Le Conseil revendique un cadre réglementaire complet et adapté
Digital : Le président du CESE Ahmed Réda Chami a mis l’accent sur la nécessité d’une stratégie nationale pour accompagner le changement digital. L’intelligence artificielle doit être érigée en priorité nationale dans le chantier de la transformation digitale.
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a tenu, mercredi à Rabat, une conférence sur la transformation digitale. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du roadshow du CESE sur la transformation digitale, qui sillonne les universités marocaines en vue de présenter aux étudiants les missions et travaux du CESE et les inviter à partager leurs avis et contributions sur la plateforme digitale participative du CESE «ouchariko.ma». Lors de cette rencontre, le président du CESE Ahmed Réda Chami a indiqué que le Maroc dispose d’un grand potentiel en matière de transformation digitale qui lui offre des possibilités pour se positionner comme un hub régional en développant les services à distance, des logiciels et des applications. M. Chami a mis l’accent sur la nécessité d’une stratégie nationale pour accompagner ce changement digital. A cet égard, le CESE propose une vision axée autour de quatre piliers, à savoir l’inclusion numérique de tous et l’administration électronique (e-gouvernement). A ce sujet, M. Chami a insisté sur le fait que «tous les services administratifs doivent se faire en ligne».
Le président du CESE a néanmoins reconnu qu’il reste encore beaucoup à faire pour atteindre cet objectif. Le troisième pilier réside dans l’utilisation de l’information ou du digital des entreprises et PME marocaines pour améliorer leur compétitivité pour avoir accès à d’autres marchés et surtout le e-commerce. Quant au quatrième pilier, il est axé sur la création d’un écosystème digital marocain en utilisant le levier de la commande publique et des mécanismes de financement innovants pour les acteurs du secteur. Le président du CESE a rappelé que la transformation digitale est un processus de mutation de la société induit par l’adoption massive des technologies numériques (Internet, smartphones, médias sociaux, e-commerce, IoT, etc.), notant que «cette transformation impacte profondément notre manière de vivre, de travailler, de consommer et de communiquer ainsi que nos modèles économiques, politiques et sociaux ».
Digitalisation de l’ensemble des procédures administratives dans un délai de 3 ans
Le CESE a émis une série de recommandations qui ont été présentées mercredi lors de cette recontre. Ainsi, le CESE appelle à l’adoption d’une vision claire avec des objectifs qui orientent vers une transformation digitale inclusive et responsable. Parmi les autres recommandations importantes figure l’inclusion de la totalité de la population en matière d’accès à la technologie dans un délai de 3 ans. Dans le cadre de l’économie digitale, le CESE recommande l’augmentation de la contribution du secteur TIC à +10% du PIB d’ici 5 ans ainsi que la digitalisation de l’ensemble des procédures administratives dans un délai de 3 ans. Le Conseil suggère de donner la priorité au digital comme moyen par défaut de la mise en œuvre des lois, réglementations et services publics. Le Conseil revendique également un cadre réglementaire complet et adapté en matière de digitalisation : télétravail et protection des données. Il est aussi question d’améliorer la cybersécurité et la souveraineté numérique. Par ailleurs, le CESE estime qu’il faut développer des data-centers souverains nationaux et régionaux, en s’appuyant sur des partenariats public-privé. Le Conseil insiste sur la nécessité d’accélérer le déploiement du paiement mobile, d’encourager les entreprises marocaines à se digitaliser. Enfin, le Conseil appelle à ériger l’intelligence artificielle (IA) en priorité nationale dans le chantier de la transformation digitale.










