Tourisme médical au Maroc : Un potentiel à saisir

Tourisme médical au Maroc :  Un potentiel à saisir

Le développement des plateformes de téléconsultations aura un effet d’aubaine pour le Maroc, et pour 400 cliniques privées.

La sécurité, la stabilité et la disponibilité des infrastructures sont des atouts favorables à l’épanouissement du tourisme médical au Maroc, à en croire une récente analyse de l’Institut marocain d’intelligence stratégique (IMIS). Baptisé «Relance du tourisme médical au Maroc : une industrie négligée bien que profitable à saisir», ce document est élaboré par Camélia Dinia et Jihad Jorio, deux consultantes en stratégie et influences internationales. Il met en lumière les perspectives d’évolution de ce secteur à la croisée des chemins entre deux industries mises à rude épreuve par la pandémie du coronavirus et dont les conséquences ont été relativement positives pour l’un (le secteur médical) et dramatiques pour l’autre (le tourisme). Ce «policy paper» décrypte les moteurs pour façonner le développement de cette industrie et explore le futur du tourisme médical.

Un bureau de tourisme médical

Pour les auteurs de cette étude le Maroc devrait créer, à l’image d’autres pays, un office/bureau de tourisme médical, engageant la participation des secteurs privé et public. «L’avantage qui résulterait de l’aménagement d’un bureau engagé est d’aplanir les difficultés d’accès aux soins médicaux en créant un canal de réception stimulé, de bout en bout. Ce cluster fera intervenir les secteurs privé et public et inclura de facto toutes les parties prenantes pouvant intervenir directement ou indirectement sur le plan de relance de cette industrie. Les problématiques qui seront traitées toucheront dès lors à l’exonération des non-résidents, à l’attribution des visas pour raisons médicales, au développement du «Nation Branding» et sa promotion, les stratégies de prospérité, ainsi qu’à la création d’organismes de coordination de séjours», peut-on lire dans cette analyse.

Cette démarche permettra d’attirer davantage d’investissements directs étrangers (IDE) vers le secteur du tourisme médical. «La démocratisation des offres dans ce secteur générerait non seulement des retombées financières, mais elle fera également prospérer la sphère d’influence marocaine sous un air de renouveau de l’industrie de santé. En effet, l’Office de tourisme médical se chargera du développement d’un pôle d’attractivité à travers la fédération d’un «Hub médical africain» Ceci permettra au Maroc de jouir d’une position de leader quant à l’industrialisation de la santé sur le continent. Un volet d’accompagnement pourra être proposé aux pays africains désireux de commencer la réhabilitation des hôpitaux dans le domaine du tourisme médical, sur le long terme», souligne la même source.

L’opportunité du numérique

Ce secteur pourrait profiter des nouveaux moyens technologiques. Différentes activités ont dû réinventer le fonctionnement des entreprises durant la période Covid-19 et l’industrie du tourisme médical n’échappe pas à cette transition. Par conséquent, la transformation numérique semble être aujourd’hui la solution pour assurer la pérennité de ce secteur. «En effet, elle s’avère être un réel instrument accélérateur de performance pour les entreprises et de la productivité du «capital humain».

L’application de ce biais ouvre un champ de possibilités d’amélioration des parcours clients et, à titre d’exemple, la téléconsultation», précise-t-on.
Dans ce sens, le développement des plateformes de téléconsultations aura un effet d’aubaine pour le Maroc, et pour 400 cliniques privées. «Le Maroc devrait penser à allouer un vrai travail de mise en avant des vitrines médicales marocaines en se servant de sites certifiés pour la promotion des cliniques privées et hôpitaux publics internationaux, des offres hybrides disponibles, et des téléconsultations ;
il va falloir aujourd’hui adopter une vraie approche avant-gardiste au niveau des bureaux ministériels digitalisés, en numérisant notamment l’Office du tourisme médical, afin de se démarquer», relève ledit document.

Perspectives : Eco-responsabilité, génération Z et seniors

L’avenir du tourisme dans la période post-Covid sera marqué par la génération Z et le tourisme durable. Et donc les destinations qui souhaitent rester compétitives devraient miser sur ce tourisme durable, la valorisation des communautés et des acteurs et bénéficiaires indirects du tourisme médical. Par ailleurs, les auteurs de cette étude attirent l’attention sur le fait que «d’ici 2025, les voyageurs âgés de 65 ans et plus doubleront leurs voyages internationaux pour atteindre 180 millions de voyages. Ce qui représente un voyage international sur huit dans le monde.

Les voyageurs plus âgés peuvent se permettre des voyages conséquents. Ces derniers sont plus axés sur le confort et la santé. L’industrie du tourisme médical répond à ce besoin de combiner des actes médicaux avec une approche «d’air de vacances». Les fournisseurs de soins de santé devront désormais offrir des forfaits touristiques complets, comprenant des services allant de la réservation d’hôtels à la souscription d’une assurance maladie».

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