TVA, intermédiation, Takaful, numérisation : Les agents de l’assurance pensent à l’après-crise

TVA, intermédiation, Takaful, numérisation : Les agents de l’assurance pensent à l’après-crise

«Le secteur a enregistré une croissance appréciable (au regard de la situation que nous avons traversée) de 1,9% avec un volume des primes de 45,7 milliards de dirhams».

«Nous avons des sujets très sérieux à régler absolument». Ainsi s’exprimait, mercredi à Casablanca, Farid Bensaid, lors de la 5ème rencontre annuelle de la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance du Maroc (Fnacam), dont il est le président, à propos du secteur qui «ne s’est pas assez bien sorti de la crise». Un événement qui se veut, selon M. Bensaid et d’autres intervenants, de «poser des jalons». Le tout en mettant l’accent sur les soucis des professionnels.

Les maux du secteur

Tel que les énumère le président, les problèmes concernent notamment «la TVA et la digitalisation». Il est également question, pour lui, de relation entre la Fnacam et la FMSAR (Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance). «Nous devons anticiper et nous engager», ajoute-t-il en évoquant entre-temps la couverture sociale et l’assurance «Takaful». L’intervenant s’exprime de plus sur la population jeune qui fonde «beaucoup d’espoir sur les assurances». Et ce n’est pas tout ! «Nous sommes dans un secteur qui nous pose des problèmes surtout pour l’intermédiation», estime M. Bensaid qui a, tout comme les professionnels, assez d’inquiétudes sur la numérisation. De surcroît, le Livre IV régissant le secteur «n’est plus d’actualité» au sens du président qui avance des chiffres.

60 à 70% des primes viennent de l’intermédiation

A fin septembre 2021, les primes d’assurances se chiffrent à 40 milliards DH. Aussi, 60 à 70% viennent de l’intermédiation. «Cependant certains intermédiaires souffrent», commente le responsable qui indique également que le taux de pénétration de 4% est faible. A son tour, le président par intérim de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS), Othman Khalil El Alamy, ressort des chiffres. «Aujourd’hui, on peut constater avec satisfaction que le secteur des assurances a plutôt bien surmonté la crise. En effet, au terme de l’année 2020, il a enregistré une croissance appréciable (au regard de la situation que nous avons traversée) de 1,9% avec un volume des primes de 45,7 milliards de dirhams. Il est vrai que cette hausse marque la fin d’un cycle de forte croissance de plusieurs années (+8,4% en 2019), mais c’est une véritable prouesse au vu de la conjoncture économique», détaille-t-il. De même, le président de la FMSAR, Mohamed Hassan Bensalah, précise que, malgré la crise, «les primes émises en non-vie ont enregistré en 2020 une croissance de 1,9% et à fin septembre 2021 une croissance de 7,3%».
En outre, il ne manque pas de se projeter dans l’avenir à l’instar de l’ensemble des intervenants.

Chantiers à venir et enjeux

Du côté de l’Acaps, «le premier chantier est relatif à l’apurement des créances dues sur les intermédiaires». Pour M. El Alamy, qui rappelle l’existence d’un réseau de distribution de plus de 2.000 intermédiaires, cette problématique, qui persiste depuis des années, est très consommatrice de temps et d’effort des deux côtés, entravant ainsi le développement harmonieux de leurs activités. Quant au 2ème, il aura pour objectif de trouver des solutions permettant d’éviter cette problématique de créance, ou du moins en réduire l’ampleur, pour l’avenir.
Du côté de la FMSAR, M. Bensalah estime que «l’amélioration du taux de pénétration vise notamment l’assurance inclusive». «L’intermédiaire doit penser à sa transformation digitale», enchaîne-t-il. Mieux encore, il énumère les enjeux du secteur. Dans ce sens, il met notamment l’accent sur le recouvrement et le reversement des primes. Tel qu’il le précise, il faut «réinventer le système actuel pour obtenir une remontée sur l’encaissement en temps réel voire sécuriser l’intermédiaire».

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