lieu de 6,7% en 2024. Sa contribution à la croissance économique nationale est ainsi revenue à 6,6 points contre 7,3 points en 2024. «C’est ainsi que les dépenses de consommation finale des ménages et des ISBLSM ont connu un ralentissement de leur taux d’accroissement passant de 2,9% en 2024 à 1,2% en 2025, avec une contribution à la croissance de 0,7 point au lieu de 1,8 point», peut-on relever du HCP. Et de préciser que le taux d’accroissement de la consommation finale des administrations publiques a affiché une augmentation de 5,1% au lieu de 8%, avec une contribution positive à la croissance de 0,9 point au lieu de 1,5 point l’année précédente. Quant à l’investissement brut (formation brute de capital fixe, variation des stocks et acquisition nette d’objets de valeurs), il aurait connu un taux d’accroissement de 16,3% contre 13,9% en 2024, contribuant ainsi à la croissance de 5 points au lieu de 4 points. Par ailleurs, les échanges extérieurs ont atténué leur contribution négative à la croissance. Ils ont dégagé une contribution négative à la croissance de 1,7 point en 2025, contre une contribution négative de 2,9 points l’année précédente, traduisant ainsi une atténuation de leur effet défavorable sur la croissance économique. Dans les détails, les importations ont augmenté de 9% au lieu de 12,2%, avec une contribution négative à la croissance de 4,5 points au lieu d’une contribution négative de 6,1 points l’année dernière. En parallèle, les exportations de biens et services ont affiché une hausse de 6,6% au lieu de 7,7%, contribuant à la croissance de 2,7 points au lieu de 3,3 points par rapport à 2024.

Le besoin de financement en aggravation

S’agissant du besoin de financement, il s’est aggravé en 2025. «Avec une augmentation du PIB aux prix courants de 6,5% au lieu de 8,7% l’année passée et une hausse de 1,1% des revenus nets reçus du reste du monde au lieu d’une hausse de 2,4%, le revenu national brut disponible a connu un ralentissement de son évolution passant de 8,3% en 2024 à 6,2% en 2025», relève-t-on du HCP. Et d’ajouter : «Compte tenu de la hausse de 3,6% de la consommation finale nationale en valeur au lieu de 6,1% enregistrée une année auparavant, l’épargne nationale s’est située à 31,1% du PIB au lieu de 29,4%». Il est à noter qu’avec un niveau d’investissement brut représentant 33,6% du PIB au lieu de 30,6%, le besoin de financement de l’économie nationale s’est ainsi accentué passant de 1,2% du PIB en 2024 à 2,5% en 2025.