TPME – Rupture et cohérence d’actions : Les principales caractéristiques du Programme intégré d’appui et de financement des entreprises

TPME – Rupture et cohérence d’actions  : Les principales caractéristiques du Programme intégré d’appui et de financement des entreprises

Les entrepreneurs auront accès à un financement plus simplifié avec beaucoup de facilités et des conditions encourageantes. En ciblant cette catégorie d’entreprises, les banques de la place élargiront, quant à elles, leurs bases clientèle et seront par ailleurs rassurées pour pouvoir asseoir leurs engagements.

Au Maroc, la sphère entrepreneuriale reste dominée par la Très petite et moyenne entreprise (TPME). Ces unités représentent 93% de l’ensemble des entreprises au niveau national. 64% de ces entités sont des Très petites entreprises (TPE) alors que 29% autres sont des PME. Les grandes entreprises, pour leur part, ne représentent que 7% du tissu entrepreneurial. Ces chiffres révélés, récemment, par le Haut-commissariat au Plan (HCP) démontrent la prépondérance des petites structures entrepreneuriales dans l’économie marocaine. Malgré leur nombre croissant, elles restent exposées à de nombreuses contraintes qui les asphyxient aux premières années de leur création. L’accès au financement est la principale problématique à laquelle elles font face. Se référant au HCP, une entreprise sur cinq recourt au financement externe qui se présente dans la plupart des cas sous forme de crédit bancaire. Or, ces prêts ne sont pas accordés à tous les demandeurs. Les TPE sont les plus lésées. Et pour cause : elles manquent de garanties suffisantes pour instituer leurs demandes de prêts.

Une stratégie à fort impact

C’est pour répondre à la problématique de financement que le programme intégré d’appui et de financement des entreprises a été mis en œuvre. Cette stratégie aura un impact positif sur l’ensemble des parties prenantes. Les entrepreneurs auront ainsi accès à un financement plus simplifié avec beaucoup de facilités et des conditions encourageantes. En ciblant cette catégorie d’entreprises, les banques de la place élargiront, quant à elles, leurs bases clientèle et seront par ailleurs rassurées pour pouvoir asseoir leurs engagements. Du côté de l’État, ce dispositif contribuera de façon efficace à réduire les disparités territoriales, notamment en encourageant l’entrepreneuriat dans le monde rural. L’initiation des jeunes diplômés au monde de l’entreprise réduirait, par conséquent, le taux de chômage d’autant plus que l’insertion des TPME au circuit de financement dynamisera la création de l’emploi et favorisera l’inclusion financière.

Les principales ruptures apportées

Il faut dire que le Maroc a toujours placé l’entrepreneuriat au cœur de ses priorités. Plusieurs initiatives ont été engagées par le passé. Citons notamment l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), le programme jeunes promoteurs, la création du registre national de l’auto-entrepreneur… Le programme intégré d’appui et de financement des entreprises s’inscrit dans la continuité des efforts engagés tout en apportant trois principales ruptures dont la première est relative à l’accès au financement. De nouveaux mécanismes de financement ont été conçus, en s’axant sur des garanties pouvant aller jusqu’à 80%. Ces garanties s’appuient pour, leur part, sur le fonds d’affectation spéciale qui a été créé dans le cadre de la loi de Finances 2020. La finalité étant de soutenir les opérations d’appui au financement inscrite dans le cadre du programme intégré et ce sur une durée de trois ans. Ce fonds est doté d’une enveloppe de 6 milliards de dirhams dont 3 milliards de dirhams injectés par le secteur bancaire. A ce montant s’ajoutent 2 milliards de dirhams alloués par le Fonds Hassan II pour le soutien des projets d’entrepreneuriat dans le monde rural. La deuxième rupture concerne les garanties liées aux crédits. Tel que déterminé dans les conventions signées dans le cadre du programme intégré d’appui et de financement des entreprises, les banques renoncent à toutes les garanties personnelles pour se suffire des garanties liées aux projets objet de la demande de crédit, soit une première au Maroc. La grande nouveauté de ce dispositif est relative aux taux d’intérêt bancaires à appliquer. Ils sont sans conteste historiquement bas par rapport à ce qui a été pratiqué auparavant.

Le suivi et l’accompagnement, deux facteurs clés

Il est à noter que ce dispositif intégré s’articule autour de deux éléments fondamentaux. Citons en premier l’évaluation périodique prévue pour le suivi des réalisations de ce dispositif. Il s’agit d’un processus dynamique qui permettra aux principaux intervenants d’apporter les ajustements nécessaires au moment opportun et d’adapter les actions aux réalités du marché. La deuxième particularité qui marque ce dispositif est le volet accompagnement. Une convention a été signée, dans ce sens, entre le ministère de l’intérieur, le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, Bank Al-Maghrib, la CGEM et l’OFPPT. Ce partenariat porte sur la coordination des actions d’appui et d’accompagnement de l’entrepreneuriat aussi bien en pré qu’en post création au niveau des différentes régions du Maroc.

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