Que ce soit dans le domaine de l’énergie solaire ou dans celui de l’énergie éolienne, le Maroc dispose d’une énorme capacité pour développer une industrie locale.
Potentiel : L’attractivité du Maroc et son émancipation dans le domaine reviennent à l’adoption d’un cadre législatif et réglementaire visant à encourager l’investissement et le développement dans le secteur privé, avec la création d’institutions publiques liées aux énergies renouvelables et à la structuration du secteur privé sous forme de fédérations, d’associations professionnelles et de clusters.
Avec son énorme potentiel éolien et solaire, le Maroc mise sur son avenir en tant qu’acteur mondial dans le domaine des énergies renouvelables en projetant de devenir un fournisseur pour les pays européens et africains. Il va sans dire que le Maroc jouit d’une image très attractive sur la scène internationale en matière d’énergies renouvelables. Ainsi, dans l’indice d’attractivité des pays en matière d’énergies renouvelables 2025 (RECAI), élaboré par le cabinet de conseil EY, le pays occupe la première place du continent africain, devant l’Égypte et l’Afrique du Sud, et la 27e place au niveau mondial. Il figure également dans le top 10 du Climate Change Performance Index 2025 (CCPI), avec la note « élevé », devançant la plupart des pays membres de l’Union européenne. Il faut souligner qu’il y a plusieurs années que l’approche visionnaire de SM le Roi Mohammed VI dans le secteur des énergies renouvelables a vu le jour. Dans son discours prononcé lors de la première Conférence nationale sur l’énergie, qui s’est ouverte le 6 mars 2009 à Rabat, le Souverain avait déclaré que « sur la base de notre vision à long terme, qui tient compte des tendances et des évolutions de la situation énergétique mondiale qui se dessineront au cours des prochaines décennies, nous faisons de la disponibilité de l’énergie, de la sécurité de l’approvisionnement et de la protection de l’environnement nos principales priorités. Notre pays doit donc se préparer et s’adapter en permanence aux divers changements à venir, afin que nous puissions garantir le développement social et économique, tout en répondant à nos besoins énergétiques croissants de manière durable (…). Nous nous concentrons sur la nécessité de diversifier nos sources d’énergie et de mobiliser nos ressources renouvelables». Par la suite, la vision royale s’est traduite en objectifs concrets et quantifiables. Récemment (fin 2024), la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique marocain atteint 44% des besoins totaux. En ce qui concerne la contribution des énergies renouvelables, l’énergie éolienne représente 44 % du total, l’énergie hydraulique 40 % et l’énergie solaire 16 %.
Une énorme capacité de développement
Techniquement parlant, le potentiel éolien au Maroc est de 25.000 MW, grâce à une vitesse moyenne du vent comprise entre 9,5 et 11 mètres par seconde à 40 mètres. Quant au potentiel solaire, c’est une moyenne de 3.000 heures d’ensoleillement par an, avec un potentiel de 6,5 kW/heure par mètre carré et par jour. C’est dire que le Royaume dispose d’un énorme potentiel en matière d’énergie éolienne. Un potentiel qui se traduit déjà en production d’électricité : en 2024, le Maroc disposait d’une capacité de 5,3 GW provenant d’énergies renouvelables, plus une capacité supplémentaire de 2,6 GW entre 2023 et 2027 : 2 120 MW d’énergie hydraulique, 2.360 MW d’énergie éolienne et 857 MW d’énergie solaire. Que ce soit dans le domaine de l’énergie solaire ou dans celui de l’énergie éolienne, le Maroc dispose d’une énorme capacité pour développer une industrie locale dans les quatre volets du processus: fabrication de pièces, planification et développement, ingénierie et construction, exploitation et maintenance. Ce qui fait que le Royaume offre d’excellentes opportunités d’investissement dans le secteur des énergies renouvelables pour les entreprises qui souhaitent participer au développement de ce secteur dans le pays. L’attractivité du Maroc et son émancipation dans le domaine reviennent à l’adoption d’un cadre législatif et réglementaire visant à encourager l’investissement et le développement dans le secteur privé, avec la création d’institutions publiques liées aux énergies renouvelables et à la structuration du secteur privé sous forme de fédérations, d’associations professionnelles et de clusters. Un atout qui a permis à plus d’une quarantaine d’entreprises nationales et internationales d’opérer dans le développement des énergies renouvelables au Maroc et à plus de 500 prestataires de services liés à la commercialisation, à l’installation et la maintenance des énergies vertes. Ainsi, il y a des projets de grande envergure à l’instar de la centrale solaire photovoltaïque de Noor Ouarzazate, qui compte quatre centrales d’une capacité totale de 580 MW, sur une superficie de plus de 3.000 hectares. Quant à l’énergie éolienne on peut citer le parc éolien de Tarfaya, d’une capacité installée de 301 MW et d’une production annuelle de 1.000 GW/heure, ce qui permet d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 900.000 tonnes de CO2 par an. Il convient de mentionner que c’est le secteur éolien qui génère le plus d’énergie et il a bénéficié d’investissements totaux de 36 milliards de dirhams pour la période 2023-2027.
Où investir ?
Cinq domaines: L’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) a identifié jusqu’à cinq domaines dans lesquels les entreprises devront investir pour aider à atteindre les objectifs fixés :
Efficacité énergétique : les objectifs fixés pour la période 2014-2020 prévoyaient une économie de 6% de la consommation d’énergie. Cet objectif a été renforcé et, d’ici 2030, une économie de 20 % de la consommation d’énergie dans les bâtiments publics, l’industrie, l’éclairage public ou les mosquées est envisagée.
Récupération des déchets : la récupération des déchets ménagers et leur utilisation pour la production d’énergies propres (biomasse) est un autre défi auquel le Maroc sera confronté dans les années à venir. L’objectif est de produire, d’ici 2030, entre 17 et 25 millions de MW/heure par an à partir de la biomasse, et de récupérer jusqu’à 45 % de l’énergie contenue dans les déchets ménagers pour cette même année. En outre, on prévoit de produire jusqu’à 680.000 tonnes de combustibles alternatifs destinés à être utilisés dans les cimenteries.
Dessalement de l’eau à partir d’énergies renouvelables : les neuf usines de dessalement actuellement en service produisent environ 147 millions de mètres cubes d’eau douce par an, destinés à l’approvisionnement humain et à l’agriculture. Quatre autres usines sont en cours d’installation, à Casablanca, Safi, Dakhla et Nador.
Stockage : le Maroc est le premier pays arabe et le deuxième du continent africain en termes de potentiel en énergie hydroélectrique de pompage (STEP). Il compte deux centrales en service (Afourer et Abdelmoumen) et deux autres qui commenceront leur activité en 2030, ainsi que diverses installations de stockage en attente d’approbation.
Décarbonisation de l’industrie : le Maroc a besoin de jusqu’à 800 GW par an d’énergies renouvelables pour alimenter ses zones industrielles afin d’atteindre les objectifs fixés par la loi 82/21.










