EconomieUne

UE-Maroc : Une coopération forte en 2025, des perspectives prometteuses pour 2026

© D.R

Financement, transition, investissement… des réalisations en ligne

Avenir : L’Union européenne au Maroc et la Banque européenne d’investissement (BEI) au Maroc ont tenu une conférence de presse dédiée à la présentation du bilan 2025 de l’UE et de la BEI au Royaume, ainsi qu’à la présentation de leurs priorités pour la période à venir. À travers une mobilisation financière et politique soutenue, le partenariat UE-Maroc confirme son rôle de levier stratégique pour un développement durable, inclusif et partagé.

Les relations entre le Maroc et Union européenne (UE) continuent de se renforcer. À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 17 février 2026 à Rabat par l’UE et la Banque européenne d’investissement (BEI), le bilan de cette coopération en 2025 a été dévoilé. L’opportunité a été aussi de présenter les priorités pour les années à venir. «Le Maroc demeure un partenaire clé de l’Union européenne dans son voisinage sud et l’un des principaux bénéficiaires de nos financements dans la région Afrique du Nord–Moyen-Orient. Cette coopération de long terme repose sur une confiance mutuelle et des intérêts communs », a affirmé Dimiter Tzantchev, ambassadeur de l’UE au Maroc. S’inscrivant dans la dynamique du dernier Conseil d’Association, Bruxelles entend approfondir ce partenariat à travers le Nouveau Pacte pour la Méditerranée et l’initiative Global Gateway, afin de soutenir des projets structurants et générateurs d’opportunités concrètes pour les citoyens. Cette rencontre intervient dans un contexte politique fort, marqué par la tenue du 15ème Conseil d’Association UE–Maroc à Bruxelles, le 29 janvier, ainsi que par le 30ème anniversaire de la signature de l’Accord d’association. À cette occasion, les deux parties ont réaffirmé leur volonté de consolider une relation riche et multidimensionnelle, fondée sur un dialogue politique étroit et une coopération renforcée dans les domaines économiques, sociaux et environnementaux.

Un partenariat financier d’envergure

En 2025, la coopération technique et financière entre l’UE et le Maroc a atteint 3,5 milliards DH. Cet engagement soutient les grandes réformes engagées par le Royaume et couvre des secteurs stratégiques tels que l’éducation et la formation, la justice et les droits humains, les infrastructures publiques (eau, énergie, transport), l’investissement privé, la jeunesse et la culture, le développement territorial, l’égalité femmes-hommes, la société civile ainsi que la transition écologique. Sur le plan commercial, les échanges bilatéraux ont été multipliés par cinq depuis l’entrée en vigueur de l’Accord d’association en mars 2000, culminant à 649 milliards DH en 2024 (60,6 milliards d’euros). Le Maroc demeure aujourd’hui le premier partenaire commercial africain de l’UE, tandis que celle-ci dernière reste le premier partenaire du Royaume. Plus des deux tiers des exportations marocaines sont destinées au marché européen, représentant près de 17% du PIB national, et plus de la moitié des importations marocaines proviennent de l’Union. Un partenariat structurant, générateur de croissance, d’emplois et de stabilité des deux côtés de la Méditerranée.

La BEI, bras financier stratégique

Bras financier de l’UE, la BEI joue un rôle central dans le financement des projets structurants au Maroc. En 2025, elle a signé 740 millions d’euros de financements (un niveau inédit depuis 2012) en faveur de la résilience économique, de la transition énergétique, de la sécurité hydrique et de la reconstruction post-séisme d’infrastructures essentielles. «En tant que banque de l’Union européenne, la BEI est pleinement engagée pour traduire en actions concrètes les priorités du partenariat UE–Maroc », a souligné Adrien de Bassompierre, chef de la représentation de la BEI au Maroc.

Soutien aux grandes réformes

L’Union européenne a mobilisé 2,48 milliards DH (233,42 millions d’euros) d’appuis budgétaires pour accompagner les réformes nationales. Ces financements ciblent des priorités majeures dans des domaines comme le développement humain, la transition verte, la cohésion territoriale et la croissance économique, en cohérence avec les objectifs européens et dans le cadre renouvelé du partenariat euro-méditerranéen.

Le développement humain et territorial au centre des priorités

La réforme de la protection sociale a bénéficié d’un appui significatif à travers le programme « Karama », destiné à garantir un accès plus équitable aux aides sociales et à l’assurance-maladie obligatoire. Un montant de 292 millions DH (27,5 millions d’euros) a été versé afin de contribuer à la réduction des inégalités socio-économiques. Dans le cadre de la régionalisation avancée, le Programme d’appui au développement des zones rurales et de montagne a reçu 31,8 millions DH (3 millions d’euros), renforçant la gouvernance territoriale et soutenant un développement durable au plus près des territoires.

Recherche, innovation et jeunesse

Le programme « ESRIM » accompagne la réforme de l’enseignement supérieur et le développement de la recherche et de l’innovation, tout en favorisant la mobilité académique avec l’Europe. En 2025, 240 millions DH (22 millions d’euros) ont été déboursés pour former une nouvelle génération d’étudiants et de chercheurs mieux préparés aux exigences du marché du travail.

Un partenariat vert consolidé

Le partenariat vert entre l’UE et le Maroc, conclu en 2022, s’est renforcé à travers le programme « Terre Verte », qui soutient les stratégies nationales « Génération Green » et « Forêts du Maroc » en faveur d’une agriculture durable, de la sécurité alimentaire et de l’emploi rural. À ce titre, 858 millions DH (78 millions d’euros) ont été octroyés au Trésor public. Dans le secteur énergétique, le programme « Énergie verte » a mobilisé 103,6 millions DH (9,76 millions d’euros) pour accompagner la modernisation du marché de l’électricité, la mise en place d’un mécanisme de certification de l’électricité d’origine durable et la réforme structurelle de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Par ailleurs, l’UE a consacré 112 millions DH (10,55 millions d’euros) au renforcement de la stratégie nationale d’inclusion financière et au soutien des PME, tandis que le programme « Islah » a bénéficié de 76 millions DH (7,15 millions d’euros) pour appuyer la modernisation et la numérisation de l’administration publique.