TPME, ces chiffres qui font peur !

TPME, ces chiffres qui font peur !

BAM publie une radioscopie détaillée de la réalité du tissu des entreprises au Maroc

Le Maroc dispose, enfin, d’indicateurs précis qui relatent la réalité du tissu entrepreneurial.
L’absence de chiffres a longtemps été un obstacle pour déterminer le réel besoin des entreprises marocaines et d’identifier les défis à relever. Le premier rapport de l’Observatoire marocain de la très petite et moyenne entreprise (OMTPME), relevant de Bank Al-Maghrib, vient combler cette faille. Une première radioscopie du tissu productif est désormais disponible. Certes, les statistiques fournies sont arrêtées à 2018, mais donnent plus au moins la tendance globale de ce secteur. Ce document tend à éclairer la réflexion sur les enjeux liés au tissu productif national en particulier celui des TPME. Il livre en effet une analyse détaillée sur la démographie et la santé économique et financière des entreprises personnes morales assujetties à l’IS. Détail des principales conclusions.

Un tissu fragmenté

L’Observatoire marocain de la TPME relève dans son premier rapport une fragmentation du tissu des entreprises personnes morales actives. Une prédominance des TPME est dans ce sens observée. Elles représentent en effet 99,4% des entités ciblées, dont plus de 85,8% sont des microentreprises avec un chiffre d’affaires n’excédant pas les 3 millions de dirhams. «La part de cette dernière catégorie d’entreprises dans le tissu productif national serait encore plus importante si l’on devait y intégrer les entreprises personnes physiques déclarées à la DGI et les autres unités de production de l’économie», peut-on constater dans ce sens. Parmi les conclusions tirées par l’Observatoire, on relève que «les TPME ne réalisent que 36,7% du total du chiffre d’affaires, dont 27,3% à l’export et 36,6% de celui de la valeur ajoutée de la population d’entreprises étudiées alors qu’elles sont les principales pourvoyeuses de l’emploi, puisqu’elles ont occupé près de 73% de l’effectif déclaré à la CNSS». L’analyse démontre que la plupart des TPME exercent des activités peu consommatrices de ressources financières. Les secteurs «Commerce ; réparation d’automobiles et de motocycles» et «Construction» captent plus de la moitié des entreprises étudiées (54%).

Des fragilités financières relevées

L’Observatoire de la TPME s’est penché dans son rapport sur l’analyse de la situation financière des TPME. Le constat établi fait ressortir plusieurs sortir du marché dans des délais assez courts. Les entreprises de petite taille sont les plus concernées, notamment en termes de structure bilantielle et de productivité et de rentabilité. «Les analyses montrent que les entreprises radiées avant d’arriver au terme de 5 ans d’existence représentent, en moyenne annuelle, plus de 50% du total des radiations sur la période 2016-2018», lit-on du rapport.
S’agissant du financement bancaire, ledit rapport fait ressortir des disparités importantes en termes du taux d’accès des entreprises. En 2018, les grandes entreprises ont bénéficié de 60,5% de l’encours total des crédits accordés à ces entreprises, contre 14,2% pour les moyennes entreprises, 12% pour les petites entreprises, 4,1% pour les très petites entreprises et 9% pour les microentreprises. Se référant à l’Observatoire, le taux d’accès moyen global du crédit bancaire est de 39,4%. Il affiche toutefois des niveaux qui varient selon les différentes catégories d’entreprises. «Si celui des GE et ME convergent à des niveaux presque similaires soit respectivement 86,6% et 85,4%, pour les autres catégories le taux d’accès est inégal et reflète un degré de pénétration de financement bancaire très faible pour les TPE et les microentreprises en particulier celles ayant un chiffre d’affaires n’excédant pas 1 million de dirhams, pour lesquelles ce taux est plus de trois fois moins important que la moyenne globale», peut-on conclure de l’analyse de l’Observatoire.

Une dynamique de création en 2018

L’année 2018 a été marquée par une dynamique en termes de création d’entreprises. C’est d’ailleurs ce que confirme l’Observatoire dans ce premier rapport. Au total, 98.000 entreprises ont été créées durant cette année dont plus de 46.000 personnes morales. Ces dernières ont affiché une évolution de 13,2% en termes de nombre contre 1,8% en 2017.

Commentant ces chiffres, l’Observatoire attribue ce dynamisme à certaines exonérations d’impôts ainsi qu’à la simplification des démarches administratives. L’Observatoire souligne également que la quasi-totalité des entreprises créées en 2018 sont des microentreprises au moment où celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 3 millions de dirhams ont représenté environ 1,5% du total des créations.

A noter que les 31,4% des entreprises créées en 2018 opèrent dans le «commerce, réparation d’automobiles et de motocycles», 22% dans la construction et 10% dans les activités spécialisées scientifiques et techniques.

Une forte concentration sur l’axe El Jadida-Tanger

En établissant une répartition régionale des entreprises ciblées, l’Observatoire indique que près de 66% des entreprises morales actives sont concentrées sur l’axe Tanger-El Jadida. La région de Casablanca-Settat capte dans ce sens 40,3% de l’effectif global. Rabat-Salé-Kénitra arrive en deuxième position avec 14,9% au moment où Tanger-Tétouan-Al Hoceima en détient 11,2%.

Pour ce qui est de la géographie des nouvelles créations, 35,8% de ces entités sont situées au niveau de la région de Casablanca Settat, 14% au niveau de Rabat-Salé-Kénitra et 11,6% à Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

 

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