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Textile : Le bouclier de protection prorogé jusqu’à fin 2022

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Il vise certains produits d’habillement d’origine turque

Cette mesure de sauvegarde préférentielle définitive sur les importations turques prévoit l’application d’un droit additionnel ad-valorem équivalent à 90% du droit d’importation applicable dans le cadre du droit commun.

Les autorités décidées à protéger le « Made in Morocco » dans le domaine du textile. La douane marocaine vient ainsi d’informer ses services d’une nouvelle mesure de sauvegarde sur les importations de certains produits turcs. En effet, une première circulaire prévoyait des mesures de sauvegarde contre certains produits textiles issus de la Turquie avec comme date d’échéance le 3 décembre 2021.

Cela dit, un arrêté conjoint du ministère de l’économie et des finances ainsi que celui de l’industrie et du commerce est venu prolonger le délai concernant la mesure de sauvegarde préférentielle définitive sur les importations de produits d’habillement et de textile originaires de Turquie.

Dans les détails, l’Administration de la douane et des impôts indirects informe ses services que cette décision a été prorogée d’une année supplémentaire, soit jusqu’au 31 décembre 2022. Concrètement, ladite mesure de sauvegarde préférentielle définitive sur les importations turques prévoit l’application d’un droit additionnel ad-valorem équivalent à 90% du droit d’importation applicable dans le cadre du droit commun. Cette décision intervient à un moment où les autorités placent au cœur de leurs priorités le développement du textile marocain.
Des objectifs qui passent par l’encouragement de la production nationale.

Les responsables savent cependant que les produits «made in Morocco» font face à une concurrence farouche de la part des produits importés. Les mesures de sauvegarde sont une première mesure mais les autorités misent surtout sur des accords de partenariat, notamment avec les chaînes marocaines de la grande distribution. Il est question en outre du renforcement des opérations de contrôle au cours de 2022 en rendant effectifs les nouveaux règlements en rapport avec les normes de qualité concernant les produits de textiles issus de l’import, le but étant de garantir une concurrence loyale sur le marché marocain des produits de textile.

Ce n’est pas tout. Il sera question de renforcer les investissements dans le secteur à l’instar de ce qui se fait dans les autres secteurs industriels en encourageant des champions nationaux ainsi que les IDE (Investissements directs étrangers) dans le secteur du textile et de l’habillement. Pour rappel, le secteur du textile est l’un des plus importants pourvoyeur d’emplois. Sa contribution dans l’économie nationale est également importante. Avec 1.628 entreprises employant 189.000 personnes, soit 22% des emplois au niveau national, le secteur du textile permet de générer un chiffre d’affaires de 50,48 MMDH et de 36,5 MMDH à l’export, ainsi qu’une valeur ajoutée de 15,88 MMDH.

Touché de plein fouet par la pandémie mondiale, le textile national a, inéluctablement, subi, à l’instar d’autres pays, les conséquences de la baisse de consommation et des fermetures. A présent, il renoue avec la croissance. Ainsi, depuis le début de l’année 2021, le Maroc a enregistré la plus forte évolution des exportations vers l’Europe avec +23%.

Accord

Ryad Mezzour
Ministre de l’industrie et du commerce.

Le ministère de l’industrie et du commerce vient de signer un accord avec le Groupe LabelVie pour fixer de nouveaux engagements afin de satisfaire les besoins du marché local à travers un processus continu de substitution aux importations. Objectif : développer les produits locaux et promouvoir la fabrication locale. «Le commerce possède un énorme potentiel que les Grandes et moyennes surfaces contribuent grandement à développer à travers le sourcing local lui permettant à la fois de monter en compétitivité et de diversifier ses produits en adéquation avec les besoins du consommateur marocain de plus en plus exigeant et du marché de l’export en mutation constante», relève-t-on de Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce. Le Groupe portera, à cet égard, son sourcing Maroc en produits de marque de distributeur à 80% pour les produits finis textiles, agroalimentaires, produits de grande consommation et produits plastiques. LabelVie s’engage également à tripler ses exportations en produits «Made in Maroc» vers l’international, notamment l’Afrique et l’Europe.

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Feuille de route

L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) avait récemment dévoilé une feuille de route qui sera déclinée à l’horizon 2030. Baptisée «Dayem Morocco», cette dernière se veut comme une vision du textile «made in Morocco» couvrant aussi bien le marché local qu’international. Concrètement, le secteur veut augmenter la valeur des exportations du secteur à 60 milliards de dirhams ainsi que de porter la part des exportations marocaines sur les marchés d’Amérique du Nord et d’Europe du Nord à 20% du total des exportations. L’Amith ambitionne aussi de porter la part de la production en co-traitance et produit fini de 35% actuellement à 60% à l’horizon 2035. La mise en œuvre de cette stratégie a également pour finalité de pérenniser les emplois dans le secteur du textile et de l’habillement avec un objectif d’en créer 50.000 nouveaux à l’horizon 2025.

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