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Thématique principale de la 9ème édition de l’Africa Insights : La communauté CFC décortique les opportunités de la Zlecaf

Saïd Ibrahimi, directeur général de CFCA. (d.r)

Casablanca Finance City Authority a orienté le débat, mercredi, autour des opportunités de la Zlecaf invitant l’ensemble de sa communauté à tirer profit des opportunités offertes par ce marché élargi.

Le développement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) est au cœur de la 9ème édition de l’«Africa Insights» de Casablanca Finance City Autorithy (CFCA). Les conclusions de cette publication, co-rédigée par la filiale de Fitch Solutions «BMI», ont été dévoilées mercredi 21 février à Casablanca. Une occasion pour la communauté CFC de discuter des opportunités socio-économique offertes par cette intégration économique intra-africaine. «La Zlecaf est une initiative ambitieuse qui représente une étape clé sur le chemin de la réalisation d’un potentiel économique de notre continent à travers la stimulation du commerce des biens et services et des investissements intra-africains», indique dans ce sens Saïd Ibrahimi, directeur général de CFCA. Le responsable a invité dans ce sens le secteur privé à s’investir davantage dans ce projet en faisant preuve d’innovation ainsi qu’en bâtissant des partenariats stratégiques. La finalité étant de tirer profit des opportunités offertes par ce marché élargi. «Nous devons être conscients que la réalisation de tous les avantages de la Zlecaf nécessitera des efforts concertés de la part de toutes les parties prenantes. J’ai la ferme conviction que les centres financiers, ainsi que leurs écosystèmes respectifs, ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de la sensibilisation, le renforcement des capacités et la mise en place de conditions-cadres ad hoc assurant le succès large de cette initiative ambitieuse», peut-on relever de M. Ibrahimi. De son côté, Yacine Fal a mis l’accent sur le rôle que joue l’intégration régionale du continent comme pilier de développement à la fois individuel et collectif. La représentante spéciale du président de la BAD a saisi l’occasion pour mettre en exergue le rôle de la Banque africaine de développement comme premier acteur du financement de projets de développement sur le continent.

Des pipes «exceptionnels» d’interconnexion s’ouvrent

Intervenant dans ce sens, Ryad Mezzour, ministre de l’industrie et du commerce, a interpellé l’audience sur le gap commercial existant au niveau continental. «Nous sommes dans un continent où le taux d’intégration des échanges internes ne dépasse pas les 15%. C’est malheureux d’être sur une même terre et d’échanger si peu», a indiqué le ministre à ce propos. L’intégration intra-africaine est placée, en effet, au cœur des priorités stratégiques du Maroc. A travers les différentes initiatives lancées sous les Hautes orientations royales, le Royaume fait, aujourd’hui, du «made in Africa» un catalyseur de développement et de prospérité. Les efforts consentis, au niveau national, vont au-delà de la libéralisation tarifaire. Le Maroc est pleinement engagé à renforcer la connectivité, l’intégration et la création de valeurs communes à l’échelle continentale. Les initiatives entreprises par le Maroc illustrent pleinement cet engagement pour n’en citer que le Gazoduc Nigeria-Maroc qui aura des retombées significatives sur la sécurité énergétique et alimentaire en Afrique ou encore l’initiative de la « Façade Atlantique» prônée par le Souverain et qui permettra de connecter le continent aussi bien à la Méditerranée qu’au reste du monde. «Notre pays est en train de se transformer avec des investissements lourds. A travers cette transformation, le Maroc est en train d’ouvrir des canaux commerciaux exceptionnels avec tous les pays du Sahel et de la façade atlantique africaine. Une même organisation se fait en face notamment au niveau de l’Atlantique sud américain. C’est un maillage qui est en train de se construire et qui est unique dans l’histoire du commerce mondial», souligne Ryad Mezzour. Et de rappeler: «La vision de Sa Majesté est d’ouvrir des ponts d’interconnexion. Tanger Med se veut un pipe énorme entre l’Afrique et le monde. Les ports de Nador West Med et Dakhla seront encore plus importants. Cela nous permettra de commercer avec une logistique et une accessibilité extrêmement intéressantes». Le ministre a exhorté les opérateurs participants à la rencontre à s’impliquer davantage dans cette transition continentale. «Nous avons besoin d’hommes et de femmes qui prennent des risques pour nous aider à construire l’Afrique que nos populations méritent», a-t-il indiqué. Se référant à cette nouvelle édition de l’Africa Insights, la Zlecaf constitue un levier majeur pour dynamiser l’économie africaine. Les intervenants sont unanimes sur son effet transformateur sur le continent africain. On table sur des gains énormes. Selon les prévisions de BMI, le PIB du continent pourrait être multiplié par 2,5 et atteindre plus de 7.000 milliards de dollars d’ici 2050.

Quelles perspectives pour le Maroc…

En termes de perspectives, le Maroc est bien placé pour bénéficier d’une interaction accrue entre les régions nord et sud de l’Afrique. En effet, la zone contribuerait à combler le fossé entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. « Nous pensons que le Maroc est particulièrement bien placé pour exploiter le potentiel du commerce intra-africain. En tant que l’une des économies les plus avancées du continent, le Maroc abrite des entreprises dans les secteurs de l’automobile, des engrais, des services financiers, des biens de consommation et du transport qui pourront trouver de nouveaux marchés à travers le continent», relève-t-on de John Ashbourne, économiste principal des marchés émergents chez BMI. La zone encouragerait, par ailleurs, la création de pôles économiques régionaux. Les économies plus avancées de l’Afrique, telles que le Maroc, bénéficieront à la fois de l’exportation vers de nouveaux marchés et de la possibilité d’importer à moindre coût. La Zlecaf accélérera, également, la transition énergétique de l’Afrique. «L’intégration des réseaux électriques permettra de créer des réseaux moins chers et plus fiables, et des tarifs plus bas encourageront la production nationale de produits manufacturés tels que les panneaux solaires», apprend-on du rapport qui cite le Maroc parmi les pays ayant le plus de potentiel dans ce domaine. De même, la modernisation de l’agriculture stimulera la demande d’intrants tels que les engrais et les tracteurs qui sont produits, entre autres, au Maroc et en Afrique du Sud. Il est à rappeler que l’entrée en vigueur de la Zlecaf se fera progressivement. La première phase a établi les institutions de la Zone et a commencé le processus de libéralisation du commerce des biens et services. « Bien que ce rapport se concentre principalement sur le commerce, car les négociations sur cette question ont progressé davantage, le potentiel dans les services est également significatif », peut-on lire dudit rapport.
Et d’expliquer : «Les négociations sur les services de la Zlecaf se sont concentrées sur cinq domaines prioritaires, à savoir les services financiers, le transport, les télécommunications/technologies de l’information ainsi que les services professionnels et le tourisme ». S’agissant des services financiers, les auteurs du rapport estiment que ce domaine offre probablement le plus de potentiel pour les entreprises marocaines. «Le Maroc dispose d’un secteur des services financiers bien développé et la suppression des obstacles non commerciaux permettra aux entreprises locales d’étendre leurs activités en Afrique subsaharienne, où seulement environ la moitié de la population a accès aux services financier», peut-on relever de la publication.
Selon cette édition de l’Africa Insights, répondre aux besoins financiers non satisfaits des individus et des entreprises africaines fournira à la fois une source de revenus pour les banques marocaines et aidera à éliminer un obstacle clé à la croissance à travers le continent.