Economie

Télécoms : quel impact sur le commerce ?

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Pour développer ses échanges commerciaux avec le reste du monde, la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) doit fatalement améliorer sa connectivité à l’échelle internationale. C’est ainsi que résume une étude de la Banque Mondiale le rôle désormais vital que doivent jouer les nouvelles technologies dans le développement économique et social de cette région, dont le Maroc fait partie. Une étude parue récemment et dont le message est on ne peut plus clair : «le développement des télécommunications, ainsi que les services et infrastructures qui leur sont liés, est, maintenant et plus que jamais, une nécessité, quels que soient le mode et la nature de l’activité (industrie, finances, information ou services)». En plus de leur rôle au niveau de toute la chaîne de production, les télécommunications constituent un important in-put dans la facilitation des échanges commerciaux et dans le développement du e-commerce. Mieux encore, elles font office de véritable paramètre du degré de compétitivité, ou non, des entreprises. Mais un constat d’impose. La région MENA n’arrive toujours pas à tirer parti de cet outil. Et pour cause, l’étude relève que les réformes en la matière sont limitées. A commencer par la libéralisation des télécoms qui n’a pas encore pris son envol. «Même si dans certains pays de la région – le Maroc en fait certes partie, les efforts entrepris en matière de libéralisation de la téléphonie mobile ont été couronnés de succès, il n’empêche que ces efforts ne répondent toujours pas aux besoins des entreprises». L’ouverture à la compétition du secteur des télécommunications, indique l’étude, a récemment été mise en examen suivant trois principaux paramètres. Il s’agit du degré de compétition effective, celui de l’ouverture à l’investissement étranger direct et des mesures de régulation, ainsi que l’indépendance qui en découle, devant précéder la libéralisation du secteur. Il ressort de cette enquête que le région MENA est en bas de l’échelle mondiale en la matière. « Tout effort de développement économique serait désavantagé par ce seul handicap», note l’étude. Et pour cause, les tarifs des liaisons, aussi bien individuelles que groupés, sont encore trop élevés. La qualité de service est faible. L’expansion des connexions Internet reste limitée. «Les entreprises demeurent à l’écart de l’évolution mondiale de l’usage des nouvelles technologies, accusant par la même occasion un retard chaque jour plus prononcé en matière de compétitivité dans les autres secteurs », précise l’étude. Le repli enregistré en matière de liaisons fixes est notamment pointé du doigt pour expliquer l’expansion encore limitée d’Internet. Le cas du Maroc est cité pour exemple. «Depuis l’entrée dans ce pays d’un deuxième opérateur mobile en 1999, on a assisté à une baisse de plus en plus prononcée du taux de pénétration des liaisons fixes. A 2002, et alors que la pénétration de la téléphonie mobile a atteint 21%, celle du fixe ne dépasse guère 4%». Avec toutes les implications que cela peut avoir d’abord sur le développement de l’utilisation d’Internet et ensuite sur toute possibilité de faire de cet outil un moyen de croissance. Aux efforts nécessaires à la consolidation du développement du mobile, doivent également succéder d’autres. A commencer par ceux des pouvoirs publics qui doivent faire preuve d’une ferme volonté politique visant à promouvoir les télécommunications, dans le sens d’aider au développement de secteurs économiques, et non seulement se contenter celle de garantir un plus large accès des populations à la téléphonie mobile. Ceci doit se traduire par des mesures d’accompagnement des entreprises, mais aussi par des instances indépendantes et efficientes de régulation.

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