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Transition énergétique, un secteur prolifique pour l’investissement

Transition énergétique, un secteur prolifique pour l’investissement

La Chambre française de commerce y a consacré une rencontre le 22 février

«Afin de décarboner la production industrielle, améliorer la compétitivité du secteur et améliorer son attractivité, le Maroc œuvre pour doter toutes les zones industrielles d’une énergie électrique de source renouvelable avec un productible de l’ordre de 800 gigawattheures par an».

Le Maroc présente des opportunités d’investissement importantes en matière de transition énergétique pour les investisseurs français. Le pays compte aussi capitaliser sur ces avancées pour se positionner dans l’économie naissante de l’énergie verte. A cet égard, la Chambre française de commerce et d’industrie (CFCIM) a organisé le 22 février 2022 une rencontre sous le thème «Transition énergétique et industrie 4.0». L’occasion a été de passer en revue les projets en cours et les perspectives d’investissements dans le secteur.

Etat des lieux

Récemment, les pays européens se sont accordés sur un pacte vert pour atteindre la neutralité climatique d’ici 2050. Ce plan prévoit un système de quotas d’émissions, des objectifs d’actions pour l’économie circulaire et même des taxes carbone pour les pays qui ne réduisent pas leur taux de pollution. «Dans ce contexte marqué par une mobilisation en faveur de la neutralité carbone et d’une relance post-Covid, le Maroc œuvre pour répondre aux préoccupations des industriels marocains liées d’une part à l’exigence de la décarbonisation qu’instaure le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Europe, qui est le premier partenaire commercial du Royaume, et d’autre part la réduction de leur facture énergétique. L’entrée en vigueur de ce processus est envisageable dans les prochaines années, mais les entreprises marocaines ont déjà entamé leur transition vers un modèle opératoire décarboné. D’autant plus que le pays dispose de tous les atouts pour assurer cette mutation en capitalisant sur les acquis de la stratégie énergétique des énergies renouvelables amorcée depuis quelques années sur le plan national», affirme Mohammed Ouhmed, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au ministère de la transition énergétique et du développement durable.

Et d’ajouter: «Afin de décarboner la production industrielle, améliorer la compétitivité du secteur et améliorer son attractivité, le Maroc œuvre pour doter toutes les zones industrielles d’une énergie électrique de source renouvelable avec un productible de l’ordre de 800 gigawattheures par an». A cet effet, un premier projet a été autorisé pour la zone industrielle de Kénitra tandis que d’autres projets sont en cours pour alimenter les autres zones industrielles prioritaires. Il faut dire que le Maroc a entamé depuis plus d’une décennie sa transition énergétique pour développer un modèle économique sobre en carbone. Au cours des deux dernières décennies, le pays n’a pas hésité à investir massivement dans les énergies renouvelables et a revu de manière systématique son ambition à la hausse, selon Mohammed Ohmed. La stratégie du pays commence à porter ses fruits puisque «aujourd’hui, environ 50 projets d’énergie renouvelable cumulant une capacité totale de 3.950 mégawatts sont déjà en service assurant ainsi environ 20% de la production électrique. Ils ont contribué à réduire notre dépendance de 8 points depuis 2009». Cette dynamique de développement d’énergie renouvelable se poursuit toujours avec près de 60 autres projets de différentes tailles qui sont en cours de développement.
Par ailleurs, l’intérêt est de plus en plus accordé à la valorisation de la biomasse, l’étude y afférente est achevée, rapporte le responsable. A cela s’ajoutent les projets de dessalement de l’eau de mer par l’utilisation de l’énergie renouvelable. L’idée serait d’adosser à toutes les stations de dessalement des unités de production d’énergie renouvelable permettant de leur assurer une autonomie et des économies de l’énergie en s’appuyant sur les gisements situés à proximité de celles-ci. Le Maroc ambitionne aussi d’exploiter l’énergie issue des courants marins.

Pour la compétitivité de l’industrie

Renforcer la part de l’énergie propre dans l’industrie se concrétise à travers les différentes initiatives lancées. Au cours de cette rencontre, Said Mouline a mis l’accent sur trois aspects fondamentaux de cette transition énergétique, à savoir la normalisation (cadre réglementaire et législatif), l’accompagnement technique et financier, et la sensibilisation et la formation.
Il assure que pour chacun des secteurs tels que l’industrie, le bâtiment, le transport ou encore l’agriculture, il y a un certain nombre d’actions conduites pour atteindre l’objectif de 20% d’efficacité énergétique d’ici 2030. Par ailleurs, il explique que le Maroc est compétitif dans le domaine, notamment dans le solaire et l’éolien (moins de 3 centimes d’euro pour 2 wattheures éoliens, entre 2 et 3 centimes d’euro pour 2 wattheures photovoltaïques) assurant que ce schéma est «en train de changer la donne».
A côté de cela, l’industrie dans le secteur s’aligne sur les objectifs du pays. Ainsi, 68% des composantes d’une éolienne sont fabriquées au Maroc avec des usines implantées un peu partout dans le pays. Le DG de l’AMEE a relevé aussi l’importance des projets décentralisés qui peuvent être aussi plus rentables.
A ce titre, il donne l’exemple du secteur agricole où les agriculteurs ont été accompagnés pour passer des pompes diesel à des pompes solaires. Ainsi, 60.000 pompes solaires ont été installées après les avoir sensibilisés, formés et accompagnés dans cette démarche. L’accompagnement financier est également présent avec des lignes dédiées aux pompages solaires offerts par Tamwil El Fellah du Crédit Agricole du Maroc.

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