Textile : Le flou persiste

Textile :  Le flou persiste

L’apparition de nouveaux variants dans les pays partenaires plombe les perspectives des industriels nationaux

Les conséquences seront assez importantes si la situation sanitaire en Europe ne se redresse pas rapidement. Même le marché local ne pourra pas équilibrer la balance et amortir la casse dans ce secteur.

Le moral des textiliens marocains n’est pas au beau fixe. L’apparition de nouveaux variants en Europe vient plomber les prévisions qu’ils se sont fixées pour l’exercice 2021. La reprise est loin d’être au rendez-vous du moment que les principaux marchés partenaires souffrent toujours de la Covid. En les interrogeant sur les prévisions du secteur, nous avons recueilli deux réponses qui ne semblent pas encourageantes : absence de visibilité/le scénario n’est pas bon du tout. Est-ce un excès de pessimisme de leur part ? Mohammed Boubouh, président de l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), apporte des précisions : «C’est une situation qui est réelle.

Pratiquement toute l’Europe est confinée à ce jour d’autant plus que les nouveaux variants de la Covid sont en train de faire des massacres sur ce continent. Comme notre activité est très liée à l’Europe qui est notre principal marché, notre secteur continuera de pâtir de cette situation», indique-t-il. En effet, les conséquences seront assez importantes si la situation sanitaire en Europe ne se redresse pas rapidement. Même le marché local ne pourra pas équilibrer la balance et amortir la casse dans ce secteur. C’est du moins ce que confirme le porte-parole des textiliens. Et pour cause, le pouvoir d’achat des Marocains a été fortement touché par cette pandémie qui sévit au Royaume depuis le mois de mars 2020. A cela s’ajoute la concurrence déloyale de certaines destinations qui continue à affaiblir la machine nationale. «Notre ministre a fait le nécessaire pour protéger au maximum le marché local surtout avec la révision de l’accord de libre-échange, malheureusement la Turquie a dévalué sa monnaie donc on se retrouve encore au point de départ», fait savoir le président de l’Amith. Certes, le contexte est de plus en plus difficile, mais cela n’empêche pas les professionnels d’explorer de nouveaux horizons.

L’optique étant de diversifier les partenaires ainsi que de tirer profit des best practices à l’échelle internationale. «Nous sommes en train de voir comment reprendre notre position dans le marché américain et les pays scandinaves». Il s’agit en effet de deux marchés qui présentent des volumes intéressants et qui connaissent un fort engouement de la part des consommateurs du monde entier. «Cette pandémie a touché de manière très agressive le secteur du textile et de l’habillement.

Nous examinons aujourd’hui toutes les solutions envisageables à déployer. Car si jamais cette pandémie dure encore plus longtemps il faut savoir s’adapter davantage», souligne M. Boubouh. S’il y a un enseignement à retenir de cette conjoncture exceptionnelle c’est l’adaptation. En effet, la machine industrielle nationale a fait preuve d’une grande agilité dès le début de cette pandémie. Preuve en est, le Maroc a réussi à fabriquer des produits industriels assez élaborés et ce en très peu de temps à l’instar des appareils de respiration ou encore les lits de réanimation. Le textile a suivi la même cadence en créant pour la première fois une association entre l’amont et l’aval. «C’est l’une des bonnes expériences que nous pouvons retenir de cette pandémie. Notre observons une bonne synergie qui se crée entre l’amont et l’aval, chose qui était absente auparavant», affirme le président de l’Amith. Notons que dans le cadre de cette synergie, des opérateurs se sont dirigés vers de nouveaux créneaux sur lesquels ils réalisent de bonnes performances, en l’occurrence les vêtements de protection médicale que le Maroc commence à exporter à grande échelle.

Pour rappel, l’élan des nouvelles adhésions à l’AMITH n’a pas été freiné durant ce contexte pandémique. L’Association a acceulli durant 2020 70 nouveaux membres portant le nom d’adhésion dans cette structure à environ 670 membres.

Exportations textile et cuir : Des pertes de plus de 6 milliards DH à fin novembre 

Les perspectives du secteur sont tributaires d’un rétablissement «imminent» du marché européen. «Il nous est difficile de faire des prévisions à l’heure actuelle. Nous espérons qu’une fois notre marché principal sera vacciné, le retour à la normale se fera très rapidement», estime M. Boubouh. En effet, le textile marocain a démontré qu’il pourrait facilement reprendre des couleurs si toutes les conditions lui étaient assurées.
A titre d’exemple, les indicateurs au troisième trimestre ont repris de plus belle, soit à un niveau comparable aux années précédentes.

Toutefois cette embellie n’a pas trop duré, notamment avec le déclenchement de nouvelles vagues pandémiques dans les pays partenaires. Chose qui vient alourdir le bilan des industriels. Les pertes encaissées par le secteur ne sont toujours pas comptabilisées. Une chose est sûre, les indicateurs ressortiront en berne. A l’export, le secteur a perdu 6,21 milliards de son chiffre d’affaires à fin novembre. Ainsi la valeur expédiée s’est établie à 28,25 milliards de dirhams contre 34,47 milliards de dirhams réalisés à la même période de l’année précédente, soit une baisse de l’ordre de 18% en glissement annuel.
Les exportations du secteur textile et cuir à fin novembre 2020 ont en effet été principalement affectées par le recul des ventes des vêtements confectionnés et des articles de bonneterie. S’agissant des vêtements confectionnés, le chiffre réalisé à l’export atteint à fin novembre les 17,21 milliards de dirhams, en contraction de 21%, soit des pertes de l’ordre de 4,57 milliards de dirhams comparé à la même période de l’exercice 2019.

Les articles de bonneterie ont vu pour leur part leurs exportations chuter de 21,6% revenant ainsi à 5,5 milliards de dirhams contre 7,02 milliards de dirhams une année auparavant. Pour ce qui est de la chaussure, sa performance à l’export a été réduite de 15,9% au titre des onze premiers mois de l’année atteignant ainsi une valeur de 2,21 milliards de dirhams contre 2,64 milliards de dirhams une année plus tôt.

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