Trois phases d’implémentation ont été définies : Une feuille de route marocaine pour l’hydrogène vert

Trois phases d’implémentation  ont été définies : Une feuille de route marocaine pour l’hydrogène vert

Vecteur d’une transition énergétique innovante, le Maroc mise grand sur l’hydrogène vert pour exporter son savoir-faire énergétique.

Le Royaume fait partie des rares pays arabes et africains à s’être doté d’une feuille de route ambitieuse. La stratégie déclinée dans ce sens sera mise en place de manière progressive. Le but étant d’assurer une exploitation optimale de l’ensemble du potentiel aussi bien pour l’économie nationale que pour l’export. On note dans ce sens 3 grandes phases. La première couvre la période allant de 2020 à 2030. Deux piliers sont envisagés à ce niveau. Le premier porte sur l’utilisation locale comme matière première dans l’industrie.

L’accent sera mis sur la production de l’ammoniac vert dans l’industrie des engrais. Le deuxième pilier consiste à exporter les produits issus de l’hydrogène vert vers des pays engagés dans des objectifs ambitieux de décarbonation. Se référant à la feuille de route du secteur, «les coûts des produits de l’hydrogène vert resteraient plus élevés durant cette période que ceux des produits conventionnels». Et de préciser que «le développement de l’industrie de l’hydrogène reposerait sur divers projets pilotes et de développement bénéficiant d’un soutien des pouvoirs publics et d’un financement bonifié des institutions financières nationales et internationales». Le deuxième cap de l’implémentation de la feuille de route de l’hydrogène vert s’étale sur la décennie 2030-2040. A ce niveau, d’autres conditions spécifiques favorables permettront de développer des premiers projets économiquement viables, notamment pour l’ammoniac et l’hydrogène vert, au niveau national et international. Citons dans ce sens la réduction des coûts des produits de l’hydrogène vert et la mise en place d’une réglementation environnementale. Il est de même pour les exportations de combustibles liquides synthétiques tels que le kérosène, le diesel, l’essence dans le cas de l’adoption d’une réglementation environnementale encourageante dans les régions importatrices des dérivés de l’hydrogène vert comme l’Europe, ce qui représente des opportunités pour le Maroc afin de développer progressivement cette filière.

«L’utilisation locale de produits de l’hydrogène vert dans le secteur de l’électricité, comme vecteur pour le stockage de l’énergie, et dans le transport comme carburant, pourrait soutenir l’expansion de l’industrie de l’hydrogène au Maroc. Toutefois, des projets pilotes pour ces secteurs pourraient être lancés à court ou moyen termes afin de tester les applications technologiques et les réadapter au contexte marocain, en vue d’optimiser leur déploiement à long terme», peut-on lire de la feuille de route du secteur. Il est à préciser que dans le secteur de l’énergie, l’hydrogène vert peut être utilisé comme vecteur pour le stockage de l’énergie afin de réduire les congestions du réseau et d’améliorer la flexibilité du système électrique national. La troisième phase de la déclinaison de la feuille de route s’étend de 2040 à 2050. Cette période est marquée par l’amélioration des analyses de rentabilité concernant l’ammoniac, l’hydrogène et les carburants synthétiques verts destinés à l’exportation ainsi que par l’accélération du développement des technologies et de l’industrie de l’hydrogène vert aussi bien sur le plan national que mondial. Une expansion qui évoluera davantage par l’utilisation locale de l’hydrogène vert dans l’industrie, pour la production de chaleur, dans le secteur résidentiel et dans la mobilité urbaine et le transport aérien.
Toutefois, la demande pour ces secteurs en hydrogène vert ou en méthane synthétique, en particulier, dans le cas du secteur résidentiel, porte sur des volumes de demande éventuellement faibles associés à des besoins d’investissement élevés pour le développement des infrastructures de distribution importantes.
Dans le domaine du transport, les possibilités de développement à long terme ciblent essentiellement les moyens de transports terrestres lourds et l’aviation. Une certaine demande pourrait apparaître dans le secteur du transport, probablement associée à l’hydrogène vert utilisé pour le fret, l’exploitation minière et les transports publics dans le cadre des projets pilotes.

Tout savoir sur l’hydrogène

Le marché mondial de l’hydrogène est aujourd’hui essentiellement un marché industriel. Les trois marchés les plus importants sont la désulfurisation de carburants pétroliers, la synthèse d’ammoniac principalement pour les engrais, et la chimie. Scientifiquement, l’hydrogène (H2) se présente comme un gaz invisible et inodore. Il s’agit de l’élément chimique le plus léger et le plus abondant sur Terre. Il est rarement présent à l’état pur mais entre dans la composition de l’eau et des hydrocarbures. L’hydrogène peut être produit de façon décarbonée et économique grâce à la technologie de l’électrolyse. Cette dernière consiste à séparer une molécule d’eau en hydrogène (H2) et en oxygène (O2) par un apport d’électricité, à condition que l’électricité ayant servi à le produire soit elle-même produite à partir de sources renouvelables. La production d’hydrogène par électrolyse de l’eau présente à terme une solution structurante pour l’intégration des énergies renouvelables au système énergétique. Ainsi produit, l’hydrogène permet d’accélérer la décarbonation de plusieurs secteurs dans l’industrie, la mobilité, et les réseaux de gaz.

Il est à noter que les électrolyseurs produisent également de l’oxygène, à raison de 8 kg d’oxygène (O2) pour 1kg d’hydrogène (H2). Ainsi, le Maroc pourra également disposer d’une quantité substantielle d’oxygène pour diverses applications industrielles, pour le marché local mais également pour l’export. Les propriétés de l’hydrogène permettent différentes applications, selon le procédé de production, soit dans un réseau de gaz naturel mélangé au méthane pour générer de la chaleur, dans un véhicule comme source d’énergie pour une motorisation électrique (l’électricité est produite par une pile à combustible intégrée dans le véhicule) ou thermique (combustion directe de l’hydrogène) ainsi que dans le réseau électrique, pour produire de l’électricité. L’hydrogène peut aussi intervenir dans le domaine de la chimie, il y est ainsi valorisé pour ses propriétés chimiques. Il peut être utilisé comme matière première dans les secteurs du raffinage d’hydrocarbures, de la production d’engrais, et certains usages de la chimie. L’hydrogène peut être également mélangé au CO2 produit du méthane de synthèse, molécule identique au gaz naturel. Des carburants synthétiques dérivés peuvent aussi être produits à travers cette filière, en l’occurrence le méthanol, le diesel et le kérosène…

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