Tanger : «Les Eaux Vertes», dans la phase des appels d’offres

Tanger : «Les Eaux Vertes», dans la phase  des appels d’offres

Le projet vise à réduire les effets négatifs des eaux usées de la ville de Tanger

L’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger (OPEMH) démarre un projet intitulé «Les Eaux Vertes». Ce projet financé par l’Union européenne à travers le programme Moucharaka Mouwatina vise à contribuer à réduire les impacts négatifs des eaux usées sur la ville de Tanger et préserver cette ressource vitale en renforçant les capacités des acteurs locaux sur les impacts négatifs des eaux usées et créer un comité multi-acteurs pour surveiller et contrôler la pollution de l’eau. Dans ce contexte, il lance récemment un appel d’offres pour la réalisation d’une étude sur l’état des lieux de traitement des eaux usées. «Cette étude représente l’étape première et centrale du projet «Eaux Vertes».

Son importance capitale réside dans le fait que ses axes et ses résultats seront tenus en compte dans le développement des activités qui vont suivre dont l’élaboration d’un document de plaidoyer sur la rationalisation de l’utilisation de l’eau et la réutilisation des eaux usées», explique l’OPEMH de Tanger. Ainsi, ladite étude sera axée sur le cadre juridique, légal et la stratégie de traitement des eaux usées, l’inventaire et les compétences des acteurs locaux chargés de traitement des eaux usées, la réalité de la pollution de l’eau et des côtes, et les effets sur la vie de la communauté et des citoyens, donnés en chiffres. Selon la même source, l’étude évaluera les impacts des rejets des eaux usées non traitées ou traitées de façon inadéquate, à savoir les effets sur la santé humaine, les effets environnementaux, les effets économiques.

Elle donnera un aperçu sur la réalité des stations de traitement au niveau de la ville de Tanger et enfin elle permettra d’établir des propositions pour développer les capacités de traitement des eaux usées et rationaliser l’utilisation de l’eau potable. Dans le même contexte, l’OPEMH lancera une campagne de sensibilisation qui sera dirigée aux médias, aux institutions publiques et privées impliquées dans le domaine de l’eau et aux acteurs de la société civile. Il vise à renforcer la prise de conscience du public par rapport à la problématique des eaux usées et l’importance de traitement et de la réutilisation. Il faut dire que les eaux usées ont longtemps été considérées comme un fardeau en matière d’assainissement, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement ignorées. Avec la raréfaction de l’eau dans plusieurs régions, cette situation connaît une évolution, et on reconnaît de plus en plus l’importance de la collecte, du traitement et de la réutilisation des eaux usées.

Rappelons que le Maroc a adopté, depuis 2006, une stratégie nationale ambitieuse visant à remédier au retard enregistré dans le secteur de l’assainissement liquide, en vue d’améliorer le cadre de vie de la population et préserver la qualité des ressources hydriques et environnementales, de manière générale. La ville de Tanger dispose de deux usines de traitement des eaux usées produites par la ville. Mais malgré les efforts des acteurs concernés dans ce cadre, leur capacité à traiter ne dépasse pas 20% de l’eau de la ville, car la station de Bouknadel traite près de 100.000 mètres cubes par jour (prétraitement), et celle de Boukhalef traite près de 5.000 mètres cubes par jour (traitement tertiaire). Parallèlement à cela, plus de 400.000 mètres cubes restent non traités et jetés directement à la mer et aux vallées qui pénètrent la ville. Cela contribue directement à la pollution de la mer et des ressources en eau potable.

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