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Taux directeur : Les banques centrales du monde mobilisées contre l’inflation

Taux directeur : Les banques centrales du monde mobilisées contre l’inflation

Les détails d’un rapport de la Banque des Règlements Internationaux qui compte parmi ses membres la BCE et BAM

Alors que peu de banques centrales au niveau mondial ont suivi la hausse des taux directeurs comme c’est le cas au Maroc, les institutions internationales veulent mobiliser davantage à l’échelle internationale pour lutter contre l’inflation. C’est le cas notamment pour la Banque des Règlements Internationaux ou la BRI qui fait office d’une Banque des banques centrales à travers la planète. Un message vient d’être lancé à destination des différentes banques centrales à l’échelle internationale semble inviter celles-ci à revoir leur politique monétaire et probablement augmenter les taux.

Concrètement, cette institution qui compte parmi ses membres la FED Réserve des Etats Unis, la BCE de l’Union Européenne, la Banque de France ainsi que Bank Al Maghrib appelle à de nouvelles mesures contre l’inflation. Dans son dernier rapport, la BRI invite les banques centrales à agir de manière décisive et sans tarder pour assurer le retour à une inflation faible et stable, tout en limitant l’impact sur la croissance et en préservant la stabilité financière. «Le risque de stagflation plane au-dessus de l’économie mondiale, la menace d’une nouvelle ère inflationniste coïncidant avec une baisse des perspectives de croissance et des vulnérabilités financières élevées», précise la même source.

Dans sa principale publication économique, la Banque des Règlements Internationaux indique que l’économie mondiale risque d’entrer dans une nouvelle ère d’inflation élevée. Les dangers de la stagflation sont importants, dans un environnement où la persistance des perturbations dues à la pandémie, la guerre en Ukraine, l’envolée des prix des produits de base et les vulnérabilités financières assombrissent les perspectives. Dans l’édition 2022 de son Rapport économique annuel, la BRI affirme que la priorité pour les banques centrales est d’assurer le retour à une inflation faible et stable.

Dans ce cadre, elles devraient s’employer à réduire au minimum l’impact sur l’activité économique, préservant ainsi la stabilité financière. Opérer un tel « atterrissage en douceur » s’est révélé difficile par le passé, et les conditions de départ rendent la tâche délicate aujourd’hui, souligne la Banque des Règlements Internationaux. La BRI estime que l’amélioration qu’ont connue les cadres macroprudentiels et de politique monétaire, de même que la moindre dépendance vis-à-vis de l’énergie, rendent peu probable une répétition de la stagflation des années 1970, mais elle souligne que le contexte actuel de vulnérabilités financières – dette élevée et surévaluation des prix des actifs – pourrait amplifier tout ralentissement.

A noter que Bank Al Maghrib n’a pas jugé opportun au cours de sa dernière réunion, d’augmenter le taux directeur. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (BAM), avait déclaré que la banque centrale continue de maintenir les mesures exceptionnelles déployées lors de la crise sanitaire pour ne pas freiner la reprise. « Au niveau de BAM, nous continuons de maintenir les mesures exceptionnelles que nous avons déployées lors de la crise sanitaire pour ne pas freiner la reprise mais en même temps nous restons très vigilants quant à l’évolution des prix», a souligné M. Jouahri, lors de la conférence organisée par BAM en partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Revue Économique du FMI, sous le thème «Une reprise transformationnelle : Saisir les opportunités de la crise».

Rapport

Le rapport de la BRI explore le processus inflationniste afin d’éclairer la manière et les conditions dans lesquelles les variations de prix de certains biens et services peuvent se muer en une inflation plus générale et durablement plus élevée. L’analyse de la BRI montre que dans les environnements de forte inflation, les variations de prix de certains articles comme les denrées alimentaires ou le gaz tendent à produire un impact plus important et plus persistant sur l’inflation globale que dans un environnement d’inflation faible. Lors du passage d’un régime d’inflation faible à un régime d’inflation forte, les pressions inflationnistes ont tendance à se renforcer mutuellement, les variations individuelles des prix commençant à déterminer davantage le comportement des personnes. « Le défi à court terme consistant à assurer une inflation faible coexiste avec le défi à long terme consistant à reconquérir des marges de sécurité futures dans les politiques macroéconomiques, a observé Claudio Borio, Chef du Département monétaire et économique de la BRI. Les pressions s’accroissent sur la politique budgétaire, ce qui complique la tâche de la politique monétaire et met en lumière l’importance des réformes visant à soutenir la croissance à long terme».

Réflexion profonde

M. Jouahri, lors de la conférence organisée par BAM en partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Revue Économique du FMI, sous le thème «Une reprise transformationnelle : Saisir les opportunités de la crise» a affirmé que le Maroc n’est évidemment pas à l’abri des effets de cet environnement international difficile. Il a ajouté que grâce à une mobilisation exceptionnelle à tous les niveaux, l’économie nationale a pu en grande partie dépasser la crise sanitaire, enregistrant un rebond de près de 8% en 2021. Toutefois, et comme partout ailleurs, elle subit les conséquences de la guerre en Ukraine avec en particulier un alourdissement de la facture énergétique et de fortes pressions externes sur les prix à la consommation. Pour faire face à des situations de crise et de conjonctures difficiles, M. Jouahri a relevé qu’une réflexion profonde est nécessaire, cela permettrait de définir les contours d’un véritable changement de paradigmes qui s’impose en matière d’élaboration et de mise en oeuvre de la politique publique.

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