Tourisme-Nord : Un début de saison estivale décevant

Tourisme-Nord : Un début de saison estivale décevant

Des destinations estivales de choix semblent continuer de garder leur rythme printanier

Les opérateurs touristiques appellent à l’augmentation des capacités autorisées (de 50%) pour pouvoir se rattraper particulièrement pendant la dernière semaine de juillet et au cours du mois d’août.

Malgré la réouverture de la majorité de ses plages, la région du Nord débute la période estivale au ralenti. A cet effet, des destinations estivales de choix semblent continuer de garder leur rythme printanier en termes d’arrivées des touristes particulièrement des nationaux. En dépit de ce début d’été décevant, la majorité des professionnels du tourisme ainsi que les représentants des autres types de commerce et des métiers estivants se disent contraints de mettre le paquet sur l’après-affichage des résultats définitifs des examens de baccalauréat pour pouvoir tirer leur épingle du jeu. Surtout que faisant l’objet d’un contrôle et une vigilance en permanence de la police, les plages d’Al Hoceima, M’diq, Fnideq et des autres villes côtières ont pu attirer en cette période de chaleur beaucoup de monde parmi les habitants et ceux des zones avoisinantes. Et ce au grand bonheur des célèbres restaurateurs de poisson de ces zones côtières, qui ont pu au fil du temps gagner et fidéliser une importante clientèle parmi les populations locales et les visiteurs.

En attendant l’embellie…

Après un arrêt quasiment total de leurs activités bien avant l’entrée en application des mesures de confinement sanitaire, les établissements touristiques (hôtels, restaurants, salons de thé,…) et les autres commerces ont bien préparé leur saison estivale avec la mise en place d’un dispositif de sécurité et d’hygiène (en concertation avec les autorités locales et les autres départements et services concernés) pour la préservation de la santé de leurs clients et leurs personnels. Ils ont mis en place des packages bien adaptés particulièrement au marché cible, à savoir les clients marocains, mais ils attendent toujours une embellie de leurs activités. Avec des taux d’occupation variant entre 20 et 40%, les hôteliers et restaurateurs des villes balnéaires de M’diq, Fnideq et la côte tétouanaise demeurent parmi les plus sollicités. «Depuis notre réouverture il y a pratiquement trois semaines, nous continuons de recevoir beaucoup de demandes dépassant la capacité autorisée au niveau national. Nous respectons 100% toutes les mesures sanitaires et d’hygiène pour préserver la santé et la sécurité de notre clientèle et nos personnels», fait savoir Lalla Samira Ktiri El Idrissi, secrétaire générale de l’Association régionale de l’industrie hôtelière (ARIH) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima et directrice de l’hôtel Kabila à M’diq.

Appel à l’augmentation de la capacité d’accueil autorisée

Pour les établissements touristiques les plus ou moins sollicités en ce début de la saison estivale, les opérateurs touristiques appellent à l’augmentation des capacités autorisées (de 50%) pour pouvoir se rattraper particulièrement pendant la dernière semaine de juillet et au cours du mois d’août, où les destinations balnéaires du Nord affichent complet en temps normal. «Le problème réside dans le fait que nous avons actuellement plus de demande, mais nous ne sommes autorisés à vendre que 50% de nos capacités d’accueil. Nous avons une liste d’attente de clients qui veulent passer leurs vacances d’été au Nord. Notre souhait est donc l’augmentation de la capacité d’accueil pour pouvoir y faire face. Surtout que notre établissement n’est pas un hôtel-bâtiment, mais il composé des blocs qui ne sont pas collés l’un à l’autre et chaque chambre dispose de sa terrasse et son petit jardin. Nous respectons toutes conditions de distanciation physique», souligne Mme Ktiri.

Très faible taux d’occupation pour les hôtels situés loin  de la côte

Contrairement aux hôtels au bord de la mer, ceux situés un peu loin de la côte ou au centre-ville de Tétouan, d’Al Hoceima ou d’autres villes côtières continuent d’atteindre un taux très bas ne dépassant pas 10% de leur capacité d’accueil. «Avec tous les préparatifs entrepris pour la reprise de leurs activités, les hôteliers de la ville regrettent d’avoir repris leurs activités en raison des grandes dépenses qu’ils sont en train d’effectuer pour maintenir leurs établissements ouverts», selon un acteur professionnel.
Les hôtels ne souffriront pas cette année, poursuit la même source, de la concurrence déloyale de la location des appartements, qui est monnaie courante pendant la période estivale. «Les familles marocaines seront plus sceptiques par rapport à ce genre d’offre par peur d’être contaminés à la Covid-19. Elles préféreront résider en toute sécurité dans les hôtels appliquant régulièrement des contrôles des règles sanitaires en vigueur», ajoute-t-on.

Situation incertaine pour les stations balnéaires dans la zone II

Classées dans la zone II (selon les critères fixés par les autorités sanitaires), les villes balnéaires de Tanger et sa voisine Asilah connaissent le maintien de leurs plages fermées, rendant leur situation encore incertaine pour cette saison estivale. La reprise demeure compliquée et très mitigée pour la plupart des activités touristiques et les autres commerces concernés pour la préfecture. «Nous devons continuer d’attendre le passage de la préfecture Tanger-Asilah à la zone I pour permettre la réouverture des plages dont dépend notre activité en été. Nous ne nous attendions pas à cette situation, alors qu’Asilah est restée quasiment épargnée de la pandémie. Il n’empêche que notre café-restaurant connaît plus de fréquentation vu son emplacement sur la côte et avec vue sur la mer», souligne ce gérant d’un café-restaurant sur la côte d’Asilah.

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