Transport routier : Une branche sinistrée

Transport routier : Une branche sinistrée

La crise a dévoilé plusieurs failles du secteur. Citons à cet égard le manque de coordination entre les différents intervenants du transport, l’absence de complémentarité entre les modes de gestion de la crise et la prolifération de l’informel.

Si l’activité logistique a résisté à la crise sanitaire, celle du transport a encaissé un coup dur en cette période. Les premiers mois de la pandémie ont été très mal vécus par les transporteurs. Les restrictions de déplacement et la fermeture des frontières terrestres durant le confinement ont gelé la dynamique du secteur poussant la moitié des entreprises à s’arrêter de façon provisoire ou définitive. Une situation inédite qui est venue aggraver davantage les maux de cette branche économique. L’impact de la crise est différencié et ce en fonction de la typologie du transport. Contribuant à hauteur de 15% aux recettes fiscales, le transport routier a été davantage fragilisé durant cette conjoncture. Ce sous-secteur est majoritairement constitué de petites entreprises dont une grande partie opérant dans l’informel. S’agissant du transport de marchandise, le choc a été brutal du fait de la baisse de la demande suite aux perturbations qu’a connues la chaîne d’approvisionnement.

Le transport de personnes a continué à opérer à des cadences différentes même durant le confinement. Toutefois, la fermeture des frontières terrestres a fait plonger les opérateurs du transport international dans l’incertitude. Leurs activités ayant été à l’arrêt depuis le déclenchement de la crise, ces entités souffrent de grandes difficultés mettant en péril les investissements engagés dans ce sens. Rappelons que le secteur du transport dans toutes ses composantes constitue le 9ème contributeur au PIB. Il a généré en 2019 une valeur ajoutée de l’ordre de 47,8 milliards de dirhams, soit 4,7% de la valeur ajoutée totale.

La relance vue par les professionnels
La crise a dévoilé plusieurs failles du secteur. Citons à cet égard le manque de coordination entre les différents intervenants du transport, l’absence de complémentarité entre les modes de gestion de la crise et la prolifération de l’informel. Des contraintes qui peuvent être transformées en opportunités. Sur les différents panels où ils sont intervenus, les professionnels du secteur ont plaidé pour une relance intégrée et participative. La résilience du secteur passe par la multimodalité, l’accélération de la digitalisation et la mise à niveau de l’arsenal juridique pour plus de souplesse dans l’exploitation des moyens de transport. Des mesures d’ordre administratif et réglementaire sont également de mise. Citons à cet effet la création d’un observatoire national du transport routier, l’élaboration d’un programme de mise à niveau des infrastructures de transports collectifs de personnes, l’accélération de la signature des accords bilatéraux et l’échange d’informations entre les administrations ainsi que la limitation de l’âge d’importation des véhicules d’occasion. Par ailleurs, les professionnels revendiquent la révision de la fiscalité du secteur et la création d’un fonds spécial pour la réforme du transport routier et de la logistique.

Des contrats programmes dans le pipe
La tutelle se penche actuellement sur la finalisation de deux contrats programmes relatifs respectivement au transport de marchandises et celui des personnes. Ces dispositifs visent une mise à niveau du secteur en le dotant d’une réglementation qui tient en compte les évolutions conjoncturelles. L’engagement étant de mettre en cohérence les différentes politiques du gouvernement vis-à-vis du secteur. Outre le volet fiscalité, les contrats programmes consacreront l’orientation de la «professionnalisation du secteur» en encourageant ainsi l’intégration de l’informel dans le circuit formel. Les contrats programmes traiteront également de la mise à niveau de compétences et de savoir-faire, notamment au niveau managérial. Les contrats programmes visent en outre, la mise en place d’un nouveau système de gouvernance à travers un Conseil national de transport. Un organe où tous les professionnels partageront leurs visions respectives pour réorienter le secteur.

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