Le Maroc est bien placé pour répondre à la demande croissante au niveau mondial de services de transport maritime, tout en gérant ses émissions de manière responsable.
Transport durable : Selon un article récent de la Banque mondiale, le Maroc se distingue comme un hub stratégique de la transition énergétique dans le transport maritime mondial. Les détails !
À l’heure où le transport maritime mondial s’engage dans une profonde mutation pour concilier croissance des échanges et impératifs climatiques, le Maroc s’affirme comme un acteur stratégique de la transition énergétique. Ce rôle est mis en exergue par la Banque mondiale dans un récent article. Intitulée «Le Maroc, moteur de la transition énergétique du transport maritime mondial», cette publication met en avant la transformation engagée au niveau national en vue de faire du Royaume un hub majeur de production, de stockage et de soutage de carburants verts à base d’hydrogène. Se référant à la Banque mondiale, le Maroc, grâce à sa position géographique stratégique, ses ressources abondantes en énergies renouvelables et son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, est bien placé pour répondre à la demande croissante au niveau mondial de services de transport maritime, tout en gérant ses émissions de manière responsable. «Les dérivés de l’hydrogène vert, comme l’ammoniac et le méthanol, s’imposent comme des options prometteuses pour remplacer les carburants traditionnels dans le transport maritime», peut-on lire dans ce sens.
Et de poursuivre : « Des quantités importantes d’hydrogène vert seront nécessaires pour alimenter le transport maritime ainsi que d’autres secteurs. Cela représente une excellente opportunité pour certains pays de tirer profit d’une industrie nouvelle et en pleine croissance». Dans cette dynamique, la Banque mondiale estime que le Maroc est d’ores et déjà un acteur clé du transport maritime et ses ports sont prêts à servir de plaques tournantes pour la production, le stockage, le soutage et l’exportation d’hydrogène vert. «Les infrastructures portuaires constituent un élément majeur du cadre stratégique du gouvernement marocain pour développer la filière de l’hydrogène vert», retient-on. En effet, une nouvelle étude de la Banque mondiale met en avant les ports clés qui pourraient jouer un rôle déterminant dans la réalisation des ambitions du Maroc en matière d’hydrogène vert. On cite Tanger-Med, Mohammedia, Jorf Lasfar et un port situé à proximité de Tan-Tan. «Une analyse exhaustive de scénarios montre que la mobilisation des atouts spécifiques des quatre ports permettrait de réduire les coûts. La configuration la plus rentable prévoit que l’hydrogène et ses dérivés soient produits et exportés depuis Tan-Tan, stockés dans des cavités salines à Mohammedia, distribués à l’industrie lourde à Jorf Lasfar et utilisés pour le soutage à Tanger Med», peut-on déduire de la publication de la Banque mondiale. Se référant aux projections établies, les navires faisant escale dans les ports marocains pourraient nécessiter, dans un scénario de demande moyenne, environ 0,2 million de tonnes d’hydrogène équivalent en carburant d’ici 2030, et environ 2,83 millions de tonnes d’ici 2050. Il serait converti en combustible marine vert sous forme d’ammoniac ou de méthanol.
La Banque mondiale met également l’accent sur le caractère distinctif des ressources marocaines en énergies renouvelables. Elles sont placées, selon l’article, parmi les meilleures au monde constituant la base d’une production d’hydrogène vert à grande échelle et à faible coût. «Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Maroc pourrait produire de l’hydrogène vert à un coût compris entre 1,5 USD et 2,5 USD par kg d’ici 2050. D’autres projections l’estiment plutôt entre 0,6 USD et 1,3 USD par kg, ce qui positionne le pays comme un producteur compétitif», rappellent les auteurs de l’article . Et de préciser que «les voies maritimes qui traversent le détroit de Gibraltar renforcent encore la position du Maroc en tant que pôle mondial de l’hydrogène».
Les projections indiquent que les exportations marocaines d’hydrogène vert pourraient atteindre entre 0,3 et 0,65 million de tonnes d’ici 2030 et s’élever entre 3,4 et 9,5 millions de tonnes d’ici 2050.









