Taux directeur : Un cadeau de fin d’année de BAM ?

Taux directeur : Un cadeau de fin d’année de BAM ?

La banque centrale tient ce mardi son dernier conseil d’administration 2019 alors que certains acteurs du marché anticipent déjà une baisse

CDG Capital prévoit une baisse du taux directeur de 25 Pbs à 2%. Ces pronostics ont été basés, notamment sur trois facteurs, à savoir l’absence de pressions inflationnistes à l’horizon de prévision, la faible reprise des crédits bancaires, ainsi que la volonté des pouvoirs publics visant la facilitation de l’accès au financement particulièrement pour les TPME et les jeunes diplômés.
Tous les regards se tournent vers le siège de la banque centrale à Rabat. Et pour cause. Bank Al-Maghrib (BAM) y tient son dernier conseil d’administration de l’année en cours. Si les réunions de BAM sont toujours très attendues en raison des décisions stratégiques qui peuvent s’y prendre, cette fois-ci un point en particulier va sans nul doute capter les regards.Il s’agit bien évidemment du taux directeur. Il y a trois mois, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, et avec lui, les membres du conseil d’administration avaient conclu qu’il n’y avait aucune raison pour revoir le niveau actuel du taux directeur. Ainsi, le CA de BAM avait décidé, en septembre, lors de sa troisième réunion trimestrielle de l’année de maintenir inchangé le taux directeur à 2,25%, «vu que son niveau avait été considéré comme approprié».A la place et au regard de la persistance de besoins importants de liquidité bancaire sur l’horizon de prévision, la banque centrale avait décidé de réduire le taux de la réserve monétaire de 4 à 2%, permettant ainsi une injection permanente d’un peu plus de 11 milliards de dirhams. Il faut dire que les besoins en liquidité avaient atteint 95,5 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire en août et devraient s’établir à 77,6 milliards au terme de 2019 avant d’atteindre 96 milliards DH à fin 2020. Un peu plus de trois mois après, BAM va-t-il lâcher du lest sur le taux directeur ? Alors que les responsables de la politique monétaire du pays pensent toujours que «le loyer de l’argent» n’est pas le vrai problème qui concerne encore plus la visibilité et le climat de confiance sur le marché, des acteurs économiques anticipent déjà une baisse potentielle.Car certains acteurs du marché voient les choses différemment. Ce fut le cas avec CDG Capital. La filiale du groupe CDG (Caisse de dépôt et de gestion) prévoit une baisse du taux directeur de 25 Pbs (points de base) à 2%. Ces pronostics ont été basés, notamment sur trois facteurs, à savoir l’absence de pressions inflationnistes à l’horizon de prévision, la faible reprise des crédits bancaires, notamment ceux accordés aux entreprises ainsi que la volonté des pouvoirs publics, qui s’inscrit dans le cadre des Hautes directives royales, visant la facilitation de l’accès au financement, particulièrement pour les TPME et les jeunes diplômés.Cela dit, Attijari Gloabl Research (AGR) avait conclu à une stabilité du taux directeur à 2,25% suite à des questions posées à 35 investisseurs parmi les plus influents du marché boursier national. A noter enfin que le wali de Bank Al-Maghrib tiendra son traditionnel point de presse à l’issue du conseil d’administration de la banque centrale mardi prochain. M. Jouahri devrait ainsi aborder devant les médias nationaux la question du taux directeur mais également revenir sur des sujets d’actualité financière, notamment la dernière sortie du Maroc sur le marché international et l’adoption finale du projet de loi de Finances 2020 par le Parlement il y a quelques jours.Taux d’intérêtSelon la banque centrale, les taux d’intérêt débiteurs ne suivent pas le même cheminement du taux directeur fixé par les autorités monétaires du pays. Résultat, les épargnants sont les premiers à en subir les contrecoups. «Quand nous avons baissé le taux en 2014 à 2,25%, le crédit n’a pas augmenté. Quand vous baissez un taux, les banques baissent automatiquement les taux créditeurs servis aux épargnants. Mais pour les taux débiteurs (crédits) elles prennent du temps. Finalement, l’épargnant est pénalisé», avait affirmé le numéro un de la banque centrale en septembre dernier. Cette situation arrive à un moment où les entreprises, notamment les TPME, trouvent du mal à accéder à des solutions financières adéquates.La situation est telle que le Souverain avait consacré une partie de son dernier discours prononcé à l’occasion de l’ouverture du Parlement en octobre à la question. «Je mesure parfaitement combien il est malaisé de faire évoluer certaines mentalités dans le secteur bancaire. Dans le même ordre d’idées, j’ai déjà souligné la nécessité de changer les mentalités au sein de l’Administration, pour mettre fin à des comportements préjudiciables au développement et à l’investissement. Aussi exhortons-Nous le secteur bancaire national à un engagement plus ferme, à une implication positive plus vigoureuse dans la dynamique de développement que connaît notre pays», avait affirmé SM le Roi.
ConseilLe conseil de Bank Al-Maghrib avait noté en septembre dernier que «l’inflation avait nettement ralenti, se situant à 0,2% en moyenne sur les huit premiers mois de l’année, en relation notamment avec la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils». La même source avait indiqué que «l’inflation devrait continuer à évoluer à des niveaux faibles au cours des prochains mois pour ressortir à 0,4% sur l’ensemble de l’année. Avant de s’accélérer à 1,2% en 2020, grâce à sa composante sous-jacente qui, sous l’effet notamment de la reprise attendue de la demande intérieure, atteindrait 1,6% après 0,7% prévu en 2019».En ce qui concerne les comptes extérieurs, BAM avait relevé la progression des exportations de biens de 3,3% à fin juillet et un alourdissement des importations de 3,7%, tandis que les recettes de voyage se sont renforcées de 5,8% et les transferts des MRE ont connu un recul de 1%.

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