Baptême du feu pour les nouveaux membres nommés quelques semaines auparavant avec leur première réunion prévue mardi
Economie. Le conseil d’administration, avec une nouvelle composition, s’apprête à se réunir une deuxième fois au cours de cette année 2026 pour décider du sort du taux directeur. Les détails.
Les regards vont de nouveau se tourner vers le siège de Bank Al-Maghrib à Rabat. Et pour cause, la Banque centrale tient une nouvelle réunion de son conseil d’administration ce 22 juin 2026. Une réunion très attendue puisque le conseil va trancher concernant le taux directeur. En attendant, les pronostics vont bon train comme à l’accoutumée. Selon Attijari Global Research (AGR), le marché monétaire maintient son équilibre à l’approche de la réunion de Bank Al-Maghrib (BAM) au titre du deuxième trimestre de 2026. Dans sa récente note «Weekly Hebdo Taux – Fixed Income» portant sur la période du 5 au 11 juin 2026, AGR explique que les taux interbancaires demeurent alignés sur le niveau du taux directeur à 2,25% au cours de cette semaine.
Selon le scénario initial, AGR anticipe la préservation d’une posture prudente de Bank Al-Maghrib tant que la situation au Moyen-Orient demeure instable, rappelle la note. Le conseil d’administration attendu revêt un caractère particulier pusiqu’il intervient quelques semaines seulement après la nomination de nouveaux membres. En effet, une décision du Chef du gouvernement, publiée au Bulletin officiel du 4 mai 2026, avait officialisé la nomination de six nouveaux membres qui vont désormais occuper un siège au sein de la plus haute instance de la BAM. En effet, le Conseil est composé de neuf membres. Trois d’entre eux y siègent ès-qualité : il s’agit du wali, du directeur général et du directeur du Trésor et des finances extérieures. Ce dernier n’a pas de voix délibérative en matière de politique monétaire.
Les six autres membres sont désignés par le Chef du gouvernement, parmi les personnes connues pour leurs intégrité et compétence en matière monétaire, financière ou économique, n’exerçant aucun mandat électif public et n’occupant aucun poste de responsabilité dans des entreprises publiques ou privées ou dans l’administration publique. Trois de ces membres sont désignés sur propositions du wali de Bank Al-Maghrib et les trois autres sur proposition du ministre chargé des finances. Leur mandat couvre une période de six ans non renouvelable.
Le tiers de ces sièges est renouvelé tous les deux ans par tirage au sort. Ce renouvellement peut donner lieu à une reconduction de mandat, en observant le plafond des six ans. Le conseil se réunit trimestriellement selon un calendrier préétabli et rendu public. Un comité d’audit et des risques émanant du conseil a pour mission d’examiner et de donner un avis sur les questions relatives à l’information comptable, à l’audit interne et externe, au contrôle interne et à la maîtrise des risques.
Composition
En plus des trois membres ès-qualité, en l’occurrence le wali de BAM, Abdellatif Jouahri, le directeur général, Abderrahim Bouazza, et le directeur du Trésor et des finances extérieures, Mohammed Tarik Bchir, les six nouveaux membres sont Bouchra Rahmouni, Raja Chakir, Mounssif Aderkaoui, Jilali Kenzi, Fouzi Mourji et Abdelhak Senhadji. Moncef Aderkaoui est diplômé de l’École Polytechnique en France et de Télécom Paris. Il est également titulaire d’un Master of Science de l’Université de Bristol au Royaume-Uni. En 2025, il a complété son parcours par une formation exécutive à la Harvard Kennedy School consacrée aux stratégies économiques de la transition vers une économie bas carbone.
Depuis juillet 2023, il est professeur-chercheur à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Son parcours professionnel couvre plus de vingt ans d’expérience dans les domaines de la stratégie, de l’analyse économique, des politiques publiques et de la finance. Entre 2017 et 2023, il a occupé les fonctions de directeur des études et des prévisions financières au ministère de l’économie et des finances. Auparavant, il a été conseiller du ministre de l’économie et des finances de 2014 à 2017. Ingénieure statisticienne diplômée de l’Institut national de statistique et d’économie appliquée de Rabat en 1997, Raja Chakir est titulaire d’un DEA en économie des transports, de l’aéronautique et de l’espace obtenu en 1998, ainsi que d’un diplôme européen d’économie quantitative approfondie obtenu en 1999 à la Toulouse School of Economics.
Elle y a également soutenu un doctorat en sciences économiques en 2003 avant d’obtenir son habilitation à diriger des recherches en 2013 à l’Université de Franche-Comté. Raja Chakir est directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, au sein de l’unité Paris-Saclay Applied Economics de l’Université Paris-Saclay. Elle exerce également les fonctions de directrice adjointe de cette unité mixte de recherche. Titulaire d’un doctorat de troisième cycle en sciences économiques obtenu en 1985 à l’Université Mohammed V de Rabat, Jilali Kenzi est également diplômé d’une licence en sciences économiques obtenue en 1978 à l’Université Mohammed Ben Abdellah de Fès. Après une première expérience à l’Office des changes à partir de 1985, il intègre l’Inspection générale des finances en 1988, où il effectue l’essentiel de sa carrière au sein de l’administration financière marocaine. Il a exercé plusieurs responsabilités au sein du ministère de l’économie et des finances.
Titulaire d’un doctorat d’État en sciences économiques de l’Université Paris I Panthéon- Sorbonne, Fouzi Mourji a effectué l’essentiel de sa carrière académique à l’Université Hassan II, où il a exercé des activités d’enseignement et de recherche pendant plus de quarante ans. Son parcours universitaire l’a conduit à intervenir en qualité de professeur visitant dans plusieurs établissements et centres de recherche internationaux, notamment au Centre d’études et de recherches sur le développement international de l’Université Clermont Auvergne, à l’Université de Montréal ainsi qu’aux universités Paris XII et Rouen.
Titulaire d’un doctorat en économie internationale de l’Université Mohammed V de Rabat, Bouchra Rahmouni a complété son parcours par plusieurs formations exécutives, notamment en leadership à la Harvard Business School, en gouvernance d’entreprise à Sciences Po Paris, en entrepreneuriat et innovation auprès du département du commerce des États-Unis, ainsi qu’en coopération internationale dans le cadre de l’initiative « Belt and Road » à Pékin. Enfin, Abdelhak Senhadji est titulaire d’une licence en économie et d’une maîtrise en économétrie de l’Université libre de Bruxelles, obtenues avec la plus grande distinction. Il est également titulaire d’un doctorat en économie de la University of Pennsylvania. Économiste spécialisé en macroéconomie, en finances publiques, en finance internationale et en économie du développement, il a effectué l’essentiel de sa carrière au Fonds monétaire international (FMI), où il a exercé pendant vingt-sept ans diverses responsabilités d’expertise et de direction.
Réunion trimestrielle
Taux directeur. Le conseil de Bank Al-Maghrib avait tenu le mardi 17 mars dernier sa première réunion trimestrielle de l’année 2026. Lors de cette session, il a analysé l’évolution de la conjoncture économique nationale et internationale ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de la Banque. Il s’est attardé sur les développements récents liés à la guerre au Moyen-Orient qui accentuent l’incertitude déjà élevée, en lien notamment avec le conflit en Ukraine et la politique commerciale américaine, et mettent ainsi à rude épreuve la résilience affichée par l’économie mondiale ces dernières années. Les conséquences de cette guerre, déjà perceptibles sur les marchés financiers et sur les cours des matières premières, en particulier ceux de l’énergie, dépendront dans une large mesure de sa durée, de son étendue et de son intensité. Tenant compte de la poursuite de la dynamique notable de l’activité économique ; des niveaux modérés prévus de l’inflation ; et de la forte incertitude entourant les perspectives au niveau international ainsi que des résultats des stress tests réalisés par BAM pour l’économie nationale, le conseil avait jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%. Il continuera de suivre de près la conjoncture interne et externe et en particulier les développements au Moyen-Orient ainsi que leurs conséquences sur l’activité économique et l’inflation, et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées.










